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Wonder Woman, Patty Jenkins ressucite le personnage.

Wonder Woman n’était pas forcément le projet le plus simple à vendre dans l’univers DC. D’une part pour le passé assez kitsch du personnage et de deux pour le fait de réussir à trouver l’angle permettant à cette héroïne d’être justement une héroïne à part entière et pas seulement cantonnée à une avancée féministe dans un univers macho. C’est un peu le cas, mais réduire le film uniquement à ce point précis, serait pour le moins dommage. Vu que dans l’ensemble, il est bien plus que cela. Tout comme le 1er Captain America chez Marvel dont au final le film de Patty Jenkins s’inspire pleinement en termes de structures, Wonder Woman version DC est avant tout chose un bon film. Le genre de divertissement massif et pas désagréable du tout qui se paye le luxe de réussir à dépasser les attentes que l’on avait. DC luttant contre l’ombre envahissante de Marvel dans le domaine des super-héros avait fort à faire. Là où Marvel justement refuse pour x ou y raisons de miser (et depuis longtemps) sur un vrai personnage féminin qui ne soit pas une potiche, DC réussit à leur couper l’herbe sous le pied. Jouant sur le côté icône du personnage et son aura naturelle, le tout allié avec le sex-appeal incroyable de Gal Gadot, Patty Jenkins livre une origin story qui n’est certes pas sans défauts, mais dont la somme des qualités reste suffisamment forte pour faire tenir fermement à flots le récit.

La vraie force de ce Wonder Woman tient dans la personnalité de Gal Gadot. Loin de l’image de femme guerrière froide et sophistiqué que l’on a pu découvrir dans Batman vs Superman, celle que l’on découvre ici est aussi badass qu’attachante dans le fond. Et toute la force du projet à l’écran tient dans le duo qui se crée entre elle et Chris Pine. Duo qui n’est finalement que le miroir de celui présent dans Captain America avec Steve Rogers et Peggy Carter quand on y réfléchit un instant (un des nombreux points de convergence entre les deux films…) Loin d’être uniquement là pour donner au film sa présence masculine, Chris Pine apporte à l’ensemble une certaine fraicheur. Tout comme un humour assez plaisant. Des films comme ceux de la saga Star Trek on sut démontrer que Chris Pine avait ce talent lui permettant de jongler entre deux extrêmes. L’humour et l’action sont deux facettes du personnage, un peu comme Indiana Jones en son temps, son Steve Trevor est certes classique mais la complémentarité qu’il possède avec Diana dans le film donne tout son piquant au récit. Et comment parler de ce Wonder Woman, sans mentionner celle qui porte le film du début à la fin : Gal Gadot. Quand on revoit l’historique tv du personnage, difficile de ne pas se dire que prendre ce rôle avait tout de la mission suicide. Certes, Wonder Woman est une icône, mais la tv n’avait pas été tendre avec elle. Seule le Wonder Woman Rebirth récent en Comics offrait à ce personnage une aura incroyable. Et d’une certaine manière, c’est ce ce chemin que prend le film de Patty Jenkins.

Pas complètement, c’est un fait. Oui, la Diana que l’on découvre ici prend conscience du monde qui l’entoure et de ses pouvoirs, le tout encore nappé dans la naïveté quasi enfantine qui est la sienne. C’est cette alternance entre femme forte et femme-enfant qui fait toute la force du personnage dans ce film. Immense flash-back, le film revient sur la genèse du personnage et tout le chemin déclencheur l’amenant à être celle que l’on connaît ou pu voir dans Batman Vs Superman. Et dans l’ensemble, Gal Gadot réussit à ne jamais vraiment se perdre en route. Aussi efficace dans l’humour et la romance que dans le combat, elle crée une Wonder Woman en gestion dont les multiples facettes tendent à crédibiliser le personnage. On peut-être un superhéros, cela n’empêche en rien de rester humain et c’est ce qu’elle est tout du long. Humaine, faillible, imparfaite, mais pour autant complètement et définitivement badass. Loin de la vulgarité pénible et du remontage sans queue ni têtes du Suicide Squad, des longueurs d’un Batman vs Superman, Wonder Woman se hisse sans le moindre mal en haut du panier des créations DC. Oui, le line-up est encore faible et du coup la compétition n’était pas violente, mais cela n’enlève en rien au film sa réussite. Une excellente surprise.

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