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Zombillénium, Arthur de Pins ouvre son parc aux monstres…

Dans le parc d’attractions d’épouvante Zombillénium, les monstres ont le blues. Non seulement, zombies, vampires, loups garous et autres démons sont de vrais monstres dont l’âme appartient au Diable à jamais, mais en plus ils sont fatigués de leur job, fatigués de devoir divertir des humains consuméristes, voyeuristes et égoïstes, bref, fatigués de la vie de bureau en général, surtout quand celle-ci est partie pour durer une éternité… Jusqu’à l’arrivée d’Hector, un humain, contrôleur des normes de sécurité, déterminé à fermer l’établissement. Francis, le Vampire qui dirige le Parc, n’a pas le choix : il doit le mordre pour préserver leur secret. Muté en drôle de monstre, séparé de sa fille Lucie, et coincé dans le parc, Hector broie du noir… Et si il devenait finalement la nouvelle attraction phare de Zombillénium?

Zombillénium passe de la case bd à succès vers celle de l’adaptation en film. Aux commandes fait assez rare pour être mise en avant toujours le même auteur : Arthur de Pins en duo ici avec Alexis Ducord. Mission impossible pour les deux hommes, faire une transposition sans trop trahir l’esprit de la bd au cinéma. Il y a dans ce challenge quelque chose de casse-gueule et plus d’un auteur a failli y perdre quelques dents dans le processus, mais la bonne nouvelle dans l’ensemble est que ce Zombillénium version cinéma, même s’il est un peu frustrant de par sa très courte durée s’en tire plutôt bien. Agissant plus au final comme un immense pilote de série tv et une origin story sur le personnage d’Hector Sax, le film pourra en décevoir certain sur le traitement qui est réservé aux personnages annexes. Là où la bd qui est encore en cours de développement avec 3 tomes creuse la mythologie, le film a au final des allures de one shot clôturant peut-être de façon abrupte tout ce qu’il a voulu mettre en place pendant sa durée. C’est un choix artistique qui se respecte et offre aux auteurs le challenge de ne pas se perdre en route, mais le revers de la médaille est que la frustration du public grimpe face au fait que les personnages de ce parc sont attachants. On en veut plus et c’est juste quand on arrive au pic d’intérêt du film que celui-ci se clôture. Frustrant, vous avez dit frustrant ?

Pour autant, il faut bien reconnaître que Zombillénium est très loin d’être un mauvais film, la réalisation est bonne, le tempo aussi et des pages papiers de son univers ou bien sur la toile du grand écran Arthur de Pins garde sa patte. Son style si particulier prend vie de la meilleure façon qui soit avec cette 3d. C’est un des points forts du film, il modifie certes l’histoire, mais réussit à garder en grande partie son âme et surtout son identité graphique. Les fans hardcore de la bd trouveront sûrement des choses à dire face au phénomène de synthèse inhérent à ce genre d’adaptations, c’est toujours le cas. Mais la folie qui habite le film a plus d’un titre lui permet d’éviter de se noyer dans la masse des dizaines d’autres productions pour le moins générique. Arthur de Pins avec ce Zombillénium réussit à créer une histoire aussi bien capable de parler au grand public qu’aux adultes accompagnant les enfants. La passion qu’il développe pour ses monstres a quelque chose de sincère et contagieux, c’est ce qui fait l’une des forces du film. Après malheureusement, il reste un point sur lequel il sera difficile de passer. Si vous regardez Zombillénium sans la moindre connaissance de l’œuvre d’origine, la magie prendra sans le moindre mal. Si au contraire vous étiez un fan de la bd et que vous attendiez de retrouver dans ce long-métrage les mêmes petits détails, une légère déception sera sûrement de mise. L’esprit est là certes et l’esprit Arthur de Pins est palpable du début à la fin, mais qui dit adaptation, dit concessions.

Plus grand public, plus lisse et classique, l’histoire a des faux airs de one-shot qui malheureusement ne débouche pas forcément sur grand-chose pour la suite. C’est un poil dommage tant la richesse de l’univers sur lequel se batît l’histoire de Zombillénium est forte. Loin d’être honteux et supérieur malgré tout à pas mal de productions d’animations FR, le film d’Arthur de Pins à pour véritable seul défaut de la jouer « safe » pour plaire au plus grand nombre. A vous de voir si cela suffira à vous faire fuir ce film. Ce qui serait dommage vu le capital sympathie assez énorme de ce petit ovni. A vous de voir.

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