TV

[Tv] Jonathan Rhys Meyers ressucite Dracula

Pris dans la jungle des nouvelles séries, je ne donnais pas forcément ce nouveau Dracula ( Johnathan Rhys Meyers)  gagnant. Mais pourtant après la découverte du pilote, je dois bien reconnaître que même si je reste certain, que la chose n’est pas encore gagnée, la série a un potentiel assez certain. La première de ses forces tient dans son casting. La finesse du jeu de l’ensemble des acteurs servi par le scénario prenant son temps pour jouer sa partition basé sur l’ancien et le nouveau fonctionne. Ancien, car tous les personnages que l’on attend sont là, nouveau, car au milieu de chacune de ces apparitions, les scénaristes et producteurs s’amusent de twist en twist à pervertir la relation et les attentes que l’on pensent avoir avec eux. La mythologie qui se met lentement en place dans ce pilote place deux ennemis jurés comme alliés communs autour d’une quête vouée à la destruction de l’ordre du Dragon. Une secte immémoriale qui a pour les deux héros à jamais modifié leur vie. Provoquant du même coup l’impensable à savoir l’alliance du chasseur et de la bête et c’est dans ce twist ainsi que l’ambiance générale de la série que cette dernière trouve sa force. Plaçant d’emblée son ambition dans le haut du panier Tv en terme de production et de mise en scène, Dracula signe en lettre de sang un premier pacte de qualité assez certain avec le spectateur. Résultat des courses on en prend plein les yeux et Jonathan Rhys Meyers dans le rôle titre sans jamais trop cabotiner arrive à instaurer une empathie certaine avec son personnage. Le tout en construisant ce dernier sur les bases d’un anti-héro que l’on aura bien du mal à aimer autant qu’à détester. Charmeur, assassin, monstre, manipulateur, la palette d’émotions est large et l’on imagine sans mal qu’il en reste encore beaucoup à venir. D’une certaine façon, il se dégage de ce pilote le même genre de potentiel que dans celui d’Hannibal.

 1041407_900

Le potentiel de similitude entre les deux héros de ces séries est là , dès les premières minutes, ils ont leurs véritables victimes en ligne de mire et le but annexe de la saison sera de les transformer ( Will Graham pour Hannibal et Mina Harker pour Dracula). Jeu du chat et de la souris pervers où la manipulation devient un art de vivre et la perversion une ponctuation dans la vie de tous les jours. Mais encore une fois, c’est dans le scénario et ses promesses d’avenir que la série tire son épingle du jeu. Prendre le parti de traiter des vampires de nos jours à une époque où cela est synonyme de Twilight, Vampire diaries ou autre est casse-gueule. Facile de se retrouver brulé en place publique avant même le démarrage. Dracula réussit à se sortir de ces ornières grâce à la personnalité des gens derrière la caméra.Tony Krantz, président d’Imagine Television, n’est pas un inconnu du monde des que ce soit « 24 heures chrono » et « Felicity » mais il est aussi accompagné de Steve Shill réalisateur d’épisode de « Deadwood », « The Wire », « Les Sopranos » et le pilote des « Tudors ». Et surtout, il y a Cole Haddon est le créateur de « Dracula », et surtout un auteur de comic books ( The Strange Case of Mr Hyde) et c’est de cette fusion que naît la structure si intrigante de ce pilote. Loin d’autres séries ne sachant pas où elles vont dès le pilote, Dracula affiche clairement ses différentes lignes directrices et fils rouges dès le début. Tout sera une partie d’échec où l’histoire réelle rencontre le fantastique ( le clin d’œil à l’histoire inventé de Jack l’éventreur que l’ordre du dragon a créé de toutes pièces pour cacher la présence d’un vampire à Londres…)

 the strange case of mr hyde

Coutumier du fait Haddon réussit à créer un véritable comics sérieux et ne commet quasiment aucune faute, on regrettera juste deux scènes de combats à la mise en scène pas forcément raccord avec le ton depuis le début de l’épisode, mais c’est bien peu comme erreur en regard du reste. Ambitieux, bien écrit, magnifiquement bien mise en scène, ce Dracula du nouveau millénaire est une très bonne surprise. Définitivement à suivre.

comics_strange_case_mr_hyde big

Annexe : Bien avant Dracula Haddon avait fait ses armes avec une autre œuvre reprenant comme point de départ l’un des héros de la mythologie « anglaise » le dr Jekyll en le plaçant dans une histoire où Scotland Yard faisait appel à lui pour traquer un serial killer utilisant le même sérum que celui qui le transforme en monstre. Pour plus d’informations : clique ici.

No Comments

Leave a Reply