Critiques de films Films américains

Turbo Kid- Critique du film

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Difficile avec un film comme Turbo Kid de pinailler. Il y aura toujours quelqu’un pour plus ou moins vous dire que vous avez tort, que c’est du fan service et un truc potache jouant sur un revival des années 80. Oui, j’entends. Mais est-ce que cela fait un film au vrai sens du terme pour autant ? J’ai envie de dire non. Kung Fury avait été assez intelligent pour rester dans le cadre d’un moyen-métrage évitant d’étirer pour rien son intrigue et d’en montrer les faiblesses. Turbo Boy lui prend le chemin inverse et joue la carte du long-métrage. Chapeau pour l’envie de relever le challenge, le hic est que ce dernier perd de la puissance dès la fin de la première demi-heure. Oui, Turbo Kid est agréable et même distrayant à plus d’un titre. Jamais forcément original vu qu’il emprunte a tout ce qui a fait les belles heures de la pop culture, Mad Max, des comics, Battle Angel alita, le Western… Tout y passe, mais beaucoup de réalisateurs sous prétexte de revival et d’hommage ont tendance à livrer des films dont les rouages finissent par être beaucoup trop apparent pour tenir la route sur la longueur.

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La plus jolie partie de Turbo Kid tient dans l’amitié naissante entre cet adolescent perdu dans ce monde apocalyptique et sa meilleure amie robot. Quand le film s’attaque à cet angle précis, il y a une forme de légèreté et d’insouciance presque touchante que l’on aurait voulu voir durer plus longtemps. L’ennui est qu’au-delà de ce point très humain, le film se borne un peu à faire du fan service pour personnes attendant de voir une violence exagérée digne d’un pastiche italien de Mad Max. C’est généreux dans l’excès, on rigole souvent, mais il est difficile de ne pas rester à la longue circonspect devant l’ensemble. Munro Chambers est une révélation des plus sympathiques malgré le côté artificiel de l’ensemble. Il se glisse à merveille dans le costume de ce jeune ado devenant par la force des choses un superhéros faisant un apprentissage express du métier. Il y a un petit côté Peter Parker en plus gore. D’ailleurs dans ce domaine, Turbo Kid gratte à la porte de Peter Jackson tendance Brain Dead. En effet Turbo Kid est ultra-gore et quand je dis cela, je pèse mes mots, le sang gicle par dizaines de litres, inonde les visages, les démembrassions sont légion, le film n’a pas la moindre pitié. Mais là encore au bout de quatre ou cinq utilisations du joker de l’ultra violence, on baille un peu gentiment. Par la faiblesse narrative d’ensemble, le film perd assez rapidement le capital sympathie qu’il laissait apercevoir dans sa première partie.

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Est-ce que pour autant l’ensemble est à mettre à la poubelle ? Non pas forcément. Michael Ironside en bad guy fonctionne toujours, le duo de jeunes acteurs aide aussi à faire passer la pilule. Mais une chose est à garder en mémoire en allant voir Turbo Kid, inutile d’avoir des attentes trop énormes. Revival potache d’un cinéma de vidéoclub, le film se cache un peu trop souvent derrière cette excuse pour livrer un spectacle approximatif. Chose au final assez triste car d’autres avant lui ont réussi dans ce domaine, où précisément Turbo Kid échoue. Black Dynamite en était l’exemple parfait, mixant le côté nostalgie et un vrai film de cinéma jouant sur les codes inhérents au 7e art. Turbo Kid se contente d’être gore, potache et un peu mignon. C’est un peu comme si dès le départ les réalisateurs avaient pris la décision de la jouer petit bras et de s’y tenir. Distrayant certes, mais malheureusement un peu anecdotique de par le côté approximatif de l’ensemble.

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