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Terraformars, apocalypse now chez les cafards par Miike…

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Terraformars est une franchise anime connaissant un certain succès au Japon, l’idée de le voir passer du papier à l’anime et ensuite vers le cinéma n’était pas incohérente. C’est Takashi Miike qui se colle à la tâche et ceux qui connaissent le monsieur savent qu’il est capable du pire, comme du meilleur. Chez lui, le juste milieu n’existe pas vraiment. Son dernier film Yakuza Apocalypse en était un bon exemple, sorte de roue libre au final incompréhensible et flirtant avec le non-cinéma. Le monsieur se fait plaisir à lui-même en oubliant complètement qu’un public peut le regarder. Oui, c’est un peu dommage… et dans le cas de Terraformars, même si la chose est moins horrible que le dernier film, on ne peut pas dire qu’il change son fusil d’épaule. Ce film est en effet une sorte de mélange bancal entre Starship Troopers, les films de superhéros japonais avec les costumes cheaps et la roue libre qui caractérise Takashi Miike ces dernières années. En regardant sur le net, on peut s’apercevoir que le manga d’origine jouit de bonnes critiques et que dans les grandes lignes l’adaptation de Miike semble fidèle pourtant, il est difficile de passer sous silence la myriade de défauts qui sabotent la vision du film.

Bien que Warner possède des billes dans le projet, il ne faut pas espérer que le niveau des effets spéciaux de Terraformars va vous éblouir. C’est au mieux passable et parfois gênant. Le tout dans une farandole de laisser-aller vraiment déconcertant. Il ne faut pas plus de dix minutes au film pour totalement s’écrouler sur lui-même dès l’apparition du grand méchant tout simplement obsédé par la coupe de ses fringues en permanence. Le jeu d’acteur oscillant entre pénible et caricaturale, il est là encore impossible de se laisser emporter pleinement par l’histoire. Tout est fait pour que le spectateur reste à distance. Les personnages principaux et secondaires n’ont pas la moindre consistance, le développement que le scénario leur offre frôle tellement le néant que très vite on abandonne le moindre intérêt et Takashi Miike aussi vu que sa passion semble être de tout simplement tuer absolument tout le monde. Ce qui lui permet de se concentrer sur les combats et uniquement cela plutôt que d’approfondir les personnages. Caricatural au dernier degré, TerraFormars s’amuse à singer le folklore japonais, l’esprit des X-Or et j’en passe revient en mémoire quand on assiste aux combats multiples et répétitifs qui nous tombent dessus. Ce qui pouvait marcher quand on était enfants ne fonctionne malheureusement plus ici et l’on regarde la chose avec un ennui de plus en plus profond. Les costumes des hommes cafards identiques au design du manga montre que ce qui passe sur papier s’effondre parfois à l’écran. Cheap est le premier mot venant à l’esprit, suivi de près par ridicule. Mais le plus déstabilisant dans l’ensemble est que Takashi Miike semble n’en avoir strictement rien à faire.

Film de commande pour lui, TerraForMars apparaît comme ayant une récréation pour le réalisateur. Un gigantesque bac à sable sans le moindres enjeux, où il se fait plaisir en testant ses idées et délires persos. Et c’est bien là que se situe le problème. Reposant sur du vide et brodant sur des lieux communs du genre, TerraForMars n’a au final pas le moindre intérêt. C’est génant, long, mal joué et ennuyeux au possible. On se dit que Takashi Miike semble de plus en plus n’avoir rien à faire des projets qu’on lui propose, c’est assez consistant dans sa ligne de conduite fonçant droit dans le mur. Mais aussi assez triste quand on sait que d’un autre côté, le monsieur est diablement talentueux quand il fait l’effort de se donner à fond. Ce qui n’est pas le cas ici. À éviter.

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