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Woody Allen, séparer l’homme de l’artiste est-il encore possible?

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Woody Allen, icone d’antan qui se voit rattraper par son passé plutôt trouble. Est-ce que les zones d’ombres de l’homme auront raison de l’artiste? On dirait.

Woody Allen, le nom par qui le scandale arrive. De nos jours, le simple fait de dire son avis sur l’homme entraîne les foudres du jugement. Différence de vision. Pour une fois les Anglo-Saxons sont moins touchy que nous sur le sujet. L’aura de ce réalisateur s’effrite de plus en plus. Tout comme Polanski ou d’autres réalisateurs flirtant avec le border line en off du 7e art, la vie semble les rattraper en fin de parcours. Est-ce que l’on doit pour autant le brûler en place publique ? Cela représente une question qui aura des dizaines d’interprétations possibles d’un milieu à l’autre. Tout comme pour Polanski avec Woody Allen, le petit monde du 7e art français  campe sur ses positions se basant sur les qualités artistiques de l’homme et son empreinte dans le cinéma. Dans le cas de Woody Allen personne ne niera cette marque indélébile au travers de grands films et moi le premier d’ailleurs. Mais là encore comme Polanski, peut-on nier que cette qualité s’efface de plus en plus alors que la fin de carrière des deux hommes devient une réalité. La France pour Woody Allen est un matelas de sécurité créatif. Un public acquis à sa cause, un système qui lui ouvre ses portes. Pourquoi se priverait-il de ses honneurs ? Mais avec le temps et une certaine forme d’indulgence qui se dissout dans les affres de la vieillesse est-ce si odieux de voir les avis des spectateurs changer. Oui, les grands films d’hier n’excusent pas toutes les zones d’ombres. Cela serait trop facile et malheureusement ce qui devient fatiguant à la longue est de voir l’entêtement que certaines personnes mettent à défendre l’homme tout en faisant semblant de ne pas voir la part d’ombre pourtant de plus en plus gênante. La guerre familiale qui se dresse entre les enfants Allen et leurs parents n’est que la partie visible de l’iceberg.

woody allen abus sexuels

Finir par avoir des doutes sur Polanski ou Woody Allen, c’est avant tout accepter dans le fond que le spectateur que l’on était ado ou encore récemment puisse avoir eu la tête dans le sable, le temps de l’insouciance s’évapore. Par choix ou par ignorance. Est-ce que tout le monde connaît bien les affaires entourant ces hommes ? Pas forcément. Mais ce qui est récurrent ces derniers mois et fondamentalement gênant avec le temps est la hargne d’une certaine frange du 7e art pour le défendre, lui ou d’autres nageant dans les mêmes zones troubles. Icônes du passé, ils sont les reliquats d’une page du cinéma en bout de cycle. Et c’est ici que l’on se pose la question, doit-on laisser partir ces icônes avec une ardoise propre et une adoration globale et sans taches ou écouter, étudier et accepter les voix discordantes?. Celles qui en dehors de la masse, loin de la foule et ce depuis des années disent que l’icône n’est pas aussi reluisante qu’il n’y paraît. Sincèrement et même si avec le temps et le recul du à l’âge j’ai de plus en plus de mal à voir Woody Allen ou Polanski  sous ce fameux prisme que l’on rabâche à longueur d’ondes « séparer l’homme de l’artiste… » je me dis qu’au travers d’eux c’est le procès d’un système qui devrait être fait. Celui se caractérisant par une adoration sans questions d’une œuvre qui en terme de création ne cesse de piquer du nez et que l’on continue pourtant encore de vénérer comme si elle était aussi bandante qu’avant. La carrière de Woody Allen et ces derniers films ont un peu l’allure d’une vieille voiture de collection. On sait qu’elle est dans le garage et on la ressort une fois tous les deux ans. On la rafistole, on fait semblant de ne pas entendre le moteur qui faiblit, ces sales odeurs sous la banquette. Tout ce qui compte est de continuer à regarder la chose avec les yeux de l’adoration d’antan. On se cloitre dans un coin de son passé, là où l’on ne connaissait pas l’intégralité du marécage entourant l’aura de génie d’un créateur…

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On se met la tête dans le sable et l’on continue d’avancer en prétendant que ceux qui disent le contraire de la musique que l’on veut entendre ne sont que des cons. Woody Allen c’est un peu le placebo que certains mettent sur la maladie qui leur ronge l’esprit… sauf que cette maladie n’en est pas une. C’est juste le temps qui passe et l’humain qui nous rattrape, l’insouciance du jugement qui fout le camp. Plus blasé, plus cynique, on finit par voir les failles dans le paysage, on regarde au-delà de l’œuvre et l’on essaye de relier l’artiste à l’humain. Parfois, cela donne de bonnes surprises et parfois comme dans le cas de Woody Allen cela laisse avec encore plus de doutes. Sur lui, sur ses propres jugements tardifs. On se demande pourquoi l’on n’a pas voulu prendre le temps d’entendre ce qui se disait, d’y prêter attention. On était les victimes consentantes d’un formatage global laissant sous entendre que l’on ne doit pas toucher aux vaches sacrées. C’était la musique d’avant. Les temps changent, le tempo aussi et comme beaucoup d’autres vestiges du passé Woody Allen vacille. Certains films resteront, l’image d’épinal du réalisateur aussi. Mais nier que la roue est définitivement voilée le concernant avance-t-il encore à quelque chose ?  Ce dont je suis certain par contre est que pour lui comme pour d’autres, le jour où la chute arrivera, je ne risque pas de pleurer. Je sais, je suis un monstre sans cœur…

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