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[Tv] L’incroyable succès d’Empire, la telenovela au pays du rap Game.

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Cela faisait déjà quelques semaines que j’entendais parler d’Empire. Sorte de Dynasty dans le monde u hip-hop et du gangsta-rap. En voyant la preview avant le lancement, j’avais eu l’impression que le show pouvait avoir en effet une chance de toucher son public. Mais comme la plupart des gens, je n’avais pas idée du carton monstrueux qu’Empire allait devenir. Là où quasiment toutes les séries s’écroulent plus ou moins après un lancement pharaonique, Empire au contraire n’a de cesse de grimper chaque semaine lors de sa diffusion et cela amène un constat amusant qui renvoie Hollywood face à ses contradictions en matière de production. Empire aux Etats-unis cartonne de façon impressionnante sur la population black défiant toutes les attentes de la Fox en matière d’audiences comme de bouche à oreille sur les réseaux sociaux. Les grands journaux et sites titrent sur le sujet:

Vulture/New York magazine proclaiming « Empire Is a Massive Hit, »

The Hollywood Reporter noting « Empire’s Black (Ratings) Power, »

Vanity Fair‘s story « Empire Strikes Back: Why Black TV Is Beating the Box Office. »

Empire est au rap ce que Nashville était à la country. Tout est fait pour toucher le public au sens large, sans pour autant oublier que le premier public cible est la communauté black. Empire sous ses aspects de Telenovela s’inspire de la réalité du milieu. Terrence Howard y apparaît donc comme un mélange entre 50 Cent, Jay-Z et Dr Dre ou Timbaland ( qui figure d’ailleurs parmis les producteurs exécutifs du show, tout comme Lee Daniels d’ailleurs). Les codes de reconnaissances s’appliquent aussi aux enfants du roi de ce fameux “Empire”. Jamal et Hakeem sont des variations de Chris Brown et Franck Ocean. Le premier étant un surdoué gay dans un milieu où l’homophobie est ultra-présente et le second un jeune branleur inconsistant qui bien que talentueux au niveau vocal, l’est moins que son frère. La rivalité entre les deux se tisse autour d’eux et devrait sans surprise prendre une tournure sale d’ici à la fin de saison. Surtout quand on voit l’arrivée dans la vie d’Hakeem d’une starlette du nom de Tihanna… Oui, Empire ne fait pas le moindre effort pour être subtile dans sa restranscription du milieu. Mais c’est aussi ce qui fait peut-être sa force.

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Pas besoin de connaître ce milieu au niveau musique pour s’y retrouver. Il suffit de lire la presse people. C’est ici qu’Empire sous son apparente vacuité montre en prenant des détours un portrait assez intéressant de ce qu’est devenu d’une certaine façon la culture du rap américain. Le gangster existant toujours dans l’ombre de l’homme d’affaires qu’il est devenu. Empire n’est pourtant pas forcément tendre avec ses héros. Ne serait-ce que dans la relation entre Terrence Howard et son fils gay. Le show ne prend pas la moindre pincette pour rendre le personnage de terrence Howard sympathique. Il est l’étendard d’un milieu où l’homosexualité n’a pas lieu d’être et doit se cacher. Certaines scènes dont une où il lance carrément son fils (enfant dans un flash back) dans une poubelles (en le voyant s’amuser à s’habiller en fille) sont assez cash et violentes. Mais cela  amène sur le devant de la scène le personnage de Jamal ( copie tv de Franck Ocean) en le rendant définitivement comme le personnage le plus humain du lot. Car, dans le lot des multiples personnages ( et où chose assez rare le cast est a 97% black), il n’y a que des pourritures de la pire espèce ou des carpettes soumises.

Empire est aussi bien un show musical appuyant sur un paquet de tracks pas mauvaises du tout si l’on aime le genre que de violence inattendue. Oui, gangster un jour, gangster toujours. Les flingues font donc autant de dégats que les lyrics dans ce show.  Au final Empire est un ovni assez étrange et terriblement addictif. Pris au 1er degré, cela ne sera aux yeux du spectateur rien d’autre qu’une telenovela pompière. Prise avec un peu de recul, la chose prend une autre tournure et apparaît comme un regard aussi cynique et brillant sur la vulgarisation de ce qu’est devenu l’empire du rap américain. Premier véritable succès depuis des lustres au niveau Tv d’un hollywood décidant de s’adresser en premier lieu à un public black et ensuite aux autres cibles démographiques. Le succès surprise massif de ce show et l’impact qu’il a sur justement toutes les cibles démographiques font donc mentir aussi un vieil adage niveau production qui dit de l’autre côté de l’Atlantique que si un casting est entièrement black, la cible blanche ne regardera pas. Avec Empire cela vient de s’effondrer. La surprise est complète. Attendons de voir ce que cela donnera dans le futur désormais.

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