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Terminator Genisys, critique du film…

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 J’aurai tellement voulu dire du bien de Terminator Genisys dans le fond, réaliser que malgré la campagne marketing désastreuse qui est au final la première cause de décès du film, le film n’était pas si mauvais…mais non. Terminator Genisys est VIDE DE SENS, inutile et assez souvent consternant. Le fait que James Cameron lui-même dans l’optique d’aider son ami arnold schwarzenegger valide la chose, apparaît comme l’une des plus grosses fraudes de la décennie. Alors l’espace d’un instant avant de commencer l’autopsie je vais faire l’avocat du diable. Ce n’est pas un spoil vu que le marketing du film a spoiler en long et en large la chose…si seulement ces idiots avaient fait en sorte de ne pas dire que John Connor était le grand méchant du film…alors peut-être au milieu de ce foutoir, il y aurait eu un je ne sais quoi. Une étincelle, une surprise. Mais non. Paramount certain que ce twist n’avait pas d’importance a préférer le griller plus d’un mois avant la sortie du film. Ruinant du coup tout le reliquat d’intérêt existant autour de Terminator Genisys. Et nous laissant du coup avec un truc a la croisée de Jurassic World sur la forme ( reboot idiot qui ne sert à rien) et Mon beau père et moi pour le trio Arnold, Sarah Connor et Kyle Reese. Le pire dans tout cela est que même si le parallèle vous semble gros, vous verrez en allant le voir ( si vous êtes fous…) que je n’ai pas tort.

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Mais le problème majeur du film est que sous couvert de nous conter une version alternative de la saga…il ne réinvente rien et se contente d’en pomper l’essence pour avancer quelques kilomètres de plus dans les profondeurs de la Terre du cliché. Je passe sous silence l’intro qui a visiblement été inspirée aux réalisateur/scénaristes par celle de Bryan Singer dans X-Men : Days of the future past, mais c’est un détail. Il faut reconnaître aux scénaristes qu’ils connaissent les grandes lignes de la saga sur le bout des doigts, le hic est qu’au milieu de ce déluge de clin d’œil/pompage aux autres films de la saga, l’ensemble est assez creux et n’a au final pas grand-chose à dire. Les deux premiers films de James Cameron possédaient une vraie aura de fin du monde, on s’attachait aux personnages et les enjeux étaient puissants. Ici pris sous le feu d’effets comiques pénibles, d’un scénario poussif et d’un déluge indigeste d’effets spéciaux que l’on nous enfonce dans la gorge, dfficile de ressentir quoi que ce soit. Jai Courtney et Emilia Clarke sont malheureusement dans les rôles respectifs de Kyle Reese et Sarah Connor des erreurs de casting. La platitude du script ne fat rien pour les aider à surnager et au-dessus de la mélée arnold schwarzenegger regarde l’ensemble en tentant de sourire. Cela aurait dû être son comeback, mais dans le fond, cela a des allures de film de trop.

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Terminator Genisys fait d’emblée un choix bizarre en partie en agissant comme si Terminator 3 et Salvation n’existaient pas. Dans le cas du dernier c’est une bonne chose, mais dans le cas du numéro 3, c’est une erreur stratégique qui se révèle contre-productive pour le personnage de John Connor dans le film. Il faut prendre Terminator Genisys pour ce qu’il est, le Jurassic World de la saga. Une fausse suite et un vrai reboot qui sous couvert de nostalgie parle aux anciens, mais vise surtout le portefeuille du nouveau public. L’histoire est refaite, les personnages ont un ravalement de façade et d’une certaine façon un nouveau public pourra voir le film comme un film à part. Les explications sur le reste de la saga lui étant longuement…offertes au début. Le hic reste qu’en oubliant le 3 qui offrait un très bon complément de backstory a John Connor et montrait la transition du personnage, on aboutit a découvrir un personnage mythique de la saga…devenu un simple méchant basique et sans relief. Jason Clarke est tout sauf un mauvais acteur et du lot, on peut même dire que c’est lui qui s’en sort le mieux dans le film, mais là encore les scénaristes le dévaluent complètement. Il est unidimensionnel en bout de course. Tout comme Kyle Reese et Sarah Connor. Et si ces 3 personnages ne sont pas puissants dans un Terminator…il n’y a tout bonnement pas de Terminator.

