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Radin, Fred Cavayé fait une commande express pour Dany Boon.

François Gautier est radin ! Economiser le met en joie, payer lui provoque des suées. Sa vie est réglée dans l’unique but de ne jamais rien dépenser. Une vie qui va basculer en une seule journée : il tombe amoureux et découvre qu’il a une fille dont il ignorait l’existence. Obligé de mentir afin de cacher son terrible défaut, ce sera pour François le début des problèmes. Car mentir peut parfois coûter cher. Très cher…

Radin de Fred Cavayé est un film un peu étrange. Alors que l’on connaissait son réalisateur comme étant l’un des magiciens du film de genre costaud, le voir revenir avec une comédie après Mea Culpa laisse dubitatif. Le choix est compréhensible d’un point de vue commercial. Le rouleau compresseur Dany Boon assurant quasiment au film un succès en salle permettra à Fred Cavayé ensuite de revenir sur autre chose plus en adéquation avec ses premiers amours. Car oui, dans ce film au final, l’aura de Fred Cavayé tel qu’on la connaissait dans ses précédents opus est un mode mineur. Changement de style, de ton et de forme. Radin est une usine à gaz faite pour fonctionner uniquement autour de Dany Boon. Ce n’est pas une surprise, l’affiche est très limpide sur le message commercial. Est-ce que cela rend la chose pour autant détestable ? Non pas forcément. Mais encore une fois, il faut réussir à séparer l’image que l’on se fait de Fred Cavayé par le biais de sa filmo et ce film pour lui donner une chance d’exister. Sinon, autant être honnête, le fan de Mea Culpa ou A bout portant risque d’être sans pitié face à ce qu’il ne jugera comme n’étant rien de plus qu’un film de commande.

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Léger dans son script et très classique dans sa mise en scène, Radin divertit en pensant avant tout à plaire au plus grand nombre. C’est un choix qui se défend. Fred Cavayé prend le parti de transformer un peu l’image de Danny Boon dans ce film, à mi-chemin entre un Jim Carrey en roue libre et un Louis de Funes hystérique, son personnage n’est pas la catastrophe que l’on pouvait craindre. Que l’on n’aime ou pas Dany Boon, il maitrise plutôt bien son domaine de la comédie et le prouve ici. Mais le vrai problème de Radin est que le scénario est beaucoup trop léger pour tenir fermement sur ses deux jambes tout du long. Et d’un bout à l’autre du récit, le bateau tangue. Dany Boon tient les rênes, mais au-delà de son personnage, les acteurs tenant des rôles secondaires peinent à exister pleinement. On sourit par intermittence et l’on ne s’ennuie pas forcément, mais l’on ne peut que reconnaître la faiblesse de la structure. Et c’est peut-être ce qui frustre le plus quand on suit le parcours de Fred Cavayé depuis le début. Passer du statut de dynamiteur énervé de films de genre français à réalisateur de comédie très classique surprend. Là encore, je comprends la stratégie commerciale derrière cette action et dans le fond la respecte, mais ne peut faire taire cette petite voix dans le fond de ma tête qui dit, c’était mieux avant quand même. Vivement le retour de Fred Cavayé dans son domaine de prédilection à savoir le film de genre. Pour surprendre à nouveau. En attendant Radin, trouvera sûrement son public au sens large, la machine Dany Boon aidant et d’une certaine manière tant mieux, si cela donne plus de liberté par la suite pour ses prochains projets.

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[Critique] Mea Culpa – Fred Cavayé- Critique du film

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Flics sur Toulon, Simon et Franck fêtent la fin d’une mission. De retour vers chez eux, ils percutent une voiture. Bilan : deux victimes dont un enfant. Franck est indemne. Simon, qui était au volant et alcoolisé, sort grièvement blessé . Il va tout perdre. Sa vie de famille. Son job de flic.  Six ans plus tard, divorcé de sa femme Alice, Simon est devenu convoyeur de fonds et peine à tenir son rôle de père auprès de son fils Théo qui a désormais 9 ans. Franck, toujours flic, veille à distance sur lui. Lors d’une corrida, le petit Théo va être malgré lui le témoin d’un règlement de compte mafieux. Très vite, il fera l’objet de menaces. Simon va tout faire pour protéger son fils et retrouver ses poursuivants. Le duo avec Franck va au même moment se recomposer. Mais ce sera aussi pour eux l’occasion de revenir sur les zones d’ombre de leur passé commun. 

