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[Critique] A la poursuite de demain ( Tomorrowland) -Critique du film

Casey, une adolescente brillante et optimiste, douée d’une grande curiosité scientifique et Frank, un homme qui fut autrefois un jeune inventeur de génie avant de perdre ses illusions, s’embarquent pour une périlleuse mission. Leur but : découvrir les secrets d’un lieu mystérieux du nom de Tomorrowland, un endroit situé quelque part dans le temps et l’espace, qui ne semble exister que dans leur mémoire commune… Ce qu’ils y feront changera à jamais la face du monde… et leur propre destin !

A la poursuite de demain ( Tomorrowland) est clairement l’un des plus gros plaisirs que j’ai pris en salle ces derniers mois. Brad Bird est une sorte de magicien qui d’un film à l’autre ne cesse de se réinventer, mais ne perd jamais de vue au milieu de cet exercice impossible de continuer a faire rêver. Vendre du rêve voilà ce que fait A la poursuite de demain ( Tomorrowland) du début à la fin. Vous vous souvenez le plaisir enfantin que l’on pouvait prendre en regardant les Spielberg de la grande époque ? Et bien c’est pareil ici. L’atout majeur du film est la façon aussi subtile que perverse dont il se joue presque de l’image Disney. Pas que Brad Bird cherche à la maltraiter dans A la poursuite de demain ( Tomorrowland), bien au contraire s’amuse a retourner l’histoire du parc pour lui donner une autre consistance. Ce n’est qu’un point de départ à l’aventure certes, mais le genre de ceux qui pour la suite ouvre tellement de portes en pagailles que notre esprit en reste en ébullitions. Et au milieu de cette fournaise à rêves, il y a l’histoire même du film.

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A la poursuite de demain ( Tomorrowland) est un être étrange à cheval entre 25 références à la seconde. On se dit que rien ne va marcher, que Brad Bird va commettre sa première sortie de route comme réalisateur…et au final ce n’est pas le cas. A la poursuite de demain ( Tomorrowland) fonctionne sans le moindre travers. Il y a dans son cœur du Steamboy pour l’intro, de l’émotion digne du géant de fer, un sens de l’aventure et du grand spectacle que l’on peut rattacher sans mal aux indestructibles. Mais, il y a surtout du cœur et c’est ce qui fait la solidité du film. George Clooney en vieux briscard est excellent et drôle comme on s’y attend. C’est une rolls après tout. Hugh Laurie est le salaud que l’on adore détester et Britt Robertson est toujours aussi touchante. Mais la vraie surprise de A la poursuite de demain ( Tomorrowland) est Athena ( Raffey Cassidy) le lien entre le passé de Tomorrowland et son espoir de futur via les nouveaux et anciens héros qu’elle ramène avec elle. La définir serait difficile sans trop en dire, mais si l’on devait juste donner une âme a A la poursuite de demain ( Tomorrowland), elle aurait son visage. Via ce personnage, Brad Bird crée une héroïne vraiment particulière, héroïque au-delà de toute attente, badass comme on ne le penserait pas et pourtant capable de vous faire verser une larme le moment venu. Via ce personnage Brad Bird se permet toutes les excentricités que le statut d’Athena lui permet d’achever sans craindre la foudre de la censure.

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Et cela nous emmène alors vers l’autre véritable force de A la poursuite de demain ( Tomorrowland) son envie simple et quasi parfaite de vendre du rêve. Du début à la fin, le film de Brad Bird est une grande aventure dans les règles de l’art jetant les bases d’un univers plus large tout comme celle d’une mythologie où l’on prendrait plaisir à revenir. Et ce, sous quelques formes que cela soit. A la poursuite de demain ( Tomorrowland) est un de ces récits qui s’amuse à sauter d’un genre à l’autre en retombant bien souvent sur ses pattes. Utilisant le décorum d’un blockbuster pour faire passer un message écolo simple, mais efficace, le film de Brad Bird pourra être taxé de naïf par certains, c’est un risque. Voir même une possibilité que j’avoue avoir un peu de mal à comprendre. A la poursuite de demain ( Tomorrowland) est une invitation au rêve enveloppé dans un paquet-cadeau 4 étoiles, du script classique par endroits et magique le reste du temps. Du cast parfait et surtout la révélation du film ( Raffey Cassidy), il faut reconnaître qu’après certain blockbuster a succès sans âmes, Disney offre aux spectateurs quelque chose de diamétralement différent. Mais avec Brad Bird aux commandes difficile de ne pas se dire que dès le début le navire et les spectateurs étaient entre de bonnes mains. C’est le cas, Je range le film à égalité avec le géant de fer. Un vrai plaisir de cinéma.

