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Que serait la vie de cinéphile sans un nanar?

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Le nanar, le mot que tout cinéphile garde au chaud près de son cœur près à le sortir comme une paire de louboutins pour orner une critique. Oui, cela n’a aucun sens, mais l’on s’en fout. Aujourd’hui on parle un peu de ce genre de films que l’on aime détester. Allez ne mens pas lecteur, je sais que dans le fond tu es comme moi. Tu t’en enfiles comme de la Junk-food pour le simple plaisir de pouvoir hurler ta haine sur twitter ou comme un passe-temps pour tuer le temps qui s’accumule sur tes frêles épaules. En gros le nanar c’est un peu la maîtresse vers laquelle tu retournes sans cesse dans l’ombre. Ce n’est pas chic de dire qu’on la kiffe, mais en fait, loin des regards pleins de jugements on se dit que l’on apprend autant dans ses bras que dans un bon film. La façon dont une bonne idée peut partir en sucettes pour un rien, la manière dont un bon acteur peut devenir une loque sous la direction fantoche d’un réalisateur en service commandé. Je ne vais pas faire la liste interminable des possibles, on y passerait la soirée. Et pourtant dans la vie d’une cinéphile, le nanar est une constante qui chemine paisiblement à nos côtés sans jamais nous lâcher. On s’habitue à lui et l’on y fait plus forcément attention. L’analogie avec la junk-food a quelque chose de tristement vrai d’une certaine manière. Il existe plus de mauvais film que de grands films et bien souvent dans le cas des seconds le public ne fera pas l’effort d’aller les chercher. Pourquoi ? Peut-être parce que tout le monde n’est pas cinéphile. Peut-être par ce qu’à la différence de moi, de vous, les gens s’en contrefoutent du cinéma et de ses grands noms mythiques. L’éternel combat des films d’auteur contre le grand public. Avec le temps, le premier a perdu de son aura s’autocaricaturant parfois à l’extrême dans un style pompeux tandis que l’autre dans le désir de chercher le plus grand nombre simplifiait jusqu’à ne plus rien dire. La ligne d’un côté comme de l’autre menant vers le nanar et plus d’un auteur franchit avec plaisir ou paresse le Rubicon du 7e art. Et dans l’ensemble est-ce que la chose va s’arrêter ? Je n’en sais rien. Un cinéma sans nanar serait chiant, un cinéma avec uniquement des bons films aussi d’ailleurs. La médiocrité parfois plaisante de certains de ces « mauvais » films permet de garder un équilibre et de ne pas trop se prendre au sérieux. Ce n’est pas un mal et cela permet de garder de l’énergie pour la vomir sans retenue à la face du vrai nanar quand il arrive. Car oui, soyons honnêtes, ce serait chiant le cinéma si l’on n’avait plus rien à hair chez lui. C’est beau le rêve, mais avant d’arriver à le toucher du doigt, il faut parfois en essuyer de la merde.

Lien à visiter: nanarland

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1 Comment

  • Reply
    Toy
    mai 27, 2016 at 9:39

    Tellement vrai 🙂

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