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[Tv] Retour sur le bureau des légendes, l’autre facette de la DGSE…

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On pouvait craindre beaucoup de choses concernant le bureau des légendes d’Eric Rochant. Comme par exemple que la série se transforme en un mix batard entre Homeland et Legends au hasard, mais fort heureusement ce n’est pas le cas. À une époque où tout se base sur la série qui aura le rythme le plus intense et le plus fou, le bureau des légendes va dans le sens inverse. Les deux premiers épisodes sont très lents et pourront désarconner certaines personnes. C’est pourtant dans cette apparente lenteur que se cache l’une des forces de cette série. Le bureau des légendes installe calmement l’écosystème de la DGSE pour très vite montrer l’interconnexion existant entre les membres de cette cellule. Il s’agit presque d’une famille dont la seule et unique tâche est de veiller au « bien être » de ses clandestins. Des agents en planque aux 4 coins du monde. Et c’est via l’un d’eux que le malaise s’installe. Mathieu Kassovitz instaure très vite via son personnage d’agent revenant en France après 6 ans sous couvertures un certain malaise. Le syndrome du clandestin, voilà le nom que l’on entend très vite venir sur la table pour mettre le doigt sur ses apparents problèmes. Car, loin d’être clean, le personnage de Mathieu kassovitz joue un jeu dangereux. Romance incontrôlé avec une femme qui semble savoir jouer encore mieux que lui avec la manipulation et risque d’implosion en interne pour possibles causes d’agents doubles, l’atmosphère de ce bureau des légendes se détruit lentement mais surement au fur et à mesure que les minutes passent.

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Et c’est là qu’ Eric Rochant installe un vrai travail de réalisateur. Mettre en images un film sur des espions est comme avoir une vision quasi divine d’une partie d’échecs, on doit connaître chacune des pièces de l’échiquier. Savoir où elle va, ses forces et faiblesses et justement ici, l’on découvre que ceux qui sont soit-disant en position de force perdent complètement la main. La vision de la DGSE ( et c’est ce que je craignais) n’est pas partisane. Le bureau des légendes dresse un portrait d’une entreprise qui pourrait dans sa structure presque être n’importe laquelle…et c’est ce qui fait que l’on s’y repère facilement. Les enjeux sont monstrueux certes, mais l’apparence de l’ensemble est presque anecdotique. La discrétion se dresse pour eux comme un mode de vie. Toujours être à la bonne distance pour soutirer les informations nécessaires sans pour autant laisser de traces précises dans l’esprit des gens. Le bureau des légendes via ses deux premiers épisodes donnent l’impression de s’être mis dans la vie de fantômes vivant au milieu des vivants. Quelque chose de pourri arrivent à l’horizon, mais l’on ne sait pas encore quoi. Mais grâce à la mise en scène et la maitrise quasi militaire du scénario, l’envie de le découvrir nous prend très vite à la gorge pour ne plus nous lâcher. Une très bonne surprise.

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