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[Critique] Un peu, beaucoup,aveuglement- Critique du film

Lui est inventeur de casse-têtes. Investi corps et âme dans son travail, il ne peut se concentrer que dans le silence. Elle est une pianiste accomplie et ne peut vivre sans musique. Elle doit préparer un concours qui pourrait changer sa vie. Ils vont devoir cohabiter sans se voir…

Il n’est jamais véritablement évident quand on s’aventure dans le domaine de la comédie romantique d’innover. C’est un domaine piège souffrant d’un point récurent…les gens savent à quoi s’attendre. Enfin du moins dans le cas de la majeure partie des comédies romantiques. Les bonnes allons nous dire. Du coup quand on voit un acteur débuter son passage à la réalisation en se lançant là dedans, on a en premier lieu un doute. Mais là encore, je me permets de rappeler qu’Edward Norton avait fait de même là où l’on ne l’attendait pas et que le résultat avait été très bon. Il en va de même avec Clovis Cornillac pour son premier film « Un peu, beaucoup, aveuglément »

« Un peu, beaucoup, aveuglément » est certes classique dans sa narration, on ne va pas se mentir. Oui dans ses 20 eres minutes tout n’est pas parfait en termes de réalisation. Mais soudain d’un coup tout cela s’envole derrière le plaisir que l’on prend à s’investir dans cette petite histoire et vivre ces petites tranches de vie. C’est sur ce point précis que Clovis Cornillac se rattrape intelligemment, il donne à son film un supplément d’âme « salvateur » en mixant le respect des codes de la comédie romantique ( ne jamais négliger les seconds rôles) et en y ajoutant par instant des élans très « théâtre » qui donne d’ailleurs naissance à l’une des plus belles scènes du film…un diner en aveugle chacun dans un appartement. « Un peu, beaucoup, aveuglément » prend son temps pour installer les personnages et développe tranquillement l’univers qui est le leur. La chose primordiale d’une comédie romantique est aussi la plus évidente, sans un coup dans lequel on se retrouve ou que l’on prend plaisir à suivre dans les péripéties les plus folles, il n’y aura jamais rien. Cela sera de l’amour platonique et dans une comédie romantique ce sentiment n’a pas sa place entre le film…et le spectateur.

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Mélanie Bernier et Clovis Cornillac représentent parfaitement les types de personnages que l’on aime suivre dans ce genre de films, l’ours et la princesse timide. Mais là où Clovis Cornillac s’amuse à changer un peu la donne est dans la façon dont il imbrique l’univers de Mélanie Bernier et son personnage dans le sien. La douceur et la poésie timide la caractérisant se heurtent à l’apparente dureté de son personnage. Tout n’est qu’apparence et façade, mais l’un dans l’autre, l’association des tempéraments finit par faire fondre la glace. Le feeling passe entre les deux à merveille…même si pendant un énorme laps de temps…ils ne se voient pas. Mélanie Bernier en pianiste aussi talentueuse dans son art que socialement inadapté dans la vie de tous les jours est terriblement craquante. Et c’est le prérequis de base pour l’actrice principale d’une comédie romantique, on doit aimer ses défauts, supporter son indécision et au moment de l’addition se dire que la somme des deux n’enlève rien au plaisir que l’on a eu à la suivre pendant le film. Tout est question d’alchimie et surtout d’équilibre. La vraie belle chose de « Un peu, beaucoup, aveuglément » est que Clovis Cornillac ne tire jamais la couverture à lui comme acteur. Il donne au contraire beaucoup de places aux seconds rôles du film pour exister. Et c’est son coup de génie.

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Car de ce fait Lilou Fogli et Philippe Duquesne existent à égalité avec les rôles principaux. Il y a dans le jeu de ces deux personnages un je ne sais quoi de comédie anglaise. C’est d’ailleurs un peu ce feeling qui ressort de « Un peu, beaucoup, aveuglément », Clovis Cornillac avec ce film ne réinvente pas la roue, mais il se permet de tracer sa route en imprimant à l’histoire une âme et surtout une finesse qui fait du bien. « Un peu, beaucoup, aveuglément » est un petit ovni dans le paysage des comédies françaises, ce n’est pas vulgaire, c’est fin, drôle et attachant, cela privilégie les personnages avant la gloriole perso et au final on en ressort avec un grand sourire. Le genre de ceux qui se collent sur notre visage peu après le début du film et ne nous lâchent pas en cours de route. Je n’attendais rien du film et j’en suis reparti sous le charme. Bien jouer monsieur Cornillac.

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[Critique] Libre et assoupi- Benjamin Guedj- Critique du film

Sébastien n’a qu’une ambition dans la vie : ne rien faire. Son horizon, c’est son canapé. Sa vie il ne veut pas la vivre mais la contempler. Mais aujourd’hui, si tu ne fais rien… Tu n’es rien. Alors poussé par ses deux colocs, qui enchaînent stages et petits boulots, la décidée Anna et le pas tout à fait décidé Bruno, Sébastien va devoir faire … Un peu.

