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The Bodyguard, quand l’égotrip flirte avec l’ADN du nanard cosmique.

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Après avoir été élevé dans la tradition des arts martiaux, Wu-Lin arrive en ville et se fait remarquer par un riche homme d’affaires. Ce dernier lui propose de devenir le garde du corps de sa fille Faye. Quand celle-ci se fait enlever, Wu-Lin va devoir mettre en pratique ses années d’apprentissage.

Parfois, le cinéma asiatique se paye le luxe de nous offrir des claques incroyables. Le genre de celle qui remette les idées en place et font aimer encore plus le cinéma. Et d’un autre côté, il arrive que le même cinéma nous livre des choses absolument ridicules. Tellement honteuse que l’on ne sait plus par quel bout commencer pour nettoyer son esprit après la vision de la chose. Vous avez bien compris que The Bodyguard rentre dans la 2e catégorie. Réalisé, écrit, interprété et chorégraphié par Yue Song (The King of The Streets), The Bodyguard est un des plus mauvais films que j’ai vu depuis très longtemps. Yue Song n’a eu de cesse de vendre son film comme l’un des évenements les plus incroyables qui soit dans son domaine : le film de baston. Nous allons remettre les choses au point illico, le vrai film de baston qui a terminé le game récemment est Raid 2. The Bodyguard n’est même pas dans la galaxie proche de ce chef-d’œuvre. Les raisons pour cela sont multiples. Le scénario est ridicule et anecdotique, les dialogues à peine digne d’un doublage français de Nicky Larson et la réalisation part dans tous les sens. Les fameux combats que l’on espérait incroyables sont maladivement répétitifs et encore dans ce genre certains films arrivent à échapper à cette fatalité par miracle. Pas The Bodyguard. Il n’y a strictement rien à sauver dans ce film et ce du début

Tout l’égotrip du film est résumé dans cette featurette…Moi…Moi…Moi…

The Bodyguard souffre d’un problème insondable… l’égo monstrueux de son acteur/réalisateur Yue Song. J’entends déjà ceux qui diront que la chose est à prendre au 2e degré… mais si a minima le scénario était là pour renforcer cette idée et que la réalisation sauvait les meubles. Mais non. The Bodyguard est pénible, long, prévisible et totalement incohérent à plus d’une reprise. Le tout se noyant dans un univers de niaiseries qui n’ont pas lieu d’être dans ce style de film. C’est d’ailleurs le vrai problème du film de Yue Song, ce changement de ton permanent montrant qu’il ne sait pas ce qu’il veut être. Comédie asiatique lourdingue, film crétin au 1er degré et soi-disant révolution dans le domaine de la baston. Dans aucun de ces domaines The Bodyguard n’arrive à s’élever au-delà de la ligne de flottaison. Perdu dans les limbes de l’égo de Yue Song qui est partout, le film coule très vite. La cohérence de Yue Song dans son entreprise de destruction de son projet a quelque chose de magnifique. Aussi mauvais réalisateur, que scénariste ou réalisateur, il amène The Bodyguard vers un abîme sans fin. Le vrai souci est que dans le fond Yue Song n’a pas le moindre désir de construire une histoire avec ce film. Il ne veut que faire en sorte de se valoriser et même avec de la bonne volonté, il est difficile d’y adhérer. Prenons l’exemple de Stephen Chow dans Shaolin Soccer, l’homme souffrait du même problème d’egotrip mais réussissait à faire passer la pilule en proposant un vrai film. Avec des personnages secondaires solides, un sens de la réalisation et l’envie de faire du cinéma. Yue Song se foire sur chacune de ces cases et entraîne le spectateur dans sa chute.

Pénible, vide de sens, faussement révolutionnaire et incroyablement prétentieux, The Bodyguard est une arnaque. Montrant a quel point l’égotrip dans le domaine du cinéma est une plaie quand il n’y a rien pour le canaliser et le transformer en une énergie créative vraiment positive. Il y aura toujours quelqu’un pour vous dire que la chose mérite d’être vu avec du recul et beaucoup de bienveillance pour en apprécier le second degré. La vérité est que cette personne se fout de vous. The Bodyguard est la quintessence du vide et Yue Song l’image incarné de l’égocentrisme imbuvable. A fuir tout simplement.

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