Critiques de films Films américains

The Founder, les coulisses glauques de l’empire McDonald…

Dans les années 50, Ray Kroc rencontre les frères McDonald qui tiennent un restaurant de burgers en Californie. Bluffé par leur concept, Ray leur propose de franchiser la marque et va s’en emparer pour bâtir l’empire que l’on connaît aujourd’hui.

The founder avec Michael Keaton en tant que biopic sur la création de l’empire MacDonald aurait pu se prendre les pieds dans le tapis et n’être qu’un film de plus dans l’immensité de la production Hollywoodienne. Heureusement, ce n’est pas le cas. L’empire MacDonald pour le commun des mortels n’a rien d’attrayant, une success story reposant sur la malbouffe dispatchée depuis des décennies dans les artères de millions de membres de la secte Junk Food. On pourrait se laisser aller à dire que la chose serait identique à la nourriture qu’ils nous servent, heureusement Michael Keaton ramène l’ingrédient ultime à la réussite du film : son charme parfait et son talent inné pour jourer les salauds. Car, l’histoire de The Founder n’a rien à voir avec un conte de fées bien au contraire. Tout comme pour celle entourant Mark Zuckerberg et la fondation de Facebook, la genèse de MacDonald tel qu’on le connaît aujourd’hui repose sur les épaules d’un homme tout aussi trouble que fascinant et le côté désagréablement jouissif de la chose réside dans le fait de voir Keaton finir par rendre cet homme qui n’est dans le fond rien d’autre qu’une ordure… ou presque.

Je nuance en dernier lieu pour la raison suivante et c’est d’ailleurs là que réside le cœur du film… savoir ce que l’on ferait si l’espace d’un instant alors que l’on est au bord du gouffre l’option nous sauvant la vie passait devant nous. Mais que pour la prendre à pleines mains, il soit nécessaire de laminer et déposséder ses porteurs ou créateurs. Est-ce que cela ferait de vous un salaud fini ou juste un homme comme un autre prêt à tout pour survivre. Dans le cas du récit du film, la réponse tend à nous laisser croire qu’il n’y a pas de juste milieu. Tout ce qui se déroule ici sous nos yeux faits lentement mais surement voler en éclats cette barrière. Le monde des affaires ne laisse pas de place à la naïveté. C’est ce qu’apprennent à la dure ces deux frères aujourd’hui oubliée qui sont à l’origine de l’empire MacDonald. Un royaume portant leurs noms, mais qu’ils n’ont absolument pas réussi à protéger. Est-ce que The Founder est un biopic quasi en mode 1er degré ? Non, pas une seconde et à plus d’une reprise le curseur varie dans une zone de cynisme assez particulière rendant la chose aussi jouissive que ridicule.

John Lee Hancock révolutionne-t-il l’univers des Biopic avec The Founder ? La réponse est non, car si l’on enlève malheureusement Michael Keaton de l’équation, l’ensemble perd tout de suite de sa splendeur. La faute probablement à un scénario qui malgré ses nombreux atouts oublie aussi par moments de ménager assez d’espace aux autres personnages. À l’exception de Nick Offerman dont l’aura naturelle lui permet de se tenir solidement sur ses deux pieds face à la tornade Michael Keaton, le reste du casting peine par instants à exister. C’est sur ce point précis que le film rate la marche de la catégorie du très bon. On ne s’ennuie jamais vraiment avec The Founder, il faut bien le reconnaître, mais en corrigeant les erreurs dites ci-dessus, le film et ce sans le moindre mal aurait gagner une force non négligeable. Au final, ce n’est pas le biopic de l’année, mais si l’on aime Michael Keaton alors il y a fort à parier que beaucoup des futurs spectateurs de The Founder lui trouveront des circonstances atténuantes. Un agréable divertissement à défaut d’être un grand film.

 

No Comments

Leave a Reply