Libre et assoupi est un petit ovni, cela à la couleur d’un film français, mais la saveur et le fond d’un film à l’anglaise. J’entends par là, le genre de film où le fond réussit à prendre le pas sur la forme et chopper là où il faut en bout de course. Sur le fond on pourrait ne voir qu’une comédie sur un jeune enfulte ( merci les robins des bois) et pourtant là n’est pas le cœur du film. Benjamin Guedj réussit à créer un petit film au demeurant fragile, mais qui de par ce statut tire pourtant une force toute particulière. Pourquoi ? Peut-être pour la simple et bonne raison qu’il prend le parti de sortir du sentier dans lequel évolue le spectateur. Libre et assoupi est à plus d’une occasion déstabilisant, car l’ensemble de ces petits rien formant les journées des héros, ce quotidien qu’il ou ils se construisent pour échapper au monde à leur peur ou à je ne sais quoi d’autres, pourra énerver, laisser indifférent. Mais l’assemblage de ces petites choses fonctionne sur la longueur. La mise en scène de Benjamin Guedj, tout comme la parfaite osmose du trio menant l’histoire donne à cette dernière une puissance de frappe singulière.

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On a tous eu une part de branleur indécis en nous. À un moment, celle-ci se résorbe pour faire place à celui qui dormait sous l’armure de protection. Parfois c’est rapide et chez d’autres ; c’est un processus incroyablement long. Le tout pavé d’erreurs, de conneries que l’on regrette et d’actes qui sur le coup nous paraissent comme les pires du monde et pourtant d’une certaine façon, c’est au travers de ces derniers que l’on se construit. Le film de trentenaire ou pré trentenaire est souvent régit par des codes américains plus qu’européen dans la façon d’aborder les craintes de cette nouvelle génération. La mise en image se réduisant malheureusement à des facs similés de clips dignes d’un soap us. Un problème que Benjamin Guedj évite et balaye assez vite pour placer sa vision du monde de ses héros loin de nos attentes et plus proche d’une réalité qui joue intelligemment dans l’empathie qui se noue avec le trio. Baptiste Lecaplain, Charlotte le bon et Félix Moati… 3 noms, 3 styles de jeux et une seul et même finalité en bout de course, celle de tirer à différents la corde sensible du spectateur. La force du film est de toujours savoir tordre de façon sournoise les codes et attentes pour diriger le spectateur vers une surprise. Le quotidien de ces 3 colocs est l’autoroute express que l’on emprunte tous plus ou moins de façons journalières. Et chacun d’entre eux possède son emplacement dans le peloton. Charlotte leBon est sur la voie express, elle mord la vie et trace sa route vers un point donné, Felix Moati se faufile péniblement entre les voitures en crevant une fois sur deux et Baptiste Lecaplain regarde le spectacle depuis la voie d’urgence en mangeant des pépitos…

Il existe 1001 façons de lire, voir ou interpréter le film. Tout dépend du point de vue que l’on choisira de prendre et de quel acteur on finira par se sentir le plus proche. Le film se lit comme le parcours/évolution d’un homme ayant peur de tout aussi bien que le constat d’une génération qui a du mal à se placer dans un monde qui la dépasse. Trouver une voie, un job, une identité dans un monde que l’on rejette à bras le corps…le challenge est grand comme la distance séparant l’adolescence de l’âge adulte. C’est d’ailleurs au travers des épreuves qui parsèment cette zone que les 3 acteurs du film donnent la pleine mesure de leurs talents. Baptiste Lecaplain surprend en livrant une performance loin de ce que l’on attendait de lui. Très proche de Hugh Grant dans « About a boy », il offre une finesse de jeu à son personnage énorme, à la fois drôle et touchant aussi bien qu’exaspérant, il est à l’image de nos faiblesses. Un monsieur tout le monde qui ne trouve pas sa place et à peur de jouer des coudes pour se la faire au soleil. Dit comme cela, la chose est simpliste, mais c’est en regardant l’évolution du personnage d’un bout à l’autre qu’on voit à quel point les marches qu’il franchit ressemblent à des épreuves qu’on a tous eu. Le vrai truc est de les rendre universel au-delà des séquences attendues. Les détails, les petits riens, Baptiste Lecaplain joue la retenue et cela paye. Un challenge pour une pile électrique comme lui. Son personnage est une sorte de miroir des imperfections que l’on peut tous avoir et des forces que l’on n’ose pas forcément utiliser pour avancer. Loin de n’être qu’un comique comme on pourrait le penser à tort, Baptise Lecaplain montre ici qu’il en a encore beaucoup sous le capot.

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Tout comme Felix Moati, , le sidekick qui court lui aussi après une vie ou une fille qui n’est pas pour lui. Se contenter de peu en attendant mieux, il le reproche au personnage de Baptiste Lecaplain, mais s’enferme lui aussi dans les mêmes travers sans pourtant vraiment lutter. Complémentaire de Lecaplain, Félix Moati est un des paliers électrochocs de l’histoire. Acteur de son histoire et pièce maîtresse de l’évolution de son ami, les imbrications entre les deux histoires que l’on prenait jusque-là pour des séquences un peu futiles montrent un tout autre visage. D’une zone à l’autre, le combat des personnages contre eux-mêmes et la vie qu’ils se créent en mal ou en bien explose de par la finesse de jeu des acteurs et Félix Moati n’est pas en reste. Mais la plus belle surprise est Charlotte Lebon, qui loin de n’être qu’une miss météo explose littéralement au travers de son personnage. On a tous eu dans son parcours de vie une femme, la femme. Celle qui laisse une trace. Le genre qui bien souvent est marqué de regrets et dont on se souvient, car l’on n’a pas fait ou dit ce qu’il fallait au bon moment. Ici cette femme c’est elle et tout comme ces acolytes, elle démontre une puissance de jeu et une force inattendue. Partie prenante dans la scène pivot du dernier acte, Charlotte Lebon montre en une séquence qu’il faudra désormais compter sur elle pour plus que de la simple comédie. Son personnage est le lièvre après qui tout le monde court à tort ou à raison en croyant qu’il symbolise la ligne d’arrivée…alors que bien souvent ce n’est que le départ d’autres choses.