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Dans un sursaut de lucidité, l’équipe de Terminator Genisys semble en être consciente et nous gratifient de longues séquences où cela défouraille et explose dans tous les sens. Au pire ces dernières sont des carbones copies de ce que l’on a déjà vu 1000 fois dans d’autres productions. Au mieux ce sont des pompages sans intérêts d’autres séquences de la saga. Les scénaristes ont sucé le sang des deux films de Cameron jusqu’à la moelle sans pourtant ne jamais en aspirer ni trouver la force d’écriture et de construction. Du coup, perdu sous ce qui s’apparente de plus en plus à de la roue libre, l’humour par défaut de Terminator Genisys devient pénible, vu qu’il ne convient pas à l’idée que l’on se fait des personnages et des enjeux. Mais c’est bien dans ce mot que réside l’intégralité du problème de Terminator Genisys, ses enjeux. Les producteurs comme beaucoup d’autres avant eux oublient qu’un film et même si c’est le premier d’une saga se doit d’être solide, d’avoir un milieu, un début et une fin forte…Terminator Genisys ressasse dans le fond ce que Cameron a déjà fait beaucoup mieux et avec moins de budgets. Oui la fin du film les enjeux présents sur la table continuent de rester mince. D’un père en passant par son fils, l’apocalypse est toujours la source des Dyson. Danny Dyson est ici le créateur de Genisys, le nouveau Skynet et bien que le personnage apparaisse dans toutes les allitérations de la saga et que l’on devine qu’il est potentiellement à l’origine de l’envoi du vieux T-800… Les scénaristes n’en font rien. Pour rappel lui et John Connor se croisent dans Terminator 2 dans la maison alors que Sarah Connor veut tuer son père…

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 Il y avait de la matière à lier la saga de Cameron et cette nouvelle de façon assez intéressante…mais non. Terminator Genisys choisit de prendre une route différente, celle de la banalité et de la jouer petit bras. Et je ne parle pas de l’explication qui est offerte sur Skynet et son identité…3 minutes dans tout le film pour expliquer les origines d’une entité mythique. Le tout sous les traits d’un acteur dont on se demande ce qu’il est venu faire dans cette galère tant son rôle est sans intérêts et si mal construit. Mais l’ultime foutage de gueule vient dans les 5 dernières minutes du film…où les choses illogiques qui jusque-là nous étouffaient atteignent un sommet via un twist sur un des personnages principaux. Twist qui ne peut être accueilli que par un facepalm digne du plan sur le velociraptor dans le final de Jurassic World. On se dit alors qu’à ce moment-là, les scénaristes ont enfin compris qu’il n’y avait plus rien à dire, ni à faire et mettent une balle dans la nuque ( de plus à la saga…) mais non. Au cas où et copiant le modèle Marvel, il recolle une séquence supplémentaire de quelques secondes pour bien appuyer ce que l’on savait déjà qui allait obligatoirement arriver. La chose amusante est que le film du coup ( spoiler…) offre deux choix aux spectateurs. Si comme bons nombres des spectateurs par dépit vous direz au revoir dès la première note du générique, Terminator Genisys se finira bien…si vous restez jusqu’à la moitié du générique par contre c’est le contraire. C’est à l’image du film, cela ne sait pas ce que cela veut être et tente d’assurer ses arrières juste au cas où l’ensemble fonctionnerait. Terminator Genisys est tellement inutile, con et sans intérêts que la vision de ce film est comme assister à la longue et lente agonie d’une saga qui n’en demandait pas tant. Consternant…

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