La meilleure façon de décrire « Mea Culpa » est de lui donner le sous titre suivant « 36 sous stéroïdes ». La noirceur de ton d’Olivier Marchal et la force de frappe sur la forme du John Woo d’antan. Fred Cavayé tout comme un Christophe Gans est un cinéaste multi ethnique dans sa filmographie, le cinéma est sa religion et l’action son laïus de vente. Dans le genre Mea Culpa fait un peu figure de cas d’école. Là où d’autres productions se sont casser les dents sur l’art de mélanger le fond et la forme, de faire du divertissement sans jamais renier les bases d’un genre que l’on range trop vite dans une sous case, Fred Cavayé évite tous les faux pas pour accoucher d’un véritable film de genre gentiment hardcore comme on en voit trop peu dans nos contrées.  Même si le fond de l’histoire en soi n’est pas forcément novateur, c’est tout le reste qui réussit à faire pleuvoir sur la tête du spectateur une pluie d’uppercut d’une violence sans pareil. Mea Culpa est un ride, malin et sournois qui s’évertue en un peu moins d’une heure trente à mettre littéralement KO debout le spectateur. Là où beaucoup avait trouvé le rythme d’  « A bout portant » haletant, il leur faudra revoir leur système métrique tant en comparaison de « Mea Culpa » il leur paraîtra calme. Fred Cavayé se surpasse et accouche d’un film supérieur en terme de rythme et totalement différent sur le fond.

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Là où A bout portant pouvait avoir une sorte de second degré et d’humour désamorçant plus ou moins certaines situations, Mea Culpa oublie cette donne au profit d’un combat rapproché entre sa hargne et l’endurance du spectateur. La logique de production veut que la violence se cantonne à une certaine forme de respect des contingences de la censure. Dans certains cadres, le spectateur s’attend a ce que le réalisateur ne l’emmène pas dans des zones plus ou moins boueuses où sa seule réponse va être « whooa » un terme qui revient souvent à partir de la moitié du film tant Fred Cavayé semble ne plus avoir de limite. Là où Nuit Blanche avec Tomer Sisley donnait une ébauche de ce qui vous attend dans le film, Fred Cavayé livre la version définitive en plaçant aux commandes du navire deux acteurs parfaits. Lellouche, en retrait volontaire, mais pas moins actif pour autant face à un Lindon qui dans ce rôle de flic ouvertement badass et sans pitié pour protéger sa famille est la vraie révélation du film. Loin du cliché américain qui veut que la mandale s’accompagne d’une punchline, Fred Cavayé et Vincent Lindon donnent vie a un personnage d’une froideur apparente uniquement tempéré par l’immensité de ses accès de violence. Une dernière qui entrant dans le cadre de la protection de son enfant se retrouve compréhensible, mais pas moins directe et à bout portant à plus d’une reprise. Fred Cavayé ne mégote pas sur la violence, elle est frontale, directe et froide. On regarde la mort dans les yeux et le tempo des balles rajoute à l’indéniable tension qui se crée autour de Lindon et sa famille.

Mais dans ce concert de louanges, vous allez me dire qu’il y a forcément un mais pour contrebalancer le sens de la danse ? La réponse est oui, du moins tout dépend du sens dans lequel on se place. En tant qu’archétype parfait du film de genre, « Mea Culpa » ne ment pas sur la marchandise. Simple, mais pas pour autant prompt à l’abus de développement le côté radical du film et son plaisir à aller droit au but déplaira à certains. Le côté ride sous extas est un parti pris que Fred Cavayé assume du début à la fin. Quelque soit l’avis du public sur le sujet une chose est certaine, il en ressortira KO en bout de course. Exercice de style classique sur le fond et diablement efficace sur la forme, on assiste à la livraison express d’un des meilleurs films de genre déjà existant dans le domaine récent du cinéma d’action français. Maintenant reste à voir ce que l’avenir va réserver au cinéma de genre français après ce rappel en forme d’uppercut indiquant que oui, il est possible de faire de la qualité, sans pour autant faire n’importe quoi. Fred Cavayé continue d’évoluer avec brio dans un genre où d’autres se cassent parfois les dents. Dans son cas, pas de dents tapissant le trottoir à la sortie de la salle ou alors ce ne sont pas les siennes. Très bonne surprise.