Libre et assoupi c’est un peu cela et encore pleins d’autres choses à la fois. Une vision d’auteur sur le plus grand fait d’hivers encore en action au jour le jour, celui de grandir. Cela se fait bien souvent avec de la casse et il n’y a pas que des vainqueurs, mais aussi des victimes qui en ressortent. La question est de savoir si avec le recul la première des victimes n’était pas soi-même ? Prisonnier d’une attitude nous faisant autant souffrir que ceux nous entourant. Grandir, c’est apprendre à affronter les éléments debout. Le faire depuis un lit est une chose, mais le faire debout amène une autre perspective, celle de l’horizon et de la vie qui nous attend et parfois c’est fou ce que cela peut tout changer. Fin, émouvant, mise en scène avec une élégance rafraichissante et portée par un casting 3 étoiles, libre et assoupi est définitivement une belle surprise. Un vrai film d’auteur mêlant comédie  et émotions sans jamais perdre le public en route. À voir !

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[Critique] Justice League War- Critique du film

Justice League War est un cas de figure assez paradoxale. Pris au premier degré le film d’animation de Warner avait tout pour plaire. Mais une fois la découverte de ce bébé loin derrière nous, il faut bien se rendre à l’évidence que cette adaptation du comics découlant de l’univers New52 n’est pas concluante du tout. Beaucoup trop courte dans sa durée pour développer un univers cohérent avec autant de héros aussi divers, Justice League War finit tout simplement par exploser en plein vol pour livrer un spectacle au demeurant déprimant. Comment être tolérant devant un gâchis pareil. DC n’occupant pas le terrain des salles et le laissant ainsi libre de toutes concurrences pour Marvel, se retrouve a faire dans l’animation de seconde zone en créant son univers via le domaine de l’animation…ce qui en soit est triste vu que le résultat ne suit pas une seule seconde. Prendre Darkseid comme méchant et ne strictement rien faire pour lui donner de l’épaisseur montre le peu de foi que les producteurs affichent dans le projet. Mais cela n’est rien en comparaison de la mise en avant chaotique des personnages de la Justice League. Le développement des personnages s’évapore au profit d’interminables séquences de batailles qui les unes à la suite des autres provoquent un ennui de plus en plus profond chez le spectateur. Pour que l’on puisse en sortir, il aurait encore fallu que le scénario suive et là autant être honnête ce n’est pas le cas.

Mettre dans un seul et unique film autant de héros et faire que la durée d’exposition n’atteigne même pas les 1h30 était comme annoncer la défaite avant même le début du combat. Expurgé de la moindre chance d’approfondir leur background, chacun des membres de la Justice League se retrouve mis en avant de façon totalement artificielle. Tout va a 200 km/h, rien ne se met en place de façon fluide. Le spectateur est pris au milieu d’une pluie d’uppercut narratifs dont le but est de le mettre KO pour éviter de penser à autre chose. Le film fait du fan service frénétique et enchaîne l’action à tout va au détriment d’autres choses. Amusant un court instant et vite frustrant à la longue on finit par se poser l’intérêt de l’utilité de cette production. Alors que Marvel occupe le grand écran avec succès, DC se retrouve à devoir prendre d’assaut le terrain du petit écran pour continuer d’exister. En soi cela n’a rien d’horrible, mais encore aurait-il fallu que la production y mette du cœur à l’ouvrage. Ce n’est pas le cas une seule seconde et le résultat en bout de course peine à satisfaire au-delà des rangs des fans de la première heure qui connaissant le comics d’origine et l’histoire des héros combleront d’eux-mêmes les manques. Malheureusement, les autres se retrouveront face à un mur d’incompréhension et de lassitude. Justice League War sur le papier avait tout pour au minimum être distrayant et ouvrir la porte a une série d’adaptations sur petit écran jouissive. C’est au final un immense bordel fait à la va-vite pour exister face à la main mise Marvel globale. Difficile de cacher une certaine déception. Il existe pire, mais aussi tellement mieux. Cela ne laisse pas franchement présager de grand-chose de passionnant pour l’avenir de DC dans le domaine de l’animation. En espérant me tromper…wait and see.

