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The Revenant-Alejandro González Iñárritu- Critique du film

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Dans une Amérique profondément sauvage, Hugh Glass, un trappeur, est attaqué par un ours et grièvement blessé. Abandonné par ses équipiers, il est laissé pour mort. Mais Glass refuse de mourir. Seul, armé de sa volonté et porté par l’amour qu’il voue à sa femme et à leur fils, Glass entreprend un voyage de plus de 300 km dans un environnement hostile, sur la piste de l’homme qui l’a trahi. Sa soif de vengeance va se transformer en une lutte héroïque pour braver tous les obstacles, revenir chez lui et trouver la rédemption.

The revenant de Alejandro González Iñárritu est le genre d’expérience filmique très particulière. Le réalisateur de Birdman qui apparaît désuet à côté de ce film surpasse toutes les attentes que l’on pouvait avoir concernant ce long-métrage. The Revenant a eu une histoire de production assez compliquée, dépassement de budget, acteurs à bout ainsi que d’autres joyeusetés en coulisses et franchement beaucoup de monde (moi compris) ne donnait pas vraiment cher de la peau de Alejandro González Iñárritu sur ce coup. La réponse qu’il nous offre avec Th Revenant est tout simplement l’une des plus folles que j’ai pu voir sur grand écran depuis longtemps. Son film n’est pas vraiment grand public, oui, les acteurs le sont, mais tout ce que Alejandro González Iñárritu met en place autour d’eux élève le film très loin de la concurrence. Parlons tout de suite de ce qui peut facher. Oui, The Revenant est une véritable expérience, un trip bizarre comme si Terence Malick rencontrait Leone et des vieux réalisateurs de films gore italiens. C’est particulier du début à la fin, on se dit que les pièces du puzzle ne sont pas faites pour aller ensemble et l’on se rend compte assez vite de l’énormité de notre erreur. The revenant est tout simplement gigantesque et ce a plus d’un titre. De par sa réalisation hors norme, sa beauté plastique et la performance d’acteur de Di caprio qui mouille vraiment la chemise pour faire vivre ce personnage et son histoire.

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Oui, The Revenant de prime abord n’est qu’une histoire de vengeance et pas forcément plus. C’est un postulat de départ certes basique, mais sur lequel se sont construit bon nombre de grands westerns et d’autre revenge movie. Car dans le fond tout ce statut émotionnel n’est que le point de départ du voyage et la flamme permettant au moteur qui anime Di Caprio de s’élever contre la nature se dressant devant lui. On pourrait du coup presque assimiler les ¾ du film à l’Odyssée d’un homme face à lui-même et la nature qui l’entoure. Il pourrait se sauver lui-même et chercher de l’aide, mais il décide au contraire de se dépasser pour trouver en lui la force de traquer le responsable de ses malheurs. À partir de ce point The revenant d’Alejandro González Iñárritu a des véritables allures de films mystiques. L’homme n’est qu’une poussière dans des décors et un univers le rendant misérable. Rarement ces dernières années un réalisateur aura pris hors cadre du documentaire le temps de magnifier à ce point la beauté de notre écosystème. Le sens de l’aventure et du dépaysement découlant de chacune des images de The Revenant cloue sur place le spectateur. Autant l’on imagine les trucages pour les impressionnantes scènes avec les animaux (l’ours) autant quand Leonardo Di caprio est seul face à la nature, le travail d’ Alejandro González Iñárritu et son chef opérateur Emmanuel Lubezki confinent au merveilleux.

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D’une certaine manière pas toujours évidente, la réalisation de The Revenant, le jeu d’acteur de Leonardo Di Caprio et l’expérience assez incroyable découlant du film me font penser à Le Guerrier silencieux, Valhalla Rising de Nicolas Winding Refn, Mads Mikkelsen et Leonardo Di Caprio sont animé d’un film à l’autre par la même présence animale, par cette étincelle permanente de folie les poussant à aller au-delà d’eux-mêmes. Ce qui nous amène brièvement à se poser sur le jeu de Di Caprio dans ce film, dire qu’il est un bon acteur est comme enfoncer une porte ouverte. On le sait déjà depuis longtemps. Ce que l’on découvre ici est la façon incroyable avec laquelle il se fond dans son personnage, se mettant au service de l’histoire comme de son réalisateur et ce avec une abnégation assez rare. Les conditions de tournage étant ce qu’elles étaient et Alejandro González Iñárritu prenant un plaisir sadique à le maltraiter, Leonardo Di Caprio quelque temps après l’humour survolté du Loup de Wall Street étonne comme jamais dans The Revenant. Habitant son personnage avec une intensité toxique, lui et Alejandro González Iñárritu transforment cette épopée en quelque chose de surhumain. Confronté à lui-même, Di Caprio revient sur ce qui faisait de lui un homme en opposition avec le monstre qu’il s’oblige à devenir pour survivre. La haine le fait vivre pendant qu’il regarde les restes de son humanité disparaître. Éprouvant, impressionnant et doté d’une mise en scène tout simplement virtuose, The Revenant ne plaira pas à tout le monde. C’est une évidence. Mais dans une industrie où la prise de risque se fait rare, il serait dommage de passer à côté de ce qui restera sûrement comme l’une des expériences cinématographique les plus folles de 2016. À voir sur le plus grand écran possible. Magnifique.

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