Pour écouter la rencontre/interview de 45 minutes faite pour le site avec Fred Cavayé Clique ici

Les news

[News] Les réalisateurs et le jeu de la promo…

Dans la masse de réalisateurs que j’ai eu la chance de rencontrer via mes petits voyages numériques je garde le souvenir de certains de la nouvelle génération dont la passion est assez communicative. Louis Letterier, Fred Cavayé, Jerome Salle. Flirtant avec le film de genre, blockbuster ou cinéma à l’américaine, ils ont tous une particularité basique, mais au combien vital pour donner envie, ils aiment ce média. Cela se sent quand ils parlent de ce qu’ils font, des hauts et des bas de leurs films et surtout quand ils se lancent dans un exercice pour le moins périlleux : celui de rencontrer le public. Encore pire, celui des blogueurs ciné. Je ne pars en croisade ou critique et je me jette dans le lot, nous dirons que ce n’est pas toujours simple de dealer correctement avec ce petit monde. Pourtant dans les 3 cités plus haut, je me souviens toujours d’une certaine forme d’aisance dans la façon de compter le récit de la création de leur film. Bien souvent, la barrière qui s’établit entre les journalistes/blogueurs ciné et les réalisateurs pour x ou y raisons est incapacitante au dernier degré. Soit, car ils ont peur ou plus basiquement que le public en face n’aborde pas la chose toujours avec des gants de soie. Ce qui aboutit a des situations sortant du cadre de la promo habituelle et où d’un côté comme de l’autre, la sortie de route est facile. D’un point de vue marketing et purement communication, c’est bien souvent sur ces rencontres qu’un réalisateur joue son va-tout ou plutôt son bonus conviction. Convaincre la foule de sa passion, se placer au même niveau sans calculs visibles et partager. Le mot est là, tout bête et au final si important. De nos jours, le cinéma et surtout dans mon écosystème ( un peu loin du vrai grand public j’avoue) se joue sur ses petites choses. C’est simple et complexe à la fois, c’est un coup de poker sans failles et pourtant avec des ornières, mais quand cela marche, la mise est assez réjouissante. Pour la simple et bonne raison que cela amplifie la relation du spectateur avec ce réalisateur sur le long terme. Kevin Spacey dans House of Cards dirait que le cinéma et sa communication ne sont pas si loin de celle de la politique. L’empathie est le nerf de la guerre. Dans le cas de ces 3 réalisateurs de rencontres en rencontres, je dois bien admettre qu’elle ne baisse pas.

b861157c522211e382810ee93d32a936_8Jerome Salle lors de sa rencontre chez Pathé pour la projection de Zulu avec son scénariste et monteur.

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[Critique] Les infidèles- Jean Dujardin – Critique du film

Les infidèles avait le potentiel d’être un pétard mouillé. Il est vrai que les films à sketchs sont la plupart du temps inégaux. Alternance entre le meilleur et le plus banale, on est rarement ultra satisfait en sortant de ce genre de productions. Ajoutons à cela que le marketing du film le vendant comme une très grosse comédie, chose vendeur en pleine frénésie Jean Dujardin, le film pouvait effectivement décevoir ceux qui comme moi s’attendaient à autre chose. Car autant être honnête, le film n’est pas forcément ce que je pensais découvrir, cynique, tendre et voir même par moments franchement hardcore dans sa dépiction de la misère sexuelle de certaines personnes, il y a une sorte d’hommage volontaire ou non au mordant de Bertrand Blier. J’entends par là que l’ensemble peut sembler diablement vulgaire, cru ou creux, mais que si l’on fait l’effort d’aller au-delà des apparences, on se rend compte que sur plus d’un point le film touche un peu certaines cordes sensibles.

