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« The big Short » (le casse du siècle)-Adam Mc Kay-Critique

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Quand on pense a Adam Mckay, l’optique d’un film sérieux n’est pas forcément ce qui nous vient en premier à l’esprit. En effet, il est plutôt connu pour être l’un des émissaires de la déconne avec Paul Rudd ou Will Ferrell dans l’industrie hollywoodienne. Mais désormais, cela va changer et ce grâce à un simple et unique grand film « The big Short » (le casse du siècle). Adam mc Kay non sans se départir de l’humour et du cynisme qui le caractérise revisite de l’intérieur la crise des subprimes et montre avec un regard parfait combien cette crise qui a changé le monde était grave… sans pourtant n’être rien d’autre qu’un possible signe avant coureur d’une prochaine. Suivante qui serait encore plus dévastatrice. « The big Short » (le casse du siècle) est drôle à plus d’un titre, de par l’inventivité dont Adam Mckay fait preuve derrière la caméra pour donner vie à ce récit, mais le film est avant tout fondamentalement glaçant dans son ADN. Là où le loup de Wall Street était une comédie hystérique, « The big Short » (le casse du siècle) calme le jeu pour laisser le temps aux spectateurs de fixer son regard sur les détails. Ces petites lignes des contrats que l’on ne lit jamais et qui nous pètent bien souvent à la gueule ensuite. C’est sur ce cours d’économie improvisé que ce se structure toute la descente en enfer qu’est le récit. Un enfer pour certains… la grande majorité (ceux ayant perdu tout dans cette crise) et en face les autres… ceux qui ont eu l’intelligence sournoise de faire de l’argent sur l’apocalypse boursière et économique qui se présageait à l’horizon.

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Et d’un coup Adam Mc Kay armé d’un script en béton et d’un casting qui l’est tout autant nous emmène là on l’on aurait pas du être. Dans les coulisses. Il y a quelque chose d’assez particulier dans le voyage qui se met en place… un léger sentiment de manipulation durant lequel notre vision du monde. Notre naïveté diront certains prend du plomb dans l’aile comme sous le tir nourri d’une DCA anti aérienne. Les personnages principaux de l’histoire à l’exception de Ryan Gosling ne sont pas des crevures et tout comme nous, ils possèdent encore un peu de foi dans le monde qui les entoure. Un feeling qu’ Adam McKay s’amuse sadiquement à faire voler en éclats plus on s’enfonce dans les profondeurs de cette gigantesque arnaque. Il n’y a pas de petits profits et ce même si cela doit se faire sur le dos des autres ou le malheur des autres pour être plus précis. La crise des subprimes a été l’un des événements économiques les plus désastreux et marquants pour les Américains. Est-ce que cela aurait pu être évité ? Non je ne pense pas, au mieux amoindri, mais « The big Short » (le casse du siècle) montre bien et sans le moindre détour que pour cela il aurait fallu que le sentiment de cupidité n’est pas d’emblée pourri la donne. La finance mondiale reposant sur cela, la partie était perdue d’avance et même ceux que l’on prend pour des héros, n’ont au final rien de plus angélique que les gens qu’ils essayent de combattre.

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D’ailleurs y-a-t-il vraiment une notion de combat dans le parcours de ces héros ? Non, ils sont au final désabusé au-delà de tout face à ce système et d’une certaine manière assez intelligents pour en voir les failles. Les utiliser et prendre le temps de faire de l’argent de la faillite qui engloutit le monde comme leur concurrent. Et pourquoi une telle forme de laisser-aller face à ce monde pourri jusqu’à l’os ? Pour la simple et bonne raison qu’ils ne peuvent rien y changer. C’est le constat glaçant que donne « The big Short » (le casse du siècle) et que les faits et rien que les faits ont renforcés avec le temps. Le système est défaillant, mais rien ne le changera, les noms des produits bougeront, l’état sauvera les banques et ces dernières recommenceront. Alors pourquoi partir dans une croisade qui n’aura jamais de fin. C’est un cas de conscience commun au final qui s’affiche devant nous. On finit par se dire que ces personnages principaux sont des ordures… et pourtant dans le fond de notre tête on comprend la position qui est la leur. « The big Short » (le casse du siècle) s’amuse sans cesse et non sans intelligence et un certain style a faire vibrer le compas de notre moralité d’un extrême à l’autre du cadran. C’est déstabilisant et passionnant à la fois. Mais au final, « The big Short » (le casse du siècle) est surtout la preuve qu’au-delà d’être un génie de la comédie, Adam Mckay est aussi un très bon cinéaste tout court. Ambitieux et désireux de se réinventer en allant vers d’autres genre d’histoire, il a pris un risque avec cette histoire et cela paye. Loin de ce a quoi il nous avait habitué, « The big Short » (le casse du siècle) n’en est pas moins pour autant un très bon film. Bonne surprise.

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