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The Predator, l’énorme déception de fin d’année…

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The Predator était un film que j’attendais avec curiosité par amour du monstre sacré. Le résultat est une déception assez incroyable.

The Predator de Shane Black est-il un bon film ? Non. Un film distrayant ? Non. Un film qui marquera la saga ? Non plus. Alors vous allez sûrement me dire que cela fait beaucoup de non qui se mettent les uns à la suite des autres. C’est vrai, mais même en y mettant de la bonne volonté, il est difficile de trouver grand-chose à sauver dans ce film. Le style de Shane Black c’est de jouer avec les codes, les casser et aller voir derrière le mur des habitudes Hollywoodiennes pour faire remonter à la surface des choses amusantes. Enfin bon, il faut être honnête, Shane Black est surtout bon dans le domaine du buddy movie. En dehors de cela, les choix du monsieur, son style et tout ce qui s’y raccroche devient soudain bien plus hasardeux. Voir même simplement factices. Et vous savez quoi ? C’est totalement le cas ici. The Predator est un peu comme l’équipe de The Expendables prenait les rennes d’un épisode de la saga et y injectait trop de 1er degré, de clichés et une avalanches de moments gênants de testostérones assez beauf en espérant que cela puisse avoir un rendu badass et cool à l’écran. On va arrêter le suspens, le film se rate à presque tous les étages. Les pires prédateurs de l’univers sont maintenant plus forts et plus intelligents que jamais, ils se sont génétiquement perfectionnés grâce à l’ADN d’autres espèces. Quand un jeune garçon déclenche accidentellement leur retour sur Terre, seul un équipage hétéroclite d’anciens soldats et un professeur de science contestataire peuvent empêcher l’extinction de la race humaine.


L’un des défauts les plus impardonnables du film est que The Predator ne va jamais au bout de quoi que ce soit de ce qu’il tente d’amener. L’équipe de mercenaire antihéros atteint de PTSD, est-ce que cela donne lieu a quoi que ce soit d’humain, de critique par rapport à l’armée ou d’idées de cinéma montrant justement ce que ces troubles peuvent donner en plein combat ? Non, Shane Black se laisse très vite reprendre par les vieux démons hollywoodiens, ces héros ne faisant qu’enchaîner en rafales les vannes les plus beaufs possible, sans que cela soit jamais un seul instant drôle. On en arrive très vite à un stade récurrent dans le cinéma Hollywoodien, celui du désintérêt face au personnage devant nous et cette envie rapide de le voir crever. Le souci est que l’on n’est pas dans un Destination finale, même dans le cadre des morts, le film est illisible (merci le montage…), mais là encore vu que l’on se fout des personnages à la base, les soi-disant moments héroïques apparaissent alors comme des passages d’une bêtise confondante et d’un machisme pseudo-héroïque que l’on pensait mort depuis les années 90. Mais là encore, ce n’est rien en comparaison des deux pires idées du film : celle de l’enfant surdoué. Vous savez ce gimmick qu’Hollywood ressort tout le temps, l’enfant qui comprend les technologies alien en 2 secondes, sert de solution ambulante aux faiblesses du script pour éviter à ce dernier de stagner trop longtemps. Et bien ici c’est le rôle numéro 1 de Jacob Tremblay… et du chien Predator… je ne vais pas vous spoiler ce point. Mais si vous pensiez que le chien dans Independance Day ou d’autres films catastrophes des années 90 était une horreur, vous n’avez encore rien vu.

Predator 1 avait pour lui, un acteur fort en lead, un réal au sommet de son art et l’effet de surprise. Est-ce que le film avait des défauts d’écritures ? Oui, mais il correspondait à une époque et était un vrai film de survie toujours aussi intense aujourd’hui. En s’éparpillant dans tous les sens, The Predator dillue son intensité avec une vitesse indécente. La multiplication de personnages caricaturaux donne l’impression d’être dans un Tarantino du pauvre en termes de mise en bouche des punchlines. The Predator est creux, souvent vulgaire pour le plaisir de la vulgarité et avec des vannes tombant à plats. La quasi-totalité des séquences d’actions du film sont dans la bande-annonce. Et le final au-delà d’être digne d’un épisode de Power Rangers pour son money shot surprise donne envie de se cogner la tête contre les murs. On comprend mieux pourquoi Schwarzy a pris la décision de ne pas s’investir dans cette suite inutile. En le faisant il garde sa couronne de chasseur de Predator et l’aura du seul et unique bon film de la saga (même si j’ai une certaine sympathie pour Predator 2).

Ce qui est le plus triste avec The Predator est que l’on en fasse d’un film qui se pense novateur, cool, badass et à contre-courant des clichés hollywoodiens. La vérité est bien plus classique en fait, The Predator par Shane Black c’est un réalisateur en wheeling sur la voie de garage d’un cinéma d’action que l’on pensait mort depuis les années 90. Un lieu où les héros se badigeonnent de testostérones en espérant que le spectateur s’enivre de ce doux parfum. On est au regret de devoir dire que comme le héros découvrant et sentant le sang du Predator au début du film, The Predator pique les yeux. Et un film rendant Sterling K Brown insupportable du fait d’un scénario écrit en dépit du bon sens ne mérite pas la moindre clémence. Shane Black non plus d’ailleurs. Un énorme pétard mouillé dont vous avez déjà tout vu dans la bande-annonce.

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