Alternance entre humours graveleux et prévisible, le film contient aussi des petites perles. Duo assez improbable, Dujardin et Lelouche doté du même potentiel comique réussissent à former une osmose à l’écran assez efficace. Mais c’est surtout au travers du regard des différents réalisateurs que les deux compères brillent de mille feux. Traiter de l’infidélité au cinéma sans se prendre les pieds dans le tapis et tomber dans le grivois basique et sans intérêts n’est pas forcément simple. Bon nombre de réalisateurs ont pris la décision de jouer sur ce terrain sans en avoir étudier correctement la topographie, résultat des courses, ils errent encore et nous autres spectateurs avons toutes les peines du monde à se souvenir encore ne serait-ce même que vaguement de leurs films. Conscient de ce risque, les Infidèles joue une carte dangereuse, jusqu’à l’extrême. Celle du mélange des genres. C’est à la fois la force et la faiblesse du film. Le rythme en pâtit et l’on peut se retrouver un peu à la rue par moment. Encore faut-il bien souvent avoir la patience de laisser l’histoire se dérouler pour arriver jusqu’à son climax.Moment nous laissant voir o combien il était nécessaire d’attendre pour prendre en frontal l’ensemble du petit manège. Le segment où l’ont retrouve Dujardin en VRP minable prêt à tout pour avoir une relation sexuelle est aussi froid et dérangeant que dramatiquement drôles dans son approche de la chose.

C’est une des marques de fabrique de ce film à sketches, ne pas faire de détails avec le bon sens. La morale est un fardeau, les convenances un boulet. Du coup s’en défaire est la seule alternative et les réalisateurs qui se suivent aux commandes l’ont compris. Certes le sketch de fin fait par Dujardin est une gigantesque blague potache, mais cela n’empêche pas le film d’avoir quelques pépites qui donneraient presque lieu à des films vraiment bon. L’un d’eux racontant l’erreur de parcours d’un dentiste avec une jeune ado et le 2e mettant en scène Dujardin et sa femme Alexandra Lamy dans une dispute sans pareille autour du thème de…l’infidélité. La force ultime de ce segment tient dans le malaise que le fait de les savoir en couple dans la vraie vie ainsi que la sobriété du jeu appuie encore plus là où cela fait mal. Homme ou femme, le malaise est perceptible et compréhensible d’un côté comme de l’autre. C’est lorsqu’il se fait plus doux que le film arbore une deuxième couche de sentiments que je ne pensais pas vraiment trouver chez lui. Cela ne l’empêche pas pour autant de donner dans l’humour gras qui tâche. Manu Payet trouve encore ici une occasion en or de montrer son potentiel comique avec un personnage haut en couleur.

À la fois très fidèle à la grivoiserie française old school et capable de sortie de routes beaucoup plus fines, les Infidèles surprend et déstabilise. Exemple parfait d’un film avec un marketing vendant une chose que l’on ne trouve pas forcément en salle, cette théorie de la tromperie est d’une certaine façon assez bénéfique. Déstabiliser le spectateur, lui faire perdre ses repères et l’amener à se laisser emmener dans une farandole cynique. Voilà un programme que je n’avais pas prévu et qui pourtant porte ses fruits. On réfléchit et analyse plus souvent qu’on ne rit. On compare parfois avec sa vie et au final on sort un peu entre deux rives. Spectateur du combat se déroulant dans notre tête entre notre nous et le cinéphile passif. Les deux débattant sans cesse encore et encore de la limite entre vrai et faux au niveau de l’inspiration face à ce qu’ils ont vu. Non tous les hommes ne sont pas ainsi, mais l’on est jamais à l’abri d’une sortie de route. Homme ou femme d’ailleurs.

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[Critique] A bout portant-Fred Cavayé-Critique du film

Date de sortie cinéma-le 1er décembre 2010 Synopsis : Tout va pour le mieux pour Samuel et Nadia : lui est bientôt infirmier et elle, attend son premier enfant. Mais tout bascule lorsque Nadia se fait kidnapper sous l’oeil impuissant de Samuel. A son réveil, son portable retentit : il a trois heures pour sortir de l’hôpital dans lequel il travaille un homme sous surveillance policière. Le destin de Samuel est désormais lié à celui de Sartet, une figure du banditisme activement recherchée par tous les services de police. S’il veut revoir sa femme vivante, Samuel doit faire vite… Hier soir j’ai eu le plaisir de découvrir le second film de . Bon malgré le bon buzz autour de son 1er film ( que je n’ai toujours pas vu), je n’avais pas vraiment de connaissances sur ce second métrage. Pour être même totalement honnête, jusqu’à il y a encore quelques semaines, je ne savais rien du film. C’est donc en mode découverte en Terre inconnue que j’ai découvert ce fameux « ». Résultat des courses, en moins d’une heure 30 Cavayé nous sert un film avec la consistance en adrénaline, suspense et actions d’un blockbuster US de 2h. Le tout sans jamais trahir son identité frenchy. Tout comme Jérôme Salle, Cavayé connaît ses classiques US et sait faire une compilation de ce genre d’influences, les digérer pour mieux les mélanger avec les siennes et offrir aux spectateurs un produit hybride et jouissif.