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[Critique] Monuments Men- George Clooney- Critique du film

La plus grande chasse au trésor du XXe siècle est une histoire vraie. MONUMENTS MEN est inspiré de ce qui s’est réellement passé.En pleine Seconde Guerre mondiale, sept hommes qui sont tout sauf des soldats – des directeurs et des conservateurs de musées, des artistes, des architectes, et des historiens d’art – se jettent au cœur du conflit pour aller sauver des œuvres d’art volées par les nazis et les restituer à leurs propriétaires légitimes. Mais ces trésors sont cachés en plein territoire ennemi, et leurs chances de réussir sont infimes. Pour tenter d’empêcher la destruction de mille ans d’art et de culture, ces Monuments Men vont se lancer dans une incroyable course contre la montre, en risquant leur vie pour protéger et défendre les plus précieux trésors artistiques de l’humanité…

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Pris au milieu des autres films de guerres se passant pendant la Seconde Guerre mondiale, le film de George Clooney « Monuments Men » part avec un désavantage, ce n’est pas vraiment un film « typique de guerre » , la mécanique est différente, l’approche des personnages sur le conflit aussi et surtout les enjeux qu’ils cherchent à voir se concrétiser. En témoigne les nombreuses prises de becs entre les hommes de l’armée de terrain et cette bandes d’ovnis que beaucoup considèrent au mieux comme des intrus/ovnis ou au pire de la viande à canon qui se fera tuer avant même que l’on est fini de bailler. Pris dans l’ensemble de ce gigantesque bordel qu’était la Seconde Guerre mondiale, il est donc vrai que la place de ces hommes n’a rien de commune ou classique. Difficile du coup d’essayer de la mettre dans une boite et de l’étiqueter en fonction des attentes du public. Clooney ne le cherche pas et au contraire ne ment pas sur la marchandise, on est face de personne qui ne sont pas faits pour cette guerre, ni pour survivre au terrain sur lequel elle se déroule et dès que cette notion est prise en compte on rentre en partie dans le ton assez particulier du film. À mi-chemin entre la comédie et le vrai faux film à l’ancienne, Monuments Men s’amuse à jouer des codes ou attentes pour offrir une vision très particulière de l’histoire. Celle qui s’est faite en marge de l’officiel ayant droit de citer dans les livres d’histoires. Est-ce que tout le monde se foutait de l’art à l’époque ? Peut-être pas, mais ce n’était pas la priorité et c’est via cette réalité toute simple, celle d’avoir une mission capitale dont tout le monde se fout que Clooney tente de dresser le portrait d’homme ayant pris le parti de rendre possible l’impossible.

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La chose qui déstabilisera à tort où à raison est que sans jamais pour autant se départir de sa ligne de conduite, le film évolue sans cesse tout comme les personnages qui le composent. Partant d’un point précis presque établi et attendu, il refuse de se laisser trop aller dans une certaine forme de facilité narrative. Partie d’échecs entre un ennemi invisible « Hitler » et une bande de chevaliers pour le moins mal foutu, Monuments Men ne cesse de retourner les cartes, laissant lentement prendre conscience à son équipe de l’énormité de la situation les attendant ainsi que de l’impact que cela peut avoir sur son approche du monde. L’art est l’histoire de l’homme et sans elle, ce sont des pans entiers de l’humanité, de ses croyances et évolutions qui tomberaient dans l’oubli. Les Monuments Men de Clooney mis au pied de ce challenge improbable ne se dressent pas forcément en héros classique, ce sont au contraire des antihéros. Des fourmis au service d’une cause qui les dépasse et comme dans une fourmilière, ils font tout pour que l’ensemble de l’édifice continue d’exister, même si parfois cela consiste à agir de façon impulsive, à fauter et à se tromper pour mieux se relever ensuite. Là où l’on attendait des portraits ultras définis et classiques de personnages dits de film de guerre, Clooney nous offre une équipe d’êtres humains qui d’un point à l’autre de l’Europe évoluent et reconstruisent leur illusions perdues au gré des aventures bonnes ou mauvaises et rencontres bénéfiques comme destructrices.

Il n’y a pas de vrai héros au sens hollywoodien du terme en bout de course. Ce sont des messieurs tout le monde se débattant pour que ce qui les animent « la passion pour l’art » continue d’avoir une chance d’exister au sein d’un monde qui à l’époque flirtait avec sa perte. Doté d’un ton pour le moins déroutant, Monuments Men mélange les genres, flirte avec les attentes des fans de films de guerre pour aussi vite s’en éloigner et livrer un film presque parfois intimiste et minimaliste. Une approche pas forcément négative, car servant l’envie de montrer cette seconde guerre mondiale sur les voies de campagnes. Celle qui en dehors des grands faits connus a modelé une partie de l’humanité que nous vivons aujourd’hui. Film de « guerre complémentaire », Monuments Men place sur le devant de la scène cette guerre de l’ombre qui se déroula en fin de course. Des enjeux que l’on oublie aujourd’hui tout comme ses acteurs, mais qui n’en restent pas moins monumentaux. Clooney signe ici avec Monuments Men un film qui divisera, mais qui ne se départit pour autant jamais de son charme si particulier. Un artifice parfait pour ce film qui parle de comment des hommes ont risqué leur vie pour que la notion même d’art fasse encore parti de notre histoire. Le tout via un hommage dans une œuvre artistique peu commune et qui aborde le genre différemment. L’art évolue tout comme la perception du spectateur sur ce dernier et quoi de mieux qu’un film pour capturer le passé et le présent de ces évolutions ou transformations. Une jolie surprise.

