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Young Sheldon, la version dépressive de Malcolm en sitcom

Young Sheldon est une sitcom pour le moins étrange. Si vous attendiez du rire a ne plus quoi savoir en faire, il va falloir aller voir ailleurs. Pourquoi ? Pour la simple raison que l’on assiste plus qu’autre chose à une version un poil dépressive de la série Malcolm. Vraiment très loin de ce que je pouvais attendre.

Est-ce qu’il est possible de voir la série Young Sheldon sans connaître The Big Bang Theory ? Oui. La chose étant au final tellement drastiquement différente dans sa mécanique que cela ne choquera personne. Et la découverte de ce pilote pourra surprendre. Durant a peine 25 minutes, la première moitié de cet épisode est un véritable chemin de croix. L’église, les valeurs familiales, le côté un peu larmoyant et très middle class US, rien ne vous sera vraiment épargné et du coup on est en droit de se dire, mais qu’est-ce qui se passe ? Le choix de s’éloigner de l’aspect comédie désireuse de faire rire à tout prix peut surprendre. En bien ou en mal. Et dans le cas de ce début d’épisode, c’est plutôt en mal tant les clichés s’empilent. On a ce désagréable sentiment d’assister à quelque chose datant d’un autre âge. Et soudain survient cette 2e moitié dévoilant un peu plus ses cartes. Young Sheldon loin d’être une comédie est définitivement une dramedie sur l’entrée dans la vie d’un surdoué et la façon dont sa famille en coulisses doit surmonter cette épreuve. Certes, il y a des moments de rire dans le pilote pour atténuer la chose, mais la vraie surprise est de voir combien au final Young Sheldon est assez triste dans le fond. Portrait d’une famille middle class en prise avec le fait de devoir aider un surdoué à s’intégrer dans le monde et ce en sacrifiant au passage bien plus qu’ils ne le pensaient. Que ce soit pour les parents… Ou le frère par exemple. Young Sheldon en centralisant son histoire entre le lycée, la ville et le domicile familial de la famille de la famille du héros empile les clichés et respecte les codes en vigueurs des sitcoms d’antan. C’est un point qui risque de faire fuir pas mal de monde à la longue si un miracle en termes d’écriture ne se produit pas.

Et au-delà de ce point, le vrai souci de Young Sheldon est qu’en changeant son fusil d’épaule et en s’engageant d’emblée dans quelque chose de finalement assez peu drôle et un poil déprimant, le risque de ne pas rallier sur la durée le public de The Big Bang Theory devient grand. Est-ce que Young Sheldon est une catastrophe ? J’ai envie de dire non, mais sa vision très/trop old school finit par plomber l’ensemble. À voir sur la longueur, mais il sera vite nécessaire de faire un équilibrage plus sain entre le rire et l’envie de s’ouvrir les veines…

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