Critiques de films Films américains

Spectral, la fausse bonne surprise de Netflix.

Spectral avait tout pour être relativement bien. Du moins c’est ce que laissait penser le premier trailer. Et avec le temps vous savez bien que les trailers sont encore plus trompeurs qu’un wonder bra dans une boite de nuit à l’éclairage blafard. En gros d’une bande-annonce badass au produit final en passant par la case Netflix, le film semble avoir perdu quelque chose d’essentiel. Quoi ? Un scénario solide. Car, c’est bel et bien sur ce point précis que réside la plus grosse faiblesse de Spectral. La mise en scène et les idées que déploient le réalisateur ne font malheureusement pas tout et assez rapidement l’effet de surprise s’évapore pour laisser la place à une autre réalité. Celle montrant le vrai visage de Spectral, celui d’un film avec certes de bonnes idées, mais dont l’originalité à fait sa valise assez rapidement. Comment décrire la chose ? Comme un mix de predators, aliens et de bon nombre de survival du même genre. La catégorie devenue presque maudite avec le temps…Le survival de commando n’est pas une base de départ plus honteuse que les autres, mais encore aurait-il fallu que le film prenne le temps de jongler avec intelligence entre le fameux commando et les explications entourant les monstres. Malheureusement, le récit de Spectral montre assez vite ses limites dansant sans arrêt d’un pied sur l’autre et ce afin de tenter de donner un style particulier à l’ensemble. Le temps perdu avec le héros expliquant à outrance la situation d’un point de vue scientifique ou bricolant des gadgets comme un Mac Gyver se fait au détriment du reste et le film paye l’addition en bout de course malgré la somme des bonnes intentions derrière la caméra.

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Spectral malgré ses défauts n’est pas forcément ce que je vais d’emblée ranger dans la case du film honteux. Il ne mérite pas cette punition, mais cela n’excuse pas tout. Que ce soit pour les premiers ou seconds rôles, le scénario ne cherche même pas à développer en profondeur quoi que ce soit. Nous sommes face à des stéréotypes basique, chacun entrant dans sa petite case et n’affichant pas la moindre envie d’en sortir. Alors que le film débute, on en vient à se dire que la chose ne sera que passagère, que cela va s’améliorer. L’horreur de la situation est que ce moment ne vient jamais et très vite on assiste impuissant au désolant spectacles des occasions ratés. Car dans le fond Spectral aurait pu être un bon film, le casting est correct, la réalisation s’en sort avec les honneurs, mais l’histoire déjà vu 1000 fois empêche le tout de décoller et de s’affranchir des codes en vigueur.  Et c’est à ce moment que la raison du deal en or pour Netflix finit par nous éclater au visage. Prévu à l’origine pour le cinéma, Spectral n’avait que peu de chances d’être un succès, Legendary Pictures en le refilant moyennant gros sous à Netflix y trouvait son compte. Tout comme l’opérateur d’ailleurs. Un marché vite fait bien fait où personne n’y perd vraiment et j’inclus les spectateurs dans le lot. Spectral est à ranger dans la catégorie des blockbusters que l’on ingurgite comme de la Junk Food classique. Sur le moment, cela fait son effet sans trop poser de questions et cela s’évacue très rapidement du système ou de sa mémoire. Sans vraiment laisser de traces…Dommage.

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