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[Humeur] La violence du réel vs celle du 7e art…

En quelques jours au travers d’une série et d’un film, je me suis rendu compte à quel point dans le fond le mécanisme de protection que j’avais avant en voyant les pires horreurs sur écrans finissait par se casser. Il y a encore 4 ou 5 ans, des séquences d’attentats ou de massacres m’auraient laissé froid. La réalité étant encore loin et tout cela n’étant plus que de la fiction pour moi. Puis d’un coup, le réel vous rattrape et l’on commence à voir les choses différemment. Noyés sous le flot d’images ou d’informations que les médias ou réseaux sociaux nous servent, le simple fait de revoir dans les moindres détails ces tueries prendrent vie finit par enfin faire effet. Là où l’on se pensait intouchables, on se rend compte que désormais, la barrière de sécurité que l’on avait mise en place n’existe plus. La réalité est 100 fois pire que la fiction, mais l’attention du détail de cette dernière crée une passerelle tangible d’un point à l’autre. Et tout ce que l’on a vu pendant des semaines, des mois à la Tv, ce que l’on a lu, vu ou entendu alors que l’on n’aurait pas du explose d’un coup d’un seul. Dernièrement j’ai donc vu deux séquences de massacres, une pour une série Tv… avec une voiture folle faisant un carnage et une autre d’attentats reprenant un carnage ayant eu lieu sur une plage de touristes il y a plusieurs mois. Dans les deux cas, la chose effrayante est de voir à quel point le réel a décomplexé la fiction. Hollywood ne prend plus de gants. On n’assiste plus à des tueries de type PG13 où l’on ne voit rien. Non, désormais, on assiste à tout. Le sang, les gros plans, les victimes rampant sur le sol et les exécutions sommaires des mourants.

La force de l’inconscient diront certains. Pendant des mois on à été mis la tête sous l’eau avec ce genre de récits, d’images ou de compte rendu. On finit par assimiler cela à du presque courant, la peur de vivre avec cette idée de danger est devenue normal. Mais d’un coup lorsque l’on s’aventure dans une salle obscure et que l’on s’attend à s’évader ne serait-ce que deux heures, on se rend compte de l’invasion lente et certaine sur tous les tableaux. Je ne sais pas comment réagissent les autres personnes et spectateurs. Parfois, j’en vois qui rigolent devant l’énormité des problèmes des scénarios ou la connerie du propos du fameux film sur le fond. Ce genre de barrière de sécurité les tient encore en dehors de la zone du réel. Ils ont d’une certaine manière encore un peu de cette innocence sur le fond ou la forme. Je les envie en quelque sorte. Avec le temps, je me rends compte qu’a de rares exceptions, les excès de violence dans certains films du moins quand on franchit désormais la barre d’une certaine forme de réalisme trop flagrant me colle de l’urticaire. Je vieillis, ou alors le cinéma est devenu tellement plus fade que la vérité qu’il n’a plus rien d’autre que cette horrible goût de merde qui colle aux chaussures. C’était mieux avant finalement. Mais c’est bien loin désormais…

 

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