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We are X, l’autre visage du hard-rock japonais…

We are X célèbre le grand retour du groupe mythique japonais X JAPAN et conte le destin extraordinaire du leader du groupe, Yoshiki. Sous la direction énigmatique de Yoshiki, batteur, pianiste, compositeur et producteur, X Japan a conquis des millions de fans dans le monde, anonyme ou célèbres comme Sir George Martin, KISS, Stan Lee ou l’Empereur du Japon. We are X dresse le portrait intimiste de ce virtuose, profondément hanté, et de sa musique qui a fasciné des foules de fans durant 3 décennies.

We are X est un film aussi fascinant qu’étrange. Pour la simple raison qu’il donne l’occasion de découvrir l’un des groupes japonais de hard-rock les plus connus du monde… et que je ne connaissais pas du tout. Kamoulox comme diront certains. Mais c’est aussi et surtout une plongée dans la vie de son leader Yoshiki, un être singulier qui est une version japonaise de Marylin Manson. En gros doté d’une énergie diabolique sur scène et d’une fragilité presque touchante en dehors de celle-ci. La dualité assez inquiétante entre les deux facettes de ce personnage est ce qui fait tout le sel de ce documentaire. Oui, Yoshiki est un roublard qui avec le temps connaît les rouages de la comm et We are X n’échappe pas à certains travers volontaires. Mais c’est quand le film prend le temps de creuser les profondeurs de l’histoire de Yoshiki et les raisons le poussant à tout donner sur scène qu’il atteint une force imprévue. We are X au final montre la nécessité de l’art dans la vie, ce besoin irrépressible que certaines personnes peuvent avoir de se raccrocher à la création pour ne pas sombrer et expier tout ce qu’ils ont de plus sombres ou abîmés en eux. X-Japan et son leader Yoshiki n’échappent pas à la règle. D’ailleurs et c’est un fait que le film n’hésite pas à montrer en long et en large, le groupe fut une véritable auberge pour les gens à problèmes. D’un suicide à une fuite pendant une décennie dans une secte pour le chanteur du groupe, rien n’aura vraiment épargné X-Japan.

we are x  yoshiki

Et pourtant, c’est ici que le documentaire tombe dans certains travers artificiels (le concert américain, le retour de l’ancien chanteur et son amitié avec Yoshiki qui se reforme). Personne n’est dupe de certaines ficelles narratives, mais l’on prend la chose un peu comme une concession faite par Yoshiki lui-même pour ne pas trop tirer la couverture à lui. Car quoi que l’on en pense ou dise et en slalomant au milieu de la mise en scène et la communication qui l’entoure, il y a quelque chose de vraiment fascinant chez lui. L’énergie qu’il dégage une fois sur scène, la façon dont il se laisse emporter dans la musique pour transmettre sa rage, colère ou tout autre sentiment dont ses chansons se font l’écho est absolument fascinant. La mise en scène quasi hypnotique lors des séquences de concerts y est aussi pour beaucoup. La communion qui se produit avec le public élève la simple notion de hard rock au-delà de la vision cliché que l’on peut avoir de cette musique et ses fans. Et c’est aussi un des points les plus intéressants de ce documentaire, la manière dont au travers de sa complexité, le personnage de Yoshiki nous amène à repenser la vision que l’on pouvait avoir de sa musique. Les apparences sont trompeuses et We are X prend un vrai malin plaisir à nous pousser à remettre en question nos propres idées préconçues la plupart du temps. Un sport qui ne plaira pas à tout le monde, mais qui parfois comme dans le cas présent peut aboutir sur des surprises pas désagréables.

we are x  yoshiki

We are X, à l’image de ce groupe et son leader est un objet déconcertant et fascinant. Il faut accepter de se laisser emporter dans un univers qui n’est pas le sien pour au final en découvrir la complexité. Cela donne aussi parfois l’impression d’avoir vécu sous un rocher pendant des décennies en se rendant compte de sa méconnaissance d’un groupe que tout le monde considère comme mythique, mais c’est un autre débat. Beaucoup plus subtil que prévu dans le portrait qu’il dresse d’un homme cachant ses blessures dans la violence du hard-rock, We are X se révèle être bien plus qu’un simple documentaire musical. Tout n’est pas parfait, mais cela reste nettement au-dessus de la moyenne. Bonne surprise.

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