Critiques de films Films américains

The House, Will Ferrell vole à nouveau la banque

The House avec Will Ferrell continue de perpétrer la longue et un peu pénible route sur laquelle s’étale la carrière du monsieur. Loin de n’être capable de faire que des comédies un poil lourdes qui cartonne (pas toujours) chez l’oncle Sam et s’exporte de plus en plus rarement chez nous, le monsieur est capable quand l’occasion se présente de surprendre. Mais bizarrement comme si la facilité était devenue sa ligne de conduite, il ne cherche plus à s’éloigner de ce que l’on attend de lui et c’est bien là le drame tant il mérite mieux. Alors est-ce que The House est une catastrophe ? Non, c’est peut-être d’ailleurs une des productions les moins insupportables qu’il a fait dernièrement, mais cela n’empêche pas le film de n’être qu’un simple téléfilm de luxe que vous allez avoir oublié à peine 72h après sa découverte. Une sorte de malédiction qui frappe bon nombre de productions à travers le monde ces derniers temps. De quoi parle le film ? Voici le pitch : Lorsque Scott et Kate apprennent qu’ils viennent de perdre la bourse d’études de leur fille Alex, ils cherchent par tous les moyens à réunir l’argent pour que cette dernière puisse poursuivre son rêve : aller à l’université ! Avec l’aide de leur voisin Frank, ils décident de monter un casino illégal dans la cave de leur maison…

The House malgré la mollesse de son scénario et l’incroyable sous utilisation du talent comique de Will Ferrell et Amy Poehler possède quand même un atout notable : Jason Mantzoukas, l’homme dont personne ne connaît le nom, mais que l’on voit apparaître dans un nombre de films de plus en plus croissant. Il est aussi dans la série TV « i’m sorry » où il est phénoménal. Et autant le reconnaître, il vole littéralement la vedette à Will Ferrell et Amy Poehler, cela ne suffit pas à faire décoller le film, c’est un fait. Mais d’une certaine manière, cela nous sauve de l’ennui profond et mécanique dans lequel nous plonge le scénario. Et c’est en partie ce qui est le plus frustrant ou agaçant dans l’ensemble. Le casting est là, l’idée de base aussi même si elle ne va pas révolutionner le monde et au final l’étincelle ne vient jamais. Je ne dis pas que l’on ne rigole pas dans le film, ce serait mentir, mais il y aussi bien dans le jeu des acteurs que dans les réactions qu’ils provoquent chez nous une sorte de lassitude polie. On rigole gentiment, jamais à en faire trembler les fondations de sa personne. Non, on s’amuse tout en pensant à ce sms que l’on n’a pas encore fini d’écrire, ce mail que l’on attend et j’en passe. La faiblesse de The House est qu’à aucun moment, il ne réussit vraiment à sortir de sa manche le twist ou la séquence culte qui va vous faire exploser de rire. Le meilleur exemple tient dans le caméo surprise du film qui avait tout pour être excellent et finit comme l’un des plus gros pétards mouillé qui soit. L’acteur semblant s’en foutre autant que le réalisateur et les scénaristes et finissant par se contenter de cachetonner.

D’ailleurs, le mot aussi lourd de sens soit-il résumé très bien l’ADN de The House. Une production sans risque et sans véritablement de surplus d’âme. Tout est fait à minima et la prise de risque est quasi inexistante. Les gens cachetonnent et l’on s’ennuie en synchro avec eux. C’est un travail d’équipe qui au final ne mène à rien. Maintenant, la question reste de savoir si un jour, Will Ferrell va se sortir à nouveau de sa zone de confort et de machine à sous pour nous donner à nouveau un contre-emploi où il surprendra. Il est un de ces acteurs du même calibre que Jim Carrey si on lui donne le script et le réalisateur qui suivent. La différence majeure entre les deux acteurs est que tout le long de sa carrière, Will Ferrell n’a jamais cessé de donner cette impression de se complaire dans la case où Hollywood a fini par l’enfermer. Là où Jim Carrey au contraire n’a eu de cesse de prendre des risques, de se remettre encore et toujours en question. Un jeu dangereux pour sa carrière, mais qui paye plus sur le long terme. The House rajoute une pierre à l’édifice que Will Ferrell bâtit en l’honneur du dieu du billet vert. Triste vu qu’il vaut mieux que cela. The House est un produit inodore qui ne mérite d’être vu que si vous avez un pied dans le plâtre et beaucoup de temps à perdre. Autrement, cela reste hautement négligeable… A vous de voir.

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