Critiques de films Films américains

Timecop, retour sur un monument à la gloire de JCVD…

Timecop de Peter Hyams est un film que beaucoup auront mis de côté et c’est pas un mal. Mais l’appel du Jean Claude Van Damme est plus fort…

Timecop avec Jean Claude Van Damme possède un souci de taille au regard de l’année où nous sommes. Quand à sa sortie (pour les plus vieux…) vous aviez pu voir le film en salle, vous étiez adolescent. Jeune et fou et parfois avec une culture ciné plus light qu’aujourd’hui et surtout un sens de la mesure bien plus tolérant que maintenant. Et du coup tout comme des Demolition Man et j’en passe, ce film avait a vos yeux le statut de gentil mauvais film. Le genre de ceux qui sont le symbole d’une époque lointaine (le cinéma d’action des années 90), un temps béni où les règles n’étaient pas les mêmes. Et même si je suis le premier à reconnaître que cette époque à produit beaucoup de nanars, il est fou de voir que pour la grande majorité d’entre eux, on le regarde encore avec autant de bienveillance. Et c’est un peu le cas avec ce Timecop. Oui, vu avec 20 ans de recul il y a 80 % du film qui est imbuvable. Jean Claude Van Damme joue comme un manche, son anglais est horrible, le scénario suit de près et la ringardise du design des costumes rivalise avec celui que l’on trouve dans Demolition Man justement. Et pourtant même avec tout ce qui s’additionne devant nos yeux pour nous faire détester cette production, on ne peut s’empêcher de sourire dans le fond. Quelle est la sorcellerie qui s’accomplit devant nous pour en aboutir à ce résultat ? Bonne question. Revenons un court instant sur le film : En l’an 2004, l’homme sait enfin voyager dans le temps, générant une nouvelle race de criminels spéculateurs. Les États-Unis ont donc créé la T.E.C, une unité d’élite chargée de contrôler tout déplacement temporel. Mais ses propres agents ne sont pas à l’abri des tentations et l’agent Max Walker reçoit pour mission de ramener un déserteur…

jean claude van damme timecop

20 ans plus tard et si je ne devais garder qu’une seule chose du film c’est de voir combien le dialogue du méchant du film (qui à l’époque passait inaperçu) prend en 2018 une tournure toute nouvelle. Pourquoi ? Car ce sont sur ses thèmes et ce playbook que Donald Trump gagna la présidence des Etats-Unis. Est-ce que cela fait de Timecop un film visionnaire ? Non, il ne faut pas exagérer. Pour autant difficile de nier que sur ce point précis, le film avait vu juste sans même le vouloir. Les surprises d’Hollywood. Mais, je m’éloigne du sujet. En 2018 peut-on encore aimer sans retenue cette relique du cinéma d’action bricolé en dépit du bon sens qu’est Timecop ? Cela va dépendre de votre degré de tolérance. Le temps n’aide pas le film, qui aussi bien au niveau de sa mise en scène, des effets spéciaux et de son montage accuse un horrible coup de vieux. Le genre de ceux qui mettent des coups de barre en fer dans les tibias. Cela fait mal et beaucoup vont se retrouver en PLS sur le sol insultant des mamans en ne comprenant pas pourquoi on leur a dit de regarder ce truc. Oui, mais au milieu de ce torrent de nanardise à l’état pure se tient Jean Claude Van Damme. Celui de la Belle Époque avec sa coupe de cheveux atroce, son grand écart en forme de signature. Tout va de travers à chaque fois qu’il est à l’écran et pourtant on ne peut s’empêcher de trouver ce bonhomme sympathique. Dans ses hauts comme ses bas, il reste une icône en quelque sorte. Le temps si l’on regarde ce qu’il est devenu aujourd’hui laisse des traces, mais l’aura « particulière » reste. Et Timecop aide d’une manière assez inattendue à faire durer la chose.

jean claude van damme timecop

Oui, pris sous l’angle de 2018, il est évident que la réalisation de Peter Hyams va vous attaquer les yeux. Symbole d’une époque révolue et surtout d’un formatage que l’on ne veut plus voir du cinéma d’action, et pourtant dans le fond (c’est le pire…) la structure du film n’est pas si affreuse. Oui, le simple fait de pondre une histoire sur le voyage dans le temps suffit à éveiller ma curiosité c’est un fait. Et celle de Timecop possède tous les ingrédients potentiels pour divertir de façon massive le quidam. Adapté d’un comic book de Dark Horse à l’époque, les idées étaient là et d’ailleurs la franchise continua avec un autre film et une série Tv. Je suis d’ailleurs surpris de voir qu’Hollywood n’a pas remis à jour le projet depuis. En changeant le statut de cette franchise et en la faisant évoluer vers quelque chose de plus sombre, Timecop pourrait sans mal devenir quelque chose d’assez déviant et fun. Mais le manque d’ambition du film d’origine à sûrement du finir d’achever sur le long terme un quelconque potentiel dans les yeux d’un studio. La franchise est désormais morte et prenant la poussière dans une arrière-cour d’Hollywood. Une bonne chose diront certains. Cela reste ouvert à débat. Il y avait de quoi faire. Pourquoi est-ce que ce ne fut jamais le cas ? Franchement cela se range dans la lignée des mystères de l’époque entourant la production de ce genre de films. Timecop + Jean Claude Van Damme… À l’époque, la chose était vendeuse et il est évident que personne n’a jamais eu l’envie d’aller plus loin. Alors oui, dans le fond, ce film de Peter Hyams n’est pas bon, cela fait deux décennies que tout le monde le sait, mais voilà, j’ai grandi avec… j’ai un peu aimé une certaine partie du cinéma Hollywoodien grâce à ce genre de nanars quand j’étais jeune. Donc même en devenant un vieux cinéphile cynique et blasé, je dois bien reconnaître qu’une partie de moi continue de rire devant ce Timecop. Et dans le fond, c’est peut-être tout ce qui compte.

Pour me suivre ou me contacter...

No Comments

Leave a Reply