Evacuons le sujet d’emblée, est-ce qu’il y a du mauvais dans le film ? L’histoire en elle-même est très simple (mais cela se justifie), certains personnages sont manichéens (Lanvin et d’autres flics) mais une fois encore cela se justifie dans l’histoire et puis difficile de nier que Lanvin est tout simplement diaboliquement bon dans ce rôle de flic taciturne. Il en jette. Vient ensuite un point plus drôle que gênant. Si vous êtes parisien, je vous invite a bien regarder la poursuite au milieu du film…faites le tri entre le point de départ et les différentes stations où passent le héros. C’est très drôle. Broutilles mise à part, je n’ai honnêtement pas grand choses a dire de mal de « A bout portant ». C’est maintenant le moment où je dois donc vous dire pourquoi ?

Commençons par les acteurs. Fred Cavayé a rendu ses lettres de noblesses a un acteur que j’adore et dont l’aura avait pris un coup de plomb dans l’aile avec le calamiteux « Hors la loi »,je parle de . Je pense que lorsque l’on a un acteur de ce calibre sous la main, le gâcher est un crime de cinéphile. Rachid bouchareb l’a fait, Fred Cavayé saute la case gâchis et tombe direct sur la case « rôle en or ». Car ici crève l’écran dès qu’il y est. Taciturne, dangereux et au final réglo il donne à son personnage une nuance et une aura animale assez salvatrice. Cela fait plaisir de le voir face a un réalisateur qui lui donne un beau rôle de « soit disant bad guy » a qui pourtant on ne viendrait pas chercher des noises. Excellent du début à la fin, il reste le contrepoint parfait de . Le monsieur normal qui se retrouve dans une situation qu’il ne gère pas du tout. Là encore Cavayé adopte une bonne technique. Nous ne sommes pas face à un super héros, bien au contraire. Tout comme un Jason Bourne avec Greengrass aux commandes, Cavayé et Lelouch font de ce monsieur tout le monde un héros crédible.

Il morfle dans tous les sens, souffre, panique et manque de se faire tuer plus d’une fois, mais pourtant chacune de ses actions/réactions sonnent avec un accent véridique. On entre dans l’histoire par la petite porte au travers de l’existence classique du personnage de Gilles Lellouche, puis d’un coup l’action nous tombe dessus tout comme lui. Dès ce moment impossible de s’en défaire, elle nous colle à la peau et même le réalisateur fait un travail de dingue pour s’assurer que la fusion entre elle et nous soit la plus parfaite possible. Alors oui, Cavayé connaît ses classiques et par moment, vous verrez du bourne, du fugitif et j’en passe. Mais c’est aussi lors de ces moments que vous allez avoir un petit moment de lucidité vous disant « ok ca me rappelle ce film ? Mais en même temps c’est vrai que le réal arrive a amener un truc en plus ». Car c’est là que se joue toute la différence. Tout comme Jérôme Salle encore une fois avec Anthony Zimmer a l’époque. Fred cavayé réussit a fusionner les styles pour créer quelque chose qui même si l’inspiration vient de l’oncle Sam ne fait pas tâche avec notre paysage. Il signe un film d’action à Paris qui a l’insigne honneur d’être beau, bien mis en scène, remplis de morceaux de bravoures et surtout crédible ! Tout comme dans Jason Bourne, c’est ce détail qui cimente le point de jonction entre le spectateur et la réussite de ce « ride ».

Car pour que l’on s’attache a un héros, il faut que l’on puisse croire a ce qui lui arrive, ressentir sa douleur pendant les affrontements ou poursuites. Ici Cavayé passe par la case Paul Greengrass et martyrise ces héros pour la bonne cause. Car en bout de course le résultat est là. A bout portant est tout simplement un des plus jouissifs films de genre français que j’ai vu ces dernières années. De l’entertainement qui n’a pas mis sa dignité et son amour propre aux vestiaires avant le 1er tour de manivelle. Preuve parfaite qu’on peut faire du business et bien le faire sans se perdre en route. Chapeau bas, gros kiff en ce qui me concerne !