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Tamara, chronique d’un pétard mouillé arrivant sur les écrans…

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Tamara, 15 ans, complexée par ses rondeurs, décide à son entrée en seconde de se débarrasser de son étiquette de « grosse ». Pour clouer le bec des mauvaises langues, elle fait le pari avec sa meilleure amie de sortir avec le premier garçon qui passera la porte de la classe. Manque de bol, ce garçon s’avère être Diego, le plus beau mec du lycée. Le pari se complique pour Tamara…. Entre les sales coups des garces du lycée, une mère poule, les conseils « drague » de sa petite sœur, Tamara va vivre une année mémorable !

Parfois, pris d’un esprit d’aventure, je vais voir des films où je ne suis pas forcément dans le cœur de cible. Dans le cas de Tamara, BD pour ados on peut dire qu’il n’y avait pas plus éloigné que mon univers. Mais curieux comme toujours j’aime bien plonger dans le vide. Et parfois… cela paye. Mais souvent, comme l’indiquait le signe à l’entrée de la salle, il fallait bien abandonner le moindre espoir et dans le cas de Tamara, je pense que ce dicton était parfait. Prendre le pari d’adapter une bande dessinée n’est jamais simple, cela demande des concessions, des retouches que ce soit pour la bd traditionnel ou les comics il y a toujours eu ces remaniements. Parfois pour le meilleur et parfois pour le pire. Dans le cas de Tamara et avant même la sortie du film, le projet avait déjà eu droit à son lot de critique. Actrice plus fine que dans la bd, rôle de Diego devenu blanc… N’étant pas un connaisseur de la bd d’origine, j’ai fini par regarder la chose avec un certain détachement espérant juste être surpris. Malheureusement cela n’arriva jamais pendant les très longues 1h40 du film.

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Les problèmes concernant Tamara sont multiples, le 1er et qui saute aux yeux dès la séquence d’intro est la réalisation. Tamara souffre d’une mise en scène diablement terne et plate, la première séquence en est un exemple parfait, c’est morne, gris, sans le moindre rythme et l’on voit bien que mêmes les acteurs sont mal à l’aise dans cette chorégraphie flirtant avec le malaise. L’intégralité du film aurait pu s’en relever si à minima, il y avait eu un scénario solide pour sauver la mise au projet. Mais, c’est ici que Tamara s’écroule sur elle-même. Le scénario du film n’est qu’un profond ramassis de clichés prévisibles en diable et ne cherchant pas une seule seconde à surprendre. La quasi-intégralité des personnages du film ne sont que des archétypes sans véritables profondeurs. Les deux seules réussissant à s’en sortir sont le personnage de Chico et sa fille. Le naturel des deux acteurs et la fraîcheur qu’ils impriment a leurs rôles sauvant les meubles d’un scénario prenant l’eau de toutes parts. Car oui pour le reste, il faut bien être honnête (et dire aussi que le scénario n’aide pas…) mais les acteurs/actrices menant la danse (Tamara, Diego…) ne sont pas vraiment bons. Et je reste correct en disant cela. Conscient que le script ne fait rien pour les aider à remonter à la surface et que la réalisation à la dérive leur tient la tête sous l’eau, la quasi-intégralité du casting finit très vite par couler et se laisser aller. On rigole parfois, on s’ennuie un peu et l’on finit malgré la bonne volonté par trouver le temps long.

Lou, Journal Intime elle aussi adapté d’une bd faisait l’effort de se mettre en danger et de valoriser à chaque instant pour créer une atmosphère et un univers dans lequel on voulait s’évader avec plaisir. Tamara se perd dans les méandres d’une vision oscillant entre clichés et ambiance de télenovela pour ados. Est-ce que le film trouvera son public ? La présence de Rayane Bensetti amènera son lot d’adolescentes dans les salles… mais est-ce que cela permettra de passer à côté des monstrueuses faiblesses du film ? J’ai un doute. Tamara est dans sa forme actuelle, le genre de film qui donne l’impression d’avoir été fait à la va vite pour profiter de l’aura de la BD, de la réalisation en passant par le scénario et la direction des acteurs, il n’ y a pas grand-chose qui tiennent la route. Je n’étais pas venu pour détester le film, mais il faut dire qu’il ne fait pas beaucoup d’efforts non plus pour se faire aimer. Dommage…

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