Critiques de films Films américains

War on Everyone, buddy movie cynique et psychanalyse

Deux flics corrompus de l’Alabama font vivre un enfer à la communauté qu’ils sont censés protéger… jusqu’à ce qu’ils rencontrent un bandit pire qu’eux.

War on Everyone est une sorte d’ovni dans le domaine du buddy-movie policier. Pourquoi ? Peut-être pour la simple et bonne raison que le film tente d’être 1000 choses à la fois. Un buddy-movie old school, un drama existentialiste aussi délicieusement con que fumeux et un film d’action à l’ancienne digne d’un Walter Hill des années 80. Est-ce qu’il réussit sur tous les fronts ? Pas une seule seconde et c’est d’ailelurs ce qui fait son charme en quelque sorte. Bien entendu, il va falloir avoir une bonne dose de tolérances pour accepter les chutes de rythmes et le fait que le scénario ne sache pas vraiment vers où il désire aller, mais si l’on arrive à passer outre ces détails… War on Everyone s’avère assez délicieux pour un fait assez simple : son duo principal Michael Peña et Alexander Skarsgård. D’emblée War on Everyone joue sur un postulat de départ simple, il n’y a pas le gentil flic et le mauvais flic, il y a juste le mauvais flic et celui qui est encore pire que l’autre. Deux ripoux, des saloperies que l’on n’aimerait pas rencontrer un soir sans ses papiers ou avec un joint en poche. Et pourtant de par l’interprétation des deux acteurs, le film réussit à passer outre le possible phénomène de rejet qui aurait pu s’en suivre. Oui, le cynisme de  ces deux anti-héros à quelque chose de salvateurs dans son ensemble et c’est ce qui donne au film une saveur particulière aider en cela aussi par une assez bonne galerie de seconds rôles tous plus joyeusement cons les uns que les autres.

Le vrai souci du film est qu’à force de faire des sorties de route, il finit par se souvenir en catastrophe dans sa 2e e partie qu’il aurait du depuis longtemps introduire son grand méchant de l’histoire et Théo James bien que bon acteur au demeurant paye les pots cassés de cette oublie. Son rôle assez caricatural dès le départ finit par n’avoir pas le temps nécessaire pour grandir et laisser une trace durable dans l’esprit du spectateur. On s’amuse de ces excès, mais cela ressemble plus a du cabotinage en roue libre pour masquer le peu de chair entourant son personnage. War on Everyone donne principalement (et à raison) son énergie à 3 personnages Michael Peña et Alexander Skarsgård et Malcom Barrett (Timeless), le résultat est un enchaînement de séquences les concernant aussi délicieusement kitsch que futiles, mais cela passe du début à la fin. On regrette alors encore plus que le film n’est pas pris le temps de créer un vrai tissu narratif solide autour de ces 3 personnages. War on Everyone n’a rien de honteux, ni catastrophique, il s’agit juste d’un film donnant l’impression d’être en roue libre continu, roulant en permanence sur le fil d’un précipice menant vers le dépit du spectateur. Il échappe à la chute à plus d’une reprise, mais sincèrement cela ne passe pas loin quand même. A vous de voir si l’aventure vous tente…

 

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