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The Vault, James Franco et la banque de l’enfer…

The Vault avec James Franco était dès le départ une curiosité pour moi. Voir Franco dans un film d’horreur me laissait perplexe. L’homme est connu pour adorer tenter tous les sujets possibles et imaginables, donc s’il arrivait dans ce film, c’est que quelque chose avait du lui plaire dans le scénario. Et vu que c’est un acteur bien plus complexe qu’il ne le laisse penser, je me suis dit « pourquoi pas ». La vérité est que sur ce coup, j’ai plus ou moins eu raison. Non, The Vault n’est pas parfait, il est même en partie expérimental à plus d’un titre et caduque sur d’autres, mais difficile de nier que pendant les 90 minutes que dure le film, l’aspect principal et moteur du récit que l’on attend de voir prendre son envol fonctionne. La tension est en effet palpable et les deux réalisateurs Dan Bush et Luke Daniels s’amusent de façon assez malsaine à faire plonger le spectateur et les protagonistes de l’histoire dans un véritable cauchemar où ils ne maîtrisent plus rien. Le pitch du film donne le ton de ce qui nous attend quand on s’engage dans ce film : Deux soeurs sont obligées de cambrioler une banque afin de sauver leur frère. Le hold-up se déroule sans problème jusqu’à ce que le directeur de l’agence leur indique la chambre forte qui se situe au sous-sol et où vit le mal à l’état pur…

Éliminons d’emblée ce qui pourra être perçu comme un défaut sur ce film. Oui, The Vault prend le parti de ne pas forcément chercher à tout expliquer. Dans le domaine de l’horreur, c’est autant une bonne chose qu’une possible malédiction. De nos jours, le spectateur aime qu’on lui mâche le travail et que l’on serve la chose sur un plateau d’argent. The Vault de Dan Bush et Luke Daniels ne va pas dans ce sens et d’une certaine manière tant mieux. La construction sur laquelle se repose les deux réalisateurs est au final simple, le twist évident si l’on fait attention dès le départ et pourtant force est de constater que cela marche. La base de cette histoire s’arrêtant sur un cambriolage qui tourne mal, les deux réalisateurs placent les spectateurs au même niveau que l’équipe de braqueurs présents dans cette banque. Rien ne se présente plus à eux en fonction du plan qu’ils pensaient infaillibles. L’habilité de The Vault est de savoir au final assez bien mélangé les genres, partant d’un film policier classique et se dégradant vers un film d’horreur, les deux réalisateurs ne perdent jamais vraiment de vue l’histoire qu’ils ont en tête. Le tout menant vers un twist qui en laissera surement plus d’un sur le bord de la route, mais qui d’une certaine manière aide à donner à l’ensemble ce feeling si particulier. Là où des productions pour le moins cousu de fil blanc ne cessent de polluer le domaine de l’horreur en salles, c’est de plus en plus dans celui de la VOD que l’on retrouve des bonnes surprises.

Non, The Vault n’est pas parfait. Certains personnages sont écrits à la hache et manque de développement, mais si l’on regarde l’ensemble d’une traite, il faut bien reconnaître que le film marque des points. L’un de ceux qui fera peut-être le plus débat tient dans l’utilisation du boogeyman du film. En décidant de ne pas forcément lui donner plus de mythologie que cela, Dan Bush et Luke Daniels en frustreront plus d’un. Mais l’effet secondaire de ce choix est que chacune de ses apparitions et tout ce qu’il entraîne dans son sillage ne cessent de faire grandir le malaise. Et au milieu de tout cela trône James Franco. Le tout dans un rôle aussi minimaliste en apparence que centrale en bout de course. Capable de s’adapter aussi bien au drama qu’a l’humour gras, il livre ici une performance tout en retenue. Ce qui ne fait renforcer l’aura son personnage quand la fin du film nous tombe dessus. À mi-chemin entre le film expérimental et le film d’horreur classique Hollywoodien, The Vault de Dan Bush et Luke Daniels se joue de ses imperfections pour malgré tout créer un style propre, une aura de malaise qui lui colle à la peau du début à la fin du film et sincèrement, c’est bien plus que bon nombre d’autres productions. Le genre de celle qui bien que jouant dans la même catégorie et bénéficiant d’une sortie en salles, sont des trucs sans âmes, insipide bien souvent et où la présence d’un réalisateur reste discutable du début à la fin. The Vault à ce charme de l’imparfait qui prend au moins le risque d’essayer quelque chose. C’est pas si mal au final…

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