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The Hate U Give, le potentiel sleeper hit de la Fox en 2019?

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The Hate U Give est un de ces films qui pour une fois me parle vraiment et dont cette preview vu chez le distributeur confirme le potentiel humain de la chose. J’y crois sincèrement.

The Hate U Give ne va pas être un film facile à vendre. Beaucoup y verront un teen movie adapté d’un roman Young Adult surfant sur le mouvement Black Lives Matters. Ce n’est pas faux, d’une certaine manière c’est le cœur de ce roman. Le point qu’il ne faut pas pour autant nier est la finition du projet. Le film sort l’année prochaine, mais j’ai eu la chance de découvrir plusieurs séquences du film via la Fox. Et le résultat est pour l’instant sans appels. La bande-annonce m’avait hypé sincèrement, les extraits complets que j’ai vu ont fini le travail. Oui, je pense sincèrement que The Hate U Give a de très bonnes chances d’être l’un des succès surprises de la rentrée pour Fox. Peut-être que le film me parle plus que la moyenne, cela peut expliquer mon adhésion à ce que j’ai vu. Mais le limiter à cela serait dommage. Via les quelques séquences que j’ai pu découvrir et principalement deux fondamentalement glaçantes, ce projet de la Fox dévoile une intelligence de propos sur le fond et la forme qui m’a vraiment plu. Amandla Stenberg que l’on pourra voir bientôt dans The Darkest Minds aussi chez Fox joue ici le portrait d’une jeune ado afro-américaine Starr. Une jeune femme vivant dans une banlieue tout sauf ultra safe pour une femme de son âge. Une ado dont la mère a pris la décision pour elle et ses frères de les placer en semaine dans une autre école… dans un quartier blanc. Coupant ainsi en deux le développement identitaire de la jeune fille. Loin de son quartier et vivant avec une population qui n’est pas forcément la sienne, elle apprend à voir le monde différemment. Le tout avant de retrouver son quartier le week-end. Et c’est lors d’un de ces retours chez elle que le drame se produit. Un policier abat devant elle son ami qui la ramenait en voiture… une bavure comme tant d’autres chez l’oncle Sam pour un Afro-Américain.

The Hate u give Amandla Stenberg

Et c’est avec cette fameuse séquence que Amandla Stenberg et The Hate U Give montrent la vraie couleur du film. D’un simple teen movie comme on pourrait à tort le penser, le film s’élève vers autre chose. Les séquences majeures que j’ai pu voir sont pour deux d’entre elles glaçantes. Un dîner de famille où le père de famille ancien gangster remis sur le droit chemin par amour tente d’expliquer a ses enfants dépassant à peine la dizaine d’années leurs droits ainsi que ce qu’ils doivent faire face à la police. Un discours que l’on se dit que n’importe quel parent ne devrait jamais avoir à dire ou faire avec des enfants de cet âge. La sobriété de la séquence ne fait que renforcer encore plus la violence de chacune des phrases. Un peu comme si les enfants assis à cette table voyaient au travers des larmes de leur père s’évaporer l’innocence que l’on attend d’eux à cet âge. C’est simple et efficace au-delà des mots. Le fond de cette séquence parle encore plus quand on est une personne de couleur. On se positionne dès le plus jeune âge sur un terrain que la société nous impose, celui de devoir agir avec des automatismes que l’on n’a pas envie d’avoir. Le genre de problématiques qui formate dans le fond sans que l’on s’en rende compte et qui laisse des traces sur le long terme. Une mise en application du titre du film que l’on trouve mise en image dans la séquence suivante : que devient la haine qu’ils nous donnent ?

