Critiques de films Films américains

Triple 9, le Heat de John Hillcoat…

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Ex-agent des Forces Spéciales, Michael Atwood et son équipe de flics corrompus attaquent une banque en plein jour. Alors qu’il enquête sur ce hold-up spectaculaire, l’inspecteur Jeffrey Allen ignore encore que son propre neveu Chris, policier intègre, est désormais le coéquipier de l’un des malfrats. À la tête de la mafia russo-israélienne, la redoutable Irina Vlaslov ordonne à l’équipe d’effectuer un dernier braquage extrêmement risqué. Michael ne voit qu’une seule issue : détourner l’attention de l’ensemble des forces de police en déclenchant un code « 999 » – signifiant « Un policier est à terre ». Mais rien ne se passe comme prévu…

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Triple 9, le titre a des allures de faux western urbain s’annonçant bien sale. L’affiche aligne plus de gueules qu’il n’en faut pour rendre tout fou un cinéphile. En gros Triple 9 avant meme que l’on soit dans la salle prend le parti de vendre du rêve… Enfin le genre de ceux qui virent très vite au cauchemar si l’on regarde la tournure du film. Pas qu’il soit mauvais loin de là, mais Triple 9 est très loin de nous dépeindre l’american Dream classique. On est dans le polar sombre et une fois de plus John Hillcoat fait des merveilles. Pas qu’au niveau de la réalisation d’ailleurs. L’une des plus grosses forces de ce film est d’aligner autant de bons acteurs et de réussir à faire en sorte que dans cette jungle de personnages, tous arrivent sans le moindre mal à exister et à servir l’histoire. Oui, Triple 9 est sale, violent et pas forcément pour tout le monde, mais s’il y a bien une chose que l’on ne peut pas lui reprocher c’est de se perdre en route.

S’il n’y avait pas eu justement cet incroyable casting pour servir l’histoire, il aurait été difficile de se raccrocher à ce qui aurait pu n’être qu’un thriller hardcore de plus. Triple 9 et par extension John Hillcoat mettent en place une sorte d’hybride instable, mi-drame, mi-action, 100 % thriller, la chose évolue d’un extrême à l’autre sans cesse. Le casting s’amuse à brouiller les cartes, mais surtout à faire en sorte de donner vie a des personnages bien souvent détestable, mais pas que. L’immensité du casting fait que l’on en aura pour son argent quoi qu’il arrive, aussi bien devant que derrière la caméra, il est difficile de trouver à redire sur ce qu’offre Triple 9 aux spectateurs. A beaucoup d’égards, Triple 9 a des faux airs de versions dark de Heat de Michael Mann. La comparaison avec l’un des chefs-d’œuvre de Michael Mann est certes facile et viendra à l’esprit de beaucoup de monde, mais elle est bien présente. Il y a dans le montage autant d’intensité que de moments plus lents permettant d’asseoir la tension. John Hillcoat connaît sa dramaturgie et la façon de la magnifier par le biais du montage. Triple 9 n’est pas un objet dont il est évident de faire le tour du premier coup d’œil. La multitude de branches narratives s’encastrant intelligemment les unes dans les autres.

 

On trouvera toujours à redire sur un ou deux points, mais même si dans le fond John Hillcoat ne réinvente pas la roue, il fait en sorte que le trajet soit toujours plaisant. Intense et sans pitié, Triple 9 rentre dans cette catégorie des petits films que l’on n’attendait pas forcément et qui enfonce la porte de notre esprit à grands coups de rangers. Ce serait dans le fond assez idiot de se priver de ce genre de plaisir en salles.

 

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