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[Visite de Tournage] Sur plateau d’Avis de Mistral de Rose Bosch

Visiter un tournage est toujours un peu casse gueule, on ne sait jamais vraiment le degré de liberté que l’on va avoir, ni comment on va être accueilli et ce que l’on pourra dire en bout de course. Au final, c’est un peu une roulette russe, mais c’est ce qui rend la chose attrayante à mes yeux. De tous les tournages que j’ai eu la chance de voir en live, j’avoue ne garder aucun mauvais souvenir. Du coup quand l’occasion d’aller voir celui d’avis de mistral de Rose bosch ( la rafle) est venue à moi, je n’ai pas hésité une seconde. Mon mantra est assez simple sur les tournages, se faire petit, se faire oublier et en prendre plein les yeux. J’ai cette manie d’être amusé par tout sur un tournage. Chose qui pour moi est ce qui se rapproche le plus d’une fourmilière à taille humaine. Observer les interactions, les échanges de regards, les petits gestes et surtout au final l’envers du décor. Rencontrer les acteurs est un bonus et autant le dire aujourd’hui en rencontrant pour la première fois et en échangeant timidement avec Jean Reno, j’avoue que j’ai été servi. Connu pour la rafle et tout ce que le film a engendré en commentaires positifs ou négatifs, Rose Bosch avait prévu de tourner Raspoutine avec Jean Reno et lorsque ce projet est tombé à l’eau, le duo a pris la direction de quelque chose de totalement différent. Là où de par son sujet, la Rafle avait pu laisser des traces sur la réalisatrice s’impliquant à fond dans son sujet, il faut reconnaître qu’à la lecture du scénario « Avis de Mistral » représente un changement de style assez salvateur, permettant à la réalisatrice de s’essayer à autre chose, un nouveau style et pourquoi pas un autre public. Ne jamais rester les deux pieds dans le même sabot est ce qui permet aux bons réalisateurs ou justes artistes de durer sans perdre une certaine forme de passion.

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Taillé autour de Jean Reno et véritable comédie familiale autour de ce patriarche de cinéma qu’est Reno, le nouveau film de Rose bosch réunit un casting inter générations pour le moins hétéroclite : Jean Reno, Charlotte de Turckheim, Hugues Auffray, Hugo Desioux,Jean Michel Noirey. Mis sur le papier tout ce petit monde intrigue quant à l’idée de les voir cohabiter sur le devant de la scène, mais c’est en arrivant sur le tournage que très vite le doute s’estompe. Le visiteur de plateau subit toujours un peu le même sort, celui pas forcément désagréable d’être toujours regardé de haut en bas par les ¾ de l’équipe en se demandant « Mais qui sont-ils ? » chose qui aujourd’hui encore fut le cas, mais sans mauvaises ondes de quelques sortes. Il faut dire que le tournage se terminant d’ici peu et de par le lieu idyllique à Avignon dans un mas, perdu au milieu de nulle part, l’ambiance était très détendue. Mais ce n’est pas du fait de ce calme apparent que mon attention a pris la poudre d’escampette. Observer comme une petite souris, voilà mon sport favori. Je suis souvent meilleur dans l’art du ninja ou du caméléon sur un plateau que dans celui de la parole. Cas d’école avec ma rencontre avec Jean Reno. Après avoir passé quelque temps à le regarder sur le retour vidéo pendant qu’il tournait une scène à l’intérieur, voilà que lors d’une pose je le vois sortir. Et là comme dit le dicton « c’est le drame » enfin presque. Bâti comme un viking, le type a une particularité, c’est autre chose que le physique qui impressionne chez lui, son aura niché dans les recoins de son calme. Avenant, poli et très amical, voilà qu’en l’espace d’une question autour du Japon et en véritable fan éclairé sur le domaine, il se met à nous parler de la culture du pays, de son amour pour ce dernier. Je bois les mots du monsieur et ne peut m’empêcher en même temps d’entendre cette petite voix : « Putain mec t’as Jean Reno a dix centimètres de toi qui te fait un cours sur la culture Japonaise ! » et moi comme une doublure sourire de la marionnette de François Hollande dans les guignols je ne peux m’empêcher de sourire un peu niaisement et de tenter de garder une contenance. Alors que derrière le masque, je fais des petits bonds. Oui je sais je suis irrécupérable parfois.

