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Traque à Boston, à deux doigts du film parfait…

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Alors que la ville de Boston est sous le choc de multiples explosions, le sergent de police Tommy Saunders rejoint les enquêteurs sur le terrain dans une course contre la montre pour traquer et arrêter les auteurs avant qu’ils ne frappent à nouveau. Croisant les parcours de l’agent spécial Richard Deslauriers, du commissaire Ed Davis, du sergent Jeffrey Pugliese et de l’infirmière Carol Saunders, ce récit sans concession évoque la chasse à l’homme la plus complexe jamais mise en œuvre par la police américaine – et rend un vibrant hommage aux héros du quotidien.

Traque à Boston est un film étrange, quasi parfait en toute sincérité, il se retrouve pris dans les griffes de la fiction hollywoodienne pour un simple détail qui au fur et à mesure devient gênant et ridicule et aurait pu être évité. Permettant au récit de garder sa grandeur assez simple mais percutante. Quel est ce fameux problème ? Il tient en la personne de Mark Whalberg. Pas que ce dernier soit un mauvais acteur, loin de là, mais le scénario utilise son personnage pour créer un mix de plusieurs autres personnages ayant pris part à la traque. Une combinaison en un seul homme qui a pour effet (même s’il n’est pas le personnage central du film) de mettre Mark Whalberg a chaque moment crucial de l’action. Il est celui qui organise les secours, celui qui aide le fbi a traqué les terroristes sur les vidéos de surveillance, trouve un témoin clé et est le premier sur les lieux à découvrir un des terroristes… une succession de petits détails qui mise à la suite les uns des autres joue un peu contre la tonalité ultra-réaliste du film et finissent en partie par le desservir.

Et c’est dommage de voir ce point de détail au final, entacher en partie l’implication que l’on peut avoir dans le film. Je reste réaliste et relativise la connaissance du public sur les faits réels et reste conscient que cela passera comme une lettre à la poste pour beaucoup. Mais de potentiel très grand film, on redescend juste à la case grand film à cause de cette faute de goût servant au final uniquement à vendre en gros Mark Whalberg sur l’affiche. Car pour le reste, il faut bien reconnaître l’immense nombre de qualités qui sont présentes dans ce film. Peter Berg signe ici potentiellement l’un de ses films les plus carrés, humains et profondément brillant dans la mise en scène. Mettre en scène ce genre de films dans l’amérique de Trump avait un gout de risques potentiels. La sortie de route était possible. Peter Berg l’évite en se focalisant sur l’humain et pas le politique. La première demi-heure du film et sa montée en puissance batie sur des petits riens à de quoi désarçonner de prime abord, mais une fois que l’on rentre dans la façon de penser de Peter Berg, le brio de la chose apparaît. Et autant être honnête, sur plusieurs fronts son film « Traque à Boston » se révèle brillant. Que ce soit de par la façon dont il place l’humain en première ligne au travers d’une énorme galerie de 1er et seconds rôles (tous aussi important) ou bien de la façon dont il met en scène avec le retrait nécessaire (et la décence) cette histoire/ blessure encore fraîche dans l’histoire américaine. Les occasions de s’écrouler en route étaient légion et dans la très grande majorité, Peter Berg les évite. Cela force le respect d’une certaine manière.

Doté d’un casting 4 étoiles, Traque à Boston réussit à rendre justice aux nombreux personnages ayant subi cet attentat. Que ce soit d’un côté ou l’autre du spectre de la justice, les différents acteurs se donnent a 100 % tout comme les deux frères terroristes. Loin de tomber dans une présentation caricaturale, le scénario leur donne la matière pour donner vie à deux portraits remplis de contradictions mais dont la lente descente vers une certaine forme de folie les rend diablement malsain. Loin des premiers films plus commerciaux ayant jalonné sa carrière, Peter Berg signe avec Traque à Boston, ce qui pour moi est en termes de mise en scène et d’intensité dramatique son meilleur film. Il est juste dommage de voir que toute son approche quasi documentaire de la chose se heurte à un choix purement commercial d’incorporer Mark Whalberg en monsieur sauveur. Un choix qui ne fait que mettre encore plus en avant dans le fond son caractère inutile dans l’histoire. Un constat évident quand une fois le film fini on se refait la chronologie du film et que l’on revoit à quel point même le plus petit des seconds rôles est 100 fois plus mémorable que le sien. Un film presque parfait souffrant d’un choix marketing un peu génant et l’empêchant de s’élever au statut qu’il mérite. Tout cela pour en faire une fiction formatée pour Hollywood. Dommage…

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