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Spiderman Homecoming, nouveau reboot propre et carré.

Je sais qu’il est de bon ton de cracher sur tout film de Spiderman qui n’aurait pas été fait pas Sam Raimi, mais ce ne sera pas le cas ici. D’ailleurs autant être honnête, les comparaisons entre les deux films sont inutiles ou de mauvaise foi, tant ce Spiderman Homecoming n’a rien à voir avec ce qui a été fait avant. Appliquant des recettes prises aussi bien chez Marvel avec son MCU que dans le monde des comics qui s’auto reboot tous les 2 ans, ce nouveau Spiderman adopte un point de vue différent, celui de présenter un vrai ado, oui Spiderman Homecoming est un teen movie. Dans la bouche de certains, la chose a des relans d’insultes à l’intelligence mais ici cela sonne plutôt comme du fun aux kilomètres. Oui, ce film hybride de Sony et Marvel est diablement fun, rythmé et reboot avec talent le personnage de Peter Parker en lui rendant la légèreté qui lui manquait dans les précédents films. Chaque film avait ses qualités et ses défauts dans la vision de Peter Parker, mais en cherchant à viser volontairement plus adulte, les films de Raimi ou de Webb en finissait par devenir hermétique à un certain pan entier de ce qui faisait l’ADN du personnage. Oui, ce Spiderman Homecoming édulcore l’histoire de Peter Parker et la mixe plutôt habilement avec le MCU, même si les raisons animant l’équipe de Michael Keaton et la présence de Robert Downey Jr paraitront artificielles, elles n’enlèvent en rien au film sa force et la sympathie contagieuse qui s’en dégage tout du long. Oui, parfois cela fait un bien fou de voir un personnage de comics qui soit léger. Et Tom Holland apporte au rôle une énergie folle.

Spiderman dans le fond n’est rien d’autre que l’équivalent d’un Barry Allen/ Flash chez DC. Deux personnages qui cherchent leur place sans jamais se départir d’un humour et d’une naïveté parfois confondante. La mise en place de l’univers de Spiderman est au final moins anecdotique qu’on ne le pense. Marvel et Sony positionnant assez habilement aux 4 coins du Queens des menaces en devenir tout comme des alliés de poids dont on ne soupçonne pas la présence à la première écoute. Mais la vraie réussite capitale de ce SpiderMan Homecoming tient dans le casting de Tom Holland. John Watts voulait avec ce film se rapprocher d’un Ferris Bueller chez Marvel, sans la présence de Holland dans le rôle-titre et tout ce qu’il y apporte cela aurait été un échec cuisant. Retrouvant l’énergie ou la candeur du personnage de ce film culte, Tom Holland donne vie à un Spiderman plus frais et touchant. Plus que de les comparer sans arrêt, il faut voir par exemple le film Spiderman 2 de raimi et ce Spiderman Homecoming de John Watts comme une continuité. Raimi donnant vie dans ce film en particulier a un Peter Parker plus accompli dans son rôle de héros, Watts le prend vraiment à son point zéro. Mais c’est bien vers cela que se dirige le héros. Spiderman Homecoming a-t-il des faux airs de préquel à placer avant l’œuvre de Raimi ? Si l’on enlève le 3e film, la continuité pourrait presque passer.

Marvel et Sony ne cherchent jamais vraiment à réécrire la roue d’où dans le fond l’apparente simplicité de l’intrigue. Nous ne sommes ici que pour voir (à nouveau) la naissance d’un héros. Le tout sous l’aile protectrice d’un Tony Stark dont chacune des apparitions vaut de l’or (au sens propre comme figuré) d’après le comptable de Marvel. Mais tout cela en bout de course contribue à offrir une vision différente et assez fraîche du mythe et c’est ce que l’on était venu pour voir. L’ombre dirigiste de Marvel se fait sentir et aide Sony à ne pas reproduire le bourbier des deux derniers films. Il y a de bonnes idées qui se profilent à l’horizon et l’on espère qu’après cette mise en bouche classique mais vraiment très agréable, Sony saura faire en sorte de continuer à pérenniser l’univers Marvel Bis qui est le leur. C’est ici que réside la plus grande inconnue. Spiderman Homecoming est un produit calibré et pleins d’énergie dans la lignée des Gardiens de la Galaxie, le genre qui amène un vent de fraicheur en sortant des codes trop strictes d’antan. Cela paye sur un film d’intro, mais il faudra que l’ambition et la vision sur le long terme prédomine pour le 2e et 3e volet qui attendent au coin de la rue. Si Sony réussit à dupliquer à sa sauce la formule magique et à lui donner une ambiance propre alors ce Spiderman Homecoming n’aura pas été un charmant accident de parcours. Mais bel et bien le début d’une longue et passionnante aventure. Aussi bien pour Tom Holland que pour le spectateur. Une très bonne surprise.

 

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