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C’est aussi pour ce genre de petits moments que j’aime bien rencontré les acteurs. On perçoit alors ceux qui au-delà du stade de la notoriété dont ils jouissent gardent une certaine forme de simplicité. Frappant de zenitude et adorable de par le côté avenant pour le parasite en goguette que j’étais sur le tournage, cette rencontre reste aussi improbable de par le cadre que génialement décalé de par le fond de la discussion. Court, mais jouissif. Et c’est dans la foulée de cette rencontre que j’ai enchainé avec Hugo dessioux. Les plus dingues de Youtube le connaissent sous le nom de Hugo Tout seul. Une star du net pour la jeune génération. Chose qui n’a pourtant pas forcément porté chance à Norman dans son premier film. Est-ce que Hugo est dans le même moule en le rencontrant en live ? La réponse est au final assez différente de ce que je pensais. Studieux en diable entre les prises, assis dans un coin, textotant on le prendrait presque pour un jeune assistant réal. Conscient du challenge de donner la réplique à Jean Reno, ils nous parlent de sa première séquence « d’émotion » mise en boite dès le premier jour seul face à un écran d’ordi éteint…ou le retour vidéo sera mis en post prod. Le saut dans l’inconnu aura été rapide. Ce qui amuse au final est la simplicité du personnage. Pas d’égo comme la presse semble certain que les stars de youtube sont épris. Juste un nouveau venu qui fait son trou calmement. C’est tout con, mais au final, c’est assez amusant à voir en live.

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Hugues Aufray et Charlotte de Turckheim étaient là aussi, mais ces derniers ne nous ayant pas adressé la parole, j’ai continué de les regarder de loin. Mais, il y avait un acteur que j’avais repéré dès notre arrivé à la cantine le midi « Jean Michel Noirey », la plupart des gens du grand public connaissent son visage, sans pour autant connaître son nom. C’est dommage, car au-delà du talent du monsieur, c’est sa bienveillance qui est la plus sympathique du lot. D’un regard à table pour dire bonjour, suivi d’une discussion où la même humilité que celle de Jean Reno transparaît, l’homme surprend. Mais pas autant que lorsque je lui demande ce qu’il va faire après son dernier jour de tournage et qu’il me répond alors qu’il va continuer à tourner et monter son documentaire sur les pêcheurs. Une aventure personnelle qu’il entreprend sur ses fonds et son temps. Là où beaucoup d’acteurs ne s’ouvrent pas en ITV au-delà du cadre strictement promo, voici que Jean Michel Noirey s’amuse lui à briser lesdits codes. Chose qui tire encore plus dans ma tête une corde sensible, vu que certaines des thématiques qu’il aborde rejoignent celles que j’ai en production dans mon travail… Détail amusant…le hasard fait bien les choses. Mais à peine entamons-nous cette discussion qu’un assistant vient le chercher pour le tournage d’une séquence en extérieur avec lui, Hugues Auffray et Jean Reno. La scène montre Jean Reno partant à la recherche…de sa petite fille en moto.

RENO-MOTO

Imaginez un instant Noirey et Auffray vêtus comme des bikers…sous un soleil de plomb et Reno se préparant lui aussi à partir en moto. Hugo Dessioux observe dans son coin, il doit intervenir sur la fin de la scène, l’élément déclencheur. Rose Bosch s’active de son côté, suivi par son équipe, elle règle tout, plaisante un peu, s’inquiète beaucoup, invite les acteurs à changer de ton sur une réplique. C’est toujours passionnant de regarder la fourmilière s’activer devant soi. J’ai toujours l’habitude d’être spectateur en salles, cette-fois ci me voilà derrière le combo vidéo a moins de deux mètres de Jean Reno qui tourne et avec Rose Bosch aux manettes dans la pièce d’a côté. En fait dans le hall d’entrée de la maison…Imaginez-moi un court instant, silencieux et prenant quelques photos au passage. Jamais l’expression « être au spectacle » n’aura été aussi agréable. Si l’ambiance sur le plateau est un indicateur du ton et de l’énergie qui se retrouveront à l’écran, cela laisse à penser que le film de Rose Bosch trouvera sans mal son but. Pour avoir eu la chance de lire le script sur le trajet et avoir désormais comme point de comparaison cette journée de tournage, je peux dire que ce projet a été fait sur mesure pour Jean Reno. La cohabitation entre l’acteur et sa réalisatrice semble sans faille et l’ambiance si particulière du plateau ne font qu’accroître mon sentiment. Mais au milieu du lot, il y a bien une autre rencontre que je garde en tête. Difficile de ne pas tomber sous le charme de cette actrice un poil princesse dont j’ai eu le plaisir de croiser le chemin. Elle m’a un peu snobé au début pour au final tomber sous mon charme. Il aura suffi de quelques gratouilles, de gazouillis de bébé et saoulé par ma bienveillance, elle s’écroula a mes pieds. Je parle bien entendu de Goa, la chienne de Jean Reno dans le film.

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Au final un grand merci à Gaumont pour l’aventure et à Rose Bosch et son équipe pour au final nous avoir laisser-aller où l’on voulait, comme on voulait et ce sans jamais nous faire nous sentir comme un chien dans un jeu de quilles. Pour avoir fait quelques tournages, cela ne fut pas toujours le cas. Une journée au pays du 7e art provençale en la bonne compagnie de paingout, sandrine camus, salomette et la reine du kinder magique aka lafilledelacom, sincèrement que demander de plus ? Euh un deuxième round en salle de montage ?

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