Matt Damon;Bill Murray;John Goodman;Jean Dujardin;Hugh Bonneville;Bob Balabanhttp://lejournaldessorties.com/wp-admin/post-new.php

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[Critique] Wrong- Quentin Dupieux- Critique du film

Dolph a perdu son chien, Paul.Le mystérieux Master Chang pourrait en être la cause. Le détective Ronnie, la solution.Emma, la vendeuse de pizzas, serait un remède, et son jardinier, une diversion?Ou le contraire. Car Paul est parti, et Dolph a perdu la tête.

Entrer dans l’univers de Quentin Dupieux est pour le moins particulier. C’était pour moi le premier voyage que je faisais avec ce film « Wrong », premier trip diront certains, car au final, le film en a tous les symptômes et alors que je m’attendais à ce que la sensation de rejet soit la plus complète, c’est au final le contraire qui se produit. Oui « Wrong » n’est pas vraiment tout public, absurde, dopé au non-sens et complètement abscons a plus d’un point, le film développe pourtant une poésie surréaliste assez particulière. D’une certaine façon Dupieux me fait penser a Bunuel. Nous sommes face à un artiste qui est tout simplement tellement perché loin, si loin que le reste des essais narratifs fait par ses contemporains semble si distant…que toute forme de comparaison est un peu inutile. Oui Dupieux est un Ovni, son cinéma aussi et il le vit très bien. C’est donc au public de se faire une raison, de laisser ses a priori aux vestiaires et de s’engager dans cette 4e dimension pour le moins hallucinante.

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William Fichtner est un homme connu aussi bien pour ses seconds rôles et que ses apparitions Tv dernièrement. Mais dans l’inconscient collectif, sa participation à la série Prison Break reste marquée au fer rouge dans l’esprit des téléphages, ce qui rend son apparition en Mr Chang ( personnage névralgique du film…) encore plus hallucinante. Imaginer un court instant un gourou parlant avec un accent mi chinois, mi-écossais, mais en étant blanc et qui prône un retour aux valeurs de l’amour pour son chien. Le tout en élaborant les stratagèmes les plus tordus pour s’assurer que cela fonctionne…Ça y est, vous avez à peu près une idée? Très bien, car au final vous pouvez la ranger dans un coin ou vous assoir dessus. Fichtner sous la plume et la caméra de Dupieux amène le film et son récit pour le moins surprenant à un niveau de comédie assez fou. En choisissant un postulat de départ au final simpliste « la relation entre un homme et son chien et la solitude qui va avec », Dupieux ancre son film dans un réalisme passif assez universel. Tout le monde se reconnaîtra dans le personnage de Dolph et sa vie pourrie a plus ou moins un ou plusieurs niveaux. Le réalisme de l’ensemble ouvre un boulevard au placement de la comédie et décuple le potentiel de cette dernière.

Comédie le mot est lâché et pas qu’un peu. Un peu comme une bête féroce soudainement mise sous acide, l’humour de Quentin Dupieux se désolidarise de la meute pour explorer la cartographie du rire par lui même. Il se balade, tente des chemins frôlant la qualification de hors-piste absolue, n’hésite pas à se mettre en danger en termes narratifs et tente à peu près tout ce que les autres réalisateurs n’oseraient pas faire dans une comédie du même type. C’est dans sa différence que réside l’essence de son style et il dispense ce dernier avec parcimonie sur un panel d’acteurs totalement apte à le recevoir, supporter et l’amplifier. Au-delà du héros principal juste barré et contemplatif dans l’amas de galères lui tombant dessus ( il est une variation du spectateur ne comprenant plus du tout ce qui se passe…) on ne peut que se réjouir de voir Eric Judor une fois de plus s’enfoncer lui aussi vers autre chose. Identique a Dupieux sur le fond et dans sa recherche continue d’un ailleur novateur dans l’humour ( Platane en témoigne…), il touche ici du doigt l’essence même du non-sens dans le rôle de ce jardinier absolument ailleurs. Chose qui au finish colle plutôt bien avec l’esprit du film.

