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Une suite qui dérange : le temps de l’action, le film de trop?

L’ex vice-président Al Gore poursuit infatigablement son combat en voyageant autour du monde pour former une armée de défenseurs du climat et exercer son influence sur la politique climatique internationale. Les caméras le suivent en coulisse, saisissent des moments publics et privés, drôles et émouvants : alors que les enjeux n’ont jamais été aussi importants, il défend l’idée que les périls du changement climatique peuvent être surmontés par l’ingéniosité et la passion des hommes.

Une suite qui dérange : le temps de l’action est un film réalisé par Bonni Cohen et Jon Shenk suite du film une vérité qui dérange. Une œuvre qui avait réussi à attirer pas mal de critiques sur Al Gore, mais aussi a servir à certains pour prendre conscience des choses à faire. Peut-on du coup reprocher complètement à Al Gore d’avoir utilisé à son avantage les armes médiatiques pour faire avancer sa cause ? J’ai envie de dire non. Cela ne se fait jamais sans heurts et l’on peut dire qu’à l’époque de la sortie et aujourd’hui encore il en a pris en long en large et en travers dans les dents. Parfois à tort, parfois avec raison. Et voici que des années plus tard arrive Une suite qui dérange : le temps de l’action et le constat qui s’en dégage aussi bien au travers d’Al Gore que de ce qui se passe dans la vie courante est assez fataliste. Rien ne change. Et même Al Gore semble via ce film tomber dans une certaine forme de fatalisme, utilisant cette plateforme comme un étrange mélange de promotion personnelle et d’une dernière tentative de faire prendre conscience aux gens qu’il faut agir pour sauver ce qui peut encore l’être. Le mix de ces deux extrêmes ne prend pas forcément à merveille et donne du coup l’impression pour le moins bizarre d’un film qui par moment peine lui-même à croire dans la cause (noble) qu’il cherche à défendre. Et c’est le souci.

Est-ce qu’ Al Gore envisage ce film comme un testament médiatique indiquant une envie de passer le flambeau et de regarder ce qu’il arrivera ensuite ? Un peu. Est-ce que le film ne tombe pas dans certains travers de mise en scène un poil trop égocentriste ou mal venu ? Si l’on se réfère à tout ce passage sur les attentats de Paris se déroulant en même temps que la Cop 21 dans le film, il est logique de s’interroger. Al Gore et les réalisateurs du film pendant de longues minutes qui finissent par sembler durer une éternité font ce que l’on peut qualifier de sortie de route. Il comble du temps de film en bifurquant sur un autre sujet et en plaçant Al Gore dans une représentation assez malsaine prise le soir des attentats où il se met en scène présentant ses condoléances au nom des Américains pour les attentats. Le tout bien entendu filmé dans le cadre du film et c’est ici que se situe le vrai point de décrochage du film. La mise en scène de sa vie son œuvre, que l’on pouvait excuser avant (car malgré les hauts et les bas son combat est sincère) se heurte à un mur de mise en scène racoleuse à cet instant précis et surtout ce soir-là en plein Paris. En utilisant au final pour rien ces quelques minutes dans le seul but de se mettre en avant, Une suite qui dérange : le temps de l’action montre en quelque sorte qu’elle-même est consciente de n’avoir rien à dire. De n’être qu’un vague miroir qu’utilise désormais Al Gore pour faire encore briller son image. Il y a beaucoup de fatalisme dans l’intégralité du film et l’on peut comprendre ce point précis de l’état d’esprit d’Al Gore. Reste l’autre facette qui est moins pardonnable, celle de l’égocentrisme sous jacent qui englobe le film.

Malheureusement et c’est bien là le plus gros souci, Une suite qui dérange : le temps de l’action n’amène dans le fond si l’on enlève tout le focus sur Al Gore ma vie mon œuvre, pas grand-chose que l’on ne connaisse déjà. Et pire encore l’égocentrisme du monsieur, le pousse dans des sorties de route difficilement acceptable. Reste en bout de course, le regard fataliste d’un homme au bout de son combat et qui avec beaucoup d’amertumes essaye de se convaincre que sa lutte n’aura pas été vaine. Je ne le pense pas une seconde dans le fond, mais ne peux nier malgré tout que ce second film n’a pas la force du 1er. Le film de trop ? Peut-être…