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The Adventurers, remake réussi et fun de Once a Thief!

The Adventurers de Stephen Fung réussit le tour de force de s’éloigner très vite de l’ombre embarassante de John Woo. Il est en effet le remake de Once a Thief. Et l’élève dépasse le maître.

The Adventurers de Stephen Fung est un film que j’attendais avec une certaine curiosité. Pour les plus vieux, il faut savoir que ce blockbuster de HK est le remake de Once a thief de John Woo. Un film que seul les plus vieux connaîtront. Et la chose d’emblée vendant ce remake comme un Ovni attrayant était son casting improbable. En effet, ce n’est pas tous les jours que l’on voit Andy Lau devoir affronter Jean Reno. L’un dans le rôle d’un voleur d’art international bien décidé à trouver qui l’a mis en prison et l’autre dans le rôle du flic teigneux prêt à toutes les infractions pour renvoyer Andy Lau dans la case prison. The Adventurers de Stephen Fung n’est pas sur le fond le film le plus original de l’année. Si l’on devait simplifier à l’extrême, nous sommes en face de Oceans Eleven rencontrant l’agence tous risques de Carnahan à la sauce HK. Cela semble impossible à définir correctement et pourtant la surprise est complète quand on se rend compte que la mayonnaise prend. Et quand je dis qu’elle prend, j’entends par là que d’un bout à l’autre, The Adventurers de Stephen Fung est divertissement de qualité, plutôt bien écrit et aussi ambitieux que drôle. Certes, le scénario n’est pas forcément avare de clichés dans la caractérisation des personnages, c’est un fait. Mais d’un autre côté la somme du plaisir que l’on prend à suivre cette équipe de voleurs et le jeu du chat et de la souris entre Andy Lau et Jean Reno finit d’emporter l’adhésion du spectateur que nous sommes.

The Adventurers

The Adventurers de Stephen Fung a une excellente idée dès le départ, celle de prendre le temps d’utiliser la beauté de ses paysages. Le film voyage aux 4 coins de l’Europe et adapte chacune de ses zones géographiques dans son récit pour en faire un véritable outil et non pas un simple gadget visuel. Les poursuites en voiture en France, font penser à la grande époque de Remy Julienne. Le casse dans l’immense château perdu dans la forêt permet à Stephen Fung de placer son film bien loin de la simple production HK classique. C’est un défaut que l’on peut souvent retrouver dans les productions Asiatiques, elles pensent au marché intérieur avant tout. Ce qui se traduit par l’utilisation de code narratif ou de traits d’humour laissant parfois sur le carreau les spectateurs occidentaux. Normal. The Adventurers de Stephen Fung est certes classique dans sa structure (à mi-chemin entre la romance, le film d’action et le film de casse), mais c’est son amour d’un cinéma grand public à l’ancienne qui finit par le rendre hautement sympathique. Stephen Fung en effet avec The Adventurers une seule envie, celle de s’éloigner des standards d’ultraviolence comme moteur de l’action. Nombreux sont les films empilant les tours de force de mise en scène, plaçant les personnages autour de séquences où la violence fait avancer le récit et masque un peu les trous dans le scénario.

The adventurers

The Adventurers de Stephen Fung prend le pari de miser avant tout sur le goût du risque et de l’aventure. La violence est certes présente, mais désamorcé par d’autres outils de narrations. Le film prend le temps de permettre à chaque membre de l’équipe d’exister, idem pour Jean Reno (même s’il repose sur des clichés) et du coup tout comme dans l’Agence tous risques de Carnahan par exemple, la dynamique du jeu du chat et de la souris n’en sort que plus forte. Ce qui permet au film de créer une véritable empathie avec les personnages et ce quel que soit le type de danger dans lequel ils se retrouvent. Evitant ainsi d’avoir recours à des artifices de mise en scène trop grossier. Et c’est d’ailleurs là encore un des points forts du film, jamais grossière la mise en scène de Stephen Fung tranche avec les attentes ou craintes que l’on aurait pu avoir concernant ce film. Il y a dans The Adventurers beaucoup de Lupin the Third. Qui indirectement est une source d’inspiration pour le film à mes yeux bien plus grande que celle de l’ombre de John Woo. La faute aurait été de rester dans les pas de Woo justement singeant son style, sa vision, ses effets qui malheureusement aujourd’hui à part sur certains classiques vieillissent mal. Non, un peu comme un trublion désireux de se faire remarquer par son style, son ambition et non une série d’hommages envahissant, Stephen Fung transforme The Adventurers en une véritable symphonie d’action où chaque personnage équivaut à une note. C’est peut-être sur ce point unique qu’il rend le meilleur hommage à John Woo qui avait toujours su transformer l’action en une symphonie du chaos. Bien souvent totalement épique. The Adventurers de Stephen Fung c’est cela et bien plus à la fois. Un grand spectacle qui ne se moque jamais du spectateur et tente de le satisfaire du début à la fin de la manière la plus sincère qui soit. Mission accomplie.

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