The Hate u give Amandla Stenberg

Et cette séquence est un vrai modèle du genre. On a tous lu ou vu ces dizaines de vidéos de bavures qui traînent sur Facebook ou le net. Ces contrôles de police qui en l’espace d’un instant partent en vrille et finissent toujours avec la même chose, un cadavre à la peau sombre sur le sol. Amandla Stenberg trouve ici une vraie opportunité de faire oublier son passif d’actrice de teen movie. La montée en puissance dramatique de la séquence est parfaite. De la fête qui tourne mal pour une connerie, de la fuite des deux anciens amis dans la nuit et ce moment délicatement niais où ils se racontent leurs souvenirs, se laisse aller à penser à l’avenir. Deux gamins d’un même quartier mais dont le destin a déjà choisi de les éloigner à jamais. Le dealer sans autres options, la basketteuse avec un avenir. En dessinant ce type de personnage on aurait pu craindre que l’histoire parte dans le mur. C’est le contraire ici. On se laisse emporter dans le nuage de simplicité qui découle de cette virée nocture sur Mémory Lane. Et soudain, le signal de la police nous ramène sur Terre. Et là tout comme l’héroïne on comprend. Le formatage revient à la charge, le dialogue du père, l’attitude à avoir. Et ce dialogue sur la nature de la haine que les deux ados avaient quelques secondes auparavant frappe à la porte. The Hate U Give donne à Amandla Stenberg un vrai terrain de jeu comme actrice. Et cette séquence en particulier. De l’innocence vers la maturité involontaire en quelques minutes. Le choc qu’elle traverse et transmet aux spectateurs est palpable. La tension qui monte et soudainement interrompue par ces coups de feux.

The Hate u give Amandla Stenberg

Et c’est comme si d’un coup tout ce dont son père avait voulu la protéger pendant des années lui tombait dessus. La double violence de cette séquence tient dans son côté véridique. Elle est sèche et sans appels, mais pourtant loin de ce qui se passe de l’autre côté de l’Atlantique ou chez nous dans le domaine des violences policières contre des personnes de couleurs. Et d’un coup ce que l’on prenait pour un film potentiellement anodin, nous met KO comme son actrice principale. On reste pantelant en regardant la personne agoniser à nos pieds et puis plus rien. La petite flamme qui s’éteint aussi bien dans l’œil du défunt que de la victime toujours en vie… Alors oui, je m’emballe sur une simple preview. Et ceux qui connaissent mon enthousiasme diront que j’en fais peut-être trop. Je peux être un fanboy sur certains films, mais The Hate U Give est différent. Nous ne sommes pas devant un blockbuster ou une série B que l’on mate en attendant de voir la punchline qui tue ou l’acteur du moment défier la mort. Non, ici nous sommes devant un reflet du réel. Une focale pointée de façon clinique sur un mal qui ronge l’Amérique et par ricochets d’autres pays, la France n’est pas imperméable à ce mal non plus. On est face à un film qui veut taper la où cela fait mal pour faire réfléchir. Sur soi, sur sa place dans la société, l’importance de sa voix et sur ce que l’on fait ou non de cette haine. J’avoue que je me pose parfois la question. Que je navigue d’un point à l’autre, la société est ce qu’elle est, les gens aussi. Chacun tente de faire ce qu’il peut avec ce qu’il a. Soit en voyant plus loin que le bout de son nez et des choses qu’on lui inculque dès le départ ou alors on s’y enfonce. On prend le parti de nourrir sa haine et de s’y abandonner.

The Hate u give Amandla Stenberg

Rare qu’un livre ou une simple preview de films me parlent autant. The Hate U Give est certes une fiction, mais son cœur est quelque chose d’une étape à l’autre assez commun pour beaucoup de personnes de couleurs. Je ne sais pas si le film aura un énorme succès en dehors des Etats-Unis, mais ce qu’il montre déjà aujourd’hui donne confiance en la couleur du produit final. Alors oui pour une fois et même plusieurs mois à l’avance, j’ai vraiment envie de croire dans le potentiel énorme de ce film. Et j’ai vraiment envie de voir si The Hate U Give offre au final à Amandla Stenberg ce rôle en or massif qui fera oublier la petite fille ayant débuté dans The Hunger Games. Wait and see.

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