D’ailleurs, définir ce dernier est assez particulier. On a l’impression pour être totalement honnête de tomber dans un épisode de la 4e dimension où le spectateur retrouve son esprit projeté dans le corps de l’acteur principal. Il voit au travers de ses yeux, comprend via son cerveau le peu qu’il arrive à comprendre et s’inquiète de justement être totalement à la masse pour le reste. Ce jusqu’à l’instant T où l’on se dit que ce chien et le lien émotionnel que le héros possède avec lui pourraient être la seule et unique chose nous permettant de revenir sans encombre vers un semblant de normalité. Du coup on se raccroche à cela et l’on donne toute l’énergie que l’on a pour s’accrocher. Travail d’équipe et immersion participative, Wrong est simpliste en surface et de plus en plus tordue au fur et à mesure que l’on s’enfonce dans les méandres de sa non-histoire « apparente ». C’est là-dessus que se construit vraiment le sel de l’expérience Dupieux. Premier pas dans son univers et sûrement pas le dernier ( même si ce n’était pas gagné au départ), Wrong fait partie de cette gamme de films qui assument du début à la fin, le fait d’être un énorme trip. Mais pas un de ceux que l’on qualifie de vains ( enfin, cela dépendra des goûts), car Quentin Dupieux fort d’un univers très particulier et d’une identité visuelle forte fait en sorte que son film ne s’écroule jamais en pleine course. Ce n’était pas gagné d’avance, mais pourtant c’est bel et bien le cas. Alors après la chirurgie plastique, le pneu serial killer et l’homme ayant perdu son chien, je me demande où va partir l’esprit malade de Quentin Dupieux pour son prochain film. Quelle que soit la destination, il m’a convaincu de prendre un ticket pour la suite. Chapeau Bas je n’y croyais pas.

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[Critique] Carrie, la vengeance- Kimberly pierce- Critique du film

Timide et surprotégée par sa mère très pieuse, Carrie est une lycéenne rejetée par ses camarades. Le soir du bal de fin d’année, elle subit une sale blague de trop. Carrie déchaîne alors de terrifiants pouvoirs surnaturels auxquels personne n’échappera…

L’ennui de nos jours avec les remakes et reboots des films d’horreur reste qu’ils se heurtent bien souvent au sacro-saint PG13. Ce qui pousse ses productions à distiller une peur au rabais ou à être soi-disant terrifiant, sans pour jamais autant touché à la quintessence de cet état d’esprit physique ou psychologique. Jouant sur les deux tableaux, du moins essayant, le film de Kimberly Pierce et bien que se payant un très bon casting avec Chloë Grace Moretz et Julianne Moore ne fait malheureusement rien de bien nouveau dans le domaine. En effet, le film ne cherche pas à innover, il update, celui de de Palma en montrant peut-être une forme de perversion encore plus grande de la part des adolescents de notre époque, mais au-delà de ces choix, ce qui pouvait surprendre à l’époque de De Palma, peinent à y réussir de nos jours. Chloë Grace Moretz que l’on a connu plus inspiré dans ses choix n’est pas forcément mise en valeur par le biais du montage définitif du film. Voir même tout simplement par le scénario. Cas de figure au demeurant assez agaçant de ces films avec un casting parfait, mais qui finissent par donner l’impression d’en faire n’importe quoi. Remontage de dernières minutes ? Incompétences sur le plateau ? Les possibilités sont multiples, le résultat de son côté n’est ni tragique ni merveilleux, pire, il est juste inodore.

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L’aseptisation de l’horreur par Hollywood est le mal du siècle. Rare sont les incursions dans ce domaine qui se solde par des réussites, à force de reformater les contours de ce terrain Hollywood a fini par clairement aseptiser tous les esprits des spectateurs se trouvant dans la cible d’âge. Carrie n’échappera pas à la règle. Brassant des thèmes multiples, les relations mères-fille, la vie sociale, les brimades entre ados dans le cursus scolaire, la découverte de ce qu’est la féminité…et j’en passe, sans pour autant ne jamais approfondir suffisamment pour capturer le public. Chloë Grace Moretz livre une performance loin des standards que l’on pouvait attendre venant d’elle. La faute à un scénario qui ne se prive pas d’alourdir les évidences et de lui savonner la planche quant à la mise en avant une fois dans les mains de la réalisatrice. Chloë Grace Moretz cabotine, voilà ce que l’on pourrait être en passe de dire en découvrant son jeu, si ce n’était pour tout de suite remettre en perspective cette accusation face à la performance de Julianne Moore. Festival permanent entre les deux actrices qui se tirent gentiment la bourre pour en faire des caisses. Du coup et ce même si la relation amour/haine édifiante entre ces deux femmes a du potentiel, on finit très vite par décrocher et l’on se contente de regarder jusqu’au final que l’on s’imagine apocalyptique…et encore une fois la déception est de mise. La montée en « puissance » de l’histoire amène jusqu’à ce mythique bal de promo, séquence où les enfers se déchainent via une Carrie folle de rage…mais là encore l’update de la mythique séquence via un torrent de sfx qui n’amènent rien finit de tuer la crédibilité de cette production qui en manquait déjà beaucoup.

