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Unfriended- Critique du film…

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Une jeune lycéenne se suicide après qu’une vidéo compromettante sur elle ait été publiée sur Internet. Un an plus tard, six de ses amis se connectent, un soir, sur skype, pour « tchater » entre eux. Mais une septième personne, inconnue des autres, se connecte également. Cet intrus se montre très vite sous un visage inquiétant et menace les six amis de tuer le premier qui se déconnectera. Peu à peu, les événements tragiques qui ont marqué la bande, un an plus tôt, refont surface et se montrent sous un nouveau jour.

Un film du nom d’Unfriended part un peu mal dans la vie allons nous dire. Cela sonne obligatoirement comme du chinois dans l’esprit de ceux pour qui les réseaux sociaux sont une énigme. On se demande de quoi il s’agit et autant être honnête, pour beaucoup Unfriended va apparaître comme tout sauf un film, mais plus une sorte de pub déguisé pour tout ces logiciels dont les ados raffolent. L’idée de base d’établir ce qui est une ghost story au travers « réseaux sociaux » n’est pas en soit une mauvaise idée et le film possède une certaine assise de ce côté, mais il oublie justement un détail…À force d’être statique au possible, il va à l’encontre de ce qu’une génération de found footage bon ou mauvais a fini par envoyer comme message aux spectateurs avides de films d’horreur. Il faut que cela bouge. Unfriended finit très vite par sonner comme une expérience bizarre qui de par sa nature hybride ne tend pas forcément la main à son public de base et oublie au final en route de faire peur réellement. Mais bon depuis les Paranormal Activity, voir un film d’horreur pour les ados avec des ados…et qui ne fait pas peur, c’est un peu la norme.

Pourtant est-ce que dans le fond (le grand fond…) Unfriended est une catastrophe? Pas forcément, c’est plus une expérimentation bâtarde qui en bout de course ne sait plus vraiment à qui elle veut parler. Sur la forme Unfriended est un film qui va avoir un impact sur la jeune génération. Les codes, us et coutumes et logiciels présents dans le film et les modes de communications en général leur parleront. Pour les vieux cons, le problème se complique déjà un poil plus. Certes, les idées de mise en scène ne sont pas mauvaises et le réalisateur donne l’impression d’avoir bossé son propos de départ, mais cela n’empêche que ce qui n’aurait du être qu’un gimmick finit par se voir rallonger un poil trop amenuisant son impact et rendant l’ensemble inefficace. Je passe sur les passages obligatoires que l’on prendra dans les dents, les techniques assez mécaniques qui pullulent dans les films pour faire peur aux spectateurs sont bien présentes ici. On ne s’adresse pas forcément à un public de connaisseur. On essaye de créer certes une chose un peu différente, mais cela s’oppose au cahier des charges du studio. Du coup Unfriended a beaucoup de mal a exister sans finir par fatiguer le public de vieux qui aura l’audace de s’aventurer dans ses filets.

Le film réussit a toucher du doigt la perversion inhérente qui découle de ces nouveaux modes de communications et les risques qui vont avec, mais une fois le métrage fini, il est difficile de ne pas penser que tout cela reste schématique. En creusant plus loin un angle de ce genre, le réalisateur aurait sans mal réussi à élever Unfriended bien au-delà du statut actuel qui est le sien. Hybride d’envie, ce film aurait pu être bon s’il avait eu les couilles d’être un vrai film d’horreur mêlant le terrain moderne de la communication avec une vision plus solide de comment faire peur, sans l’obligation de le faire pour des ados. La peur est universelle, pas seulement à destination d’un public qui se dope aux formatages et aux clichés. De bonnes idées malgré tout…mais pas assez pour faire un grand film.

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