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Le spectateur d’aujourd’hui a t-il encore un sens moral?

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Le spectateur et son sens moral…deux choses qui semblent ne plus vraiment aller ensemble désormais. Ou alors, c’est moi qui suis devenu un horrible cynique…

Le spectateur a-t-il encore un sens moral ? Parfois je me pose la question quand on regarde le paysage actuel que ce soit dans la chanson ou le cinéma ? En France on peut prendre l’exemple de Polanski, Brisseau, Cantat. Tous avec des condamnations allant d’atroces a encore pire. Et chose inquiétante d’une certaine manière, cela n’a jamais terni pleinement leur aura auprès de certains. Oui à l’ère de MeToo, la vie est moins évidente pour Polanski ou Woody Allen c’est une évidence et oui les voix sont plus fortes concernant Cantat, mais ils ont toujours des soutiens, dans le public ou la profession. Un peu comme si la phrase sacrée « il faut séparer l’homme de l’artiste » permettait de laver tout un acsier judiciaire. Oui, tout homme a droit a une seconde chance et ce simple fait peut entraîner des débats sans fin. Mais que ce soit le cas de Polanski, Allen ou Cantat, on s’interroge sur l’incroyable volonté du public ou des défenseurs de ces hommes a se mettre des œillères. Attitude qui dans le cas de Cantat reste encore et toujours incompréhensible à mes yeux face à la dignité de Jean Louis Trintignant par exemple. Mais là encore, le public fait comme si de rien était et l’on continue de célébrer même a minima ces personnages. La parole ou les actes ne sont plus que des happenings dans la vie médiatique, on les voit, on les digère un peu, on recrache en s’indignant et l’on oublie vite quand l’artiste sort un autre album.

Il suffit du coup de regarder le cas Kanye West, soutien à Trump, paroles en roue libre sur l’esclavage, soutien très discutable avec une extrémiste tapinant pour Trump et n’ayant qu’une mission : labourer la communauté afro pour en convertir les leaders à sa cause. Levée de boucliers contre lui et ses paroles pendant quelques semaines… et soudain avec la sortie de son album… plus rien. On efface tout, on lui pardonne. La machine marketing a tout effacé sans mal et le public comme Dory dans le monde de Nemo, ne se souvient de rien. Ou du moins fait semblant d’oublier. Et aujourd’hui se rajoutent à l’échiquier le cas Tarantino et Emile Hirsch. Le premier de par les témoignages d’Uma Thurman a été dépeint comme quelqu’un l’ayant volontairement mise en danger et complice passif des agissements de Harvey Weinstein. Le second a quasiment failli tuer (clé de bras, étranglement jusqu’à l’asphyxie…) une jeune exécutive ayant eu le tort de refuser ses avances alors qu’il était ivre. Qu’a-t-il eu pour cela ? Une peine d’intérêt général, quelques jours en prison et payer les frais d’avocats de la victime. Et aujourd’hui Sony déroule le tapis rouge au deux pour le prochain film de Tarantino… Et une fois encore, la célébration est là, tout le monde s’impatiente de découvrir le film, s’extasie sur le casting. Et rien sur le passif des membres de cette aventure. Rien sur le côté un poil puant dont Sony déroule le tapis rouge a un projet pour le moins particulier. Et une fois de plus en pointillé, cela montre que lorsqu’on est blanc dans l’entertainement, il y a toujours cette carte seconde chance que l’on attribue sans problème. Et ce quelle que soit la nature du souci. Un malaise qui d’un écosystème à l’autre pollue aussi de plus en plus le sens moral du spectateur. Une époque formidable.

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