Chloë Grace Moretz victime non consentante du manque de « folie » de la réalisatrice se retrouve dans une séquence frôlant en permanence le ridicule. Les effets spéciaux apparaissant comme un cache-misère soi-disant propagateur d’instants de terreurs et de cris dans le public. La vérité est que dans tous ces domaines le film est encore moins drôle, terrifiant ou surprenant que la plus faible des scènes de morts du plus mauvais des Destination finale pour donner un point de comparaison ( le 5 pouvant servir de maître étalon). On éprouve au final un peu de la peine teinté d’un rire pour le moins cynique envers Chloë Grace Moretz qui donne tout ce qu’elle a pour offrir une consistance a son personnage, mais rien n’y fait, la scène et elle y compris n’engendre qu’une série de rires discrets. Ce qui est triste vu le talent de l’actrice. Au final, « Carrie, la vengeance » version 2013 est un produit bâtard, marchant dans l’ombre de son aînée sans jamais la mettre en péril. Un produit à l’image de ce qu’Hollywood ressent pour le domaine de l’horreur. Un produit cheap que l’on ingurgite comme de la Junk Food et dont il faut mieux éviter de regarder les éléments de fabrications trop en détail. Sans grands intérêts…

Critiques de films

[Critique] Arthur Newman- Dante Ariola- Critique du film

Wallace Avery ne supporte plus sa vie. Divorcé et insatisfait en amour, il a même laissé la distance s’installer entre lui et son fils. Il opte alors pour une solution radicale : il met en scène sa propre mort, s’achète une nouvelle identité – Arthur Newman – et met le cap sur son paradis personnel – Terre Haute dans l’Indiana – où il espère pouvoir devenir golfeur professionnel. Car pour avoir droit à une deuxième chance, Wallace estime qu’il lui faut se glisser dans la peau de quelqu’un d’autre. Mais ses plans sont remis en question quand il croise la route de Michaela Fitzgerald qu’il découvre sans connaissance au bord de la piscine d’un motel. Tandis qu’elle met deux heures à comprendre qui se cache derrière «Arthur Newman», il faut bien plus de temps à Wallace pour percer à jour la véritable identité de la jeune femme… Peu à peu, ces deux êtres qui tentent désespérément de changer d’identité s’accepteront tels qu’ils sont et s’éprendront l’un de l’autre…

Il n’est pas toujours simple de réussir à faire en sorte d’innover avec certains sujets. Le road trip mettant en scène un héros cherchant un sens à sa vie a déjà été fait dans tous les sens. La vérité est que « Arthur Newman » dans son genre ne révolutionne pas vraiment la donne. Est-ce que cela l’empêche pour autant d’être agréable? Pas une seconde, mais il est vrai que succès temporaire, repose principalement sur les épaules des deux comédiens Colin Firth et Emily Blunt qui ici réussissent à créer un duo pour le moins attachant. Mettant en place une trame narrative pour le moins classique, Arthur Newman prend son temps pour installer un univers en perpétuelle reconstruction. Un peu à l’image de son héros, l’espace qui gravite autour de lui est en mouvement continu. D’une rencontre à l’autre, il module sa vie, oublie son passé et s’oublie dans les « chaussures » de quelqu’un d’autre. Tracer la route jusqu’à retrouver la sienne. Un chemin de croix qui parfois croise celui de l’amour sans lendemain. Évitant de tomber dans la love story classique Arthur Newman dresse le portrait de deux personnes à la dérive qui puisent chacun dans les faiblesses de l’autre pour les transformer en force et essayer de se dépasser.

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Duo de cinéma parfait Colin Firth et Emily Blunt donne a ce road movie, une touche de mélancolie pour le moins particulière. Abimé par la vie Colin Firth trouve dans le personnage d’Emily Blunt un écho salvateur lui permettant d’aller de l’avant. Un peu à l’image de sur la route de Madison de Clint Eastwood, ce Arthur Newman, joue la carte d’un romantisme dit réaliste. La chose est surprenante dans notre petit paysage cinématographique qui a une forte tendance à préférer la simplicité narrative. Ce n’est pas le cas ici. Imparfait, menteur, roublard et pourtant totalement attachant, les personnages principaux de cette histoire tracent la route et nous emmènent avec eux dans une spirale de mensonge qui a au final quelque chose de rafraichissant. S’évader de sa vie, disparaître dans celle d’un ou d’une autre…la chose a quelque chose de tentant dans le fond, mais l’on sait bien qu’à la différence des personnages de cinéma qui sont ici, nous ne ferons jamais le grand saut. C’est donc un peu pour cela qu’au final Arthur Newman et Colin Firth par ricochet font office de placebo. Sorte de monsieur tout le monde en qui l’on se reconnaît facilement, on se glisse dans ses chaussures un peu de la même façon que lui vole celles de ses « victimes ». Entrée par effraction dans la vie d’autrui. Après tout, le cinéma le fait bien depuis des années, pourquoi ne pas lui rendre la monnaie de sa pièce?

Mais malheureusement au-delà de son casting parfait, Arthur Newman souffre aussi de quelques problèmes de rythmes qui avec le temps deviennent quelque peu ennuyeux. De mélancolique et lancinant au début, le tempo pourra pour certains devenir quelque peu soporifique. Le genre de cas de figure qui laisse les spectateurs sur le bord de la route. S’ajoute à cela le fait que l’histoire en elle-même flirtant plus avec le film d’auteur « presque profond » et pas vraiment le grand public, il y aura forcément de la casse. Essai plus ou moins différent pour sortir du rang, Arthur Newman n’aura pas forcément de quoi faire frémir le public, mais le charme subtil d’Emily Blunt saura sûrement convaincre les quelques récalcitrants. À essayer malgré tout…