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Trainspotting 2, nostalgie et fausse bonne surprise…

Trainspotting 2: D’abord, une bonne occasion s’est présentée. Puis vint la trahison. Vingt ans plus tard, certaines choses ont changé, d’autres non. Mark Renton revient au seul endroit qu’il ait jamais considéré comme son foyer. Spud, Sick Boy et Begbie l’attendent. Mais d’autres vieilles connaissances le guettent elles aussi : la tristesse, le deuil, la joie, la vengeance, la haine, l’amitié, le désir, la peur, les regrets, l’héroïne, l’autodestruction, le danger et la mort. Toutes sont là pour l’accueillir, prêtes à entrer dans la danse…

Trainspotting 2 n’avait pas d’emblée la tâche la plus simple du monde. Comment passer sans encombres après un film que beaucoup considèrent comme culte. Le risque de s’écrouler en route est toujours assez grand et la peur peut finir d’achever en route le reste de l’entreprise. On aurait du coup pu pardonner à Danny Boyle s’il s’était dit que c’était après tout une mauvaise idée que de faire cette réunion des années après. Pas que Trainspotting 2 soit un mauvais film, mais loin d’être fondamentalement nécessaire à la saga, il apparaît comme un épilogue de luxe à défaut de mieux. Le genre de ceux qui au final laissent un goût bizarre en bouche une fois le film fini tant sous une apparente déconnade par instants, la finalité de la chose est d’une tristesse sans nom pour les personnages. Loin de détester ces héros, Danny Boyle ne les épargne pas et les montre au final pour ce qu’ils sont, une bande de gentils ratés qui n’auront jamais l’opportunité malgré tous leurs efforts de s’élever au-delà de la condition qui est la leur. À savoir errer sans but dans un univers en décrépitude. Un triste reflet de leurs ambitions perdu en cours de route au fil des années.

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Et c’est ici que d’un coup Trainspotting 2 prend une tournure particulière faisant se poser la question d’« était-ce vraiment nécessaire de rouvrir un nouveau chapitre de cette histoire ? ». Car sur le fond tout comme la forme, le vrai problème du film de Danny Boyle est qu’au-delà du plaisir de retrouver les acteurs d’antan, ce nouveau volet n’amène pas grand-chose. La fin du 1er laissait une porte ouverte aux spectateurs pour s’imaginer un futur particulier pour ces personnages, Trainspotting 2 balaye tout cela d’un revers de main et nous ramène sur le plancher des vaches. Non, l’espoir pour ses personnages est une chose illusoire, le destin les rattrapera toujours, et l’épilogue que représente n’en devient que plus cruel. Mais là encore, épilogue est un mot qui résume bien Trainspotting 2. À la différence du 1er film qui avait assez de matières pour tenir sur ses deux jambes, ce 2e volet tourne un peu rapidement à sec. Et même si l’on s’accroche au plaisir de voir Robert Carlyle ou Ewan Mc Greggor en faire des caisses, il y a un je-ne-sais-quoi qui ne fonctionne plus comme avant. Un peu comme quand on retrouve des vieux amis que l’on n’avait pas vus depuis l’école et que l’on se rend compte avec horreur qu’ils n’ont toujours pas avancé depuis ce temps lointain. Rien n’a changé, ils sont toujours les mêmes et le resteront d’ailleurs sûrement à jamais malgré les efforts qu’ils auront pu faire pour s’échapper des griffes du destin.

Trainspotting 2 du coup étire sur près de deux heures ce qui au final aurait pu se synthétiser en un épilogue d’a peine 30 minutes. Et l’inventivité de Danny Boyle derrière la caméra ne suffit pas vraiment à faire oublier le reste. En bout de course on en vient du coup à se demander si l’intérêt de cette réunion était artistique ou financier. Car dans le 1er des cas, il est difficile de dire que nous sommes face à un succès, pour le second l’avenir décidera sur le long terme. Et le plus frustrant dans l’ensemble est que même en se reposant sur un scénario assez rachitique, le casting d’origine réussi à plus d’une reprise à sauver les meubles, Ewan Mc Greggor en tête. Mais une fois que l’effet de l’euphorie se dissipe et que la nostalgie qui nous animait laisse place à un trop-plein de réalisme, le sou texte au final sinistre de cette réunion laisse un goût amer. Amusant a plus d’un titre et creux par tant d’autres ce Trainspotting 2 a des faux airs de pétard mouillé par endroits. Dommage.

 

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