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Sparring, Mathieu Kassovitz se prend pour l’ombre de Rocky !

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Sparring réussit à faire un petit exploit, piquer de l’ADN humain de Rocky 1er du nom. Offrant à Kassovitz un rôle charnière dans sa carrière.Belle surprise.

Sparring de Samuel Jouy est un film un peu particulier. Les films sur la boxe chez nous dernièrement ne sont pas légion. Chose dommage vu que le sujet est passionnant. Rocky 1er du nom avait ouvert la voie en montrant tout ce qui se passe autour du combat, la vie de ces combattants, la préparation, les sacrifices et l’immensité du travail qu’ils accomplissent. Mais pour tout ceux (les rares) qui sont et restent en haut de l’affiche, combien sont dans l’ombre et tente de survivre tant bien que mal. D’une manière ou d’une autre en se servant de leurs points et de leurs corps comme un gagne-pain dont la date d’expiration est à géométrie variable. Et dans le cas des sparring, cela peut arriver plus vite que prévu. Samuel Jouy s’empare de son sujet pour explorer l’autre côté de ce milieu si médiatique. L’endroit où tous ces boxeurs dont les rêves n’ont jamais pris forme tentent de toucher du doigt un peu de ce qu’aurait pu être leur vie. C’est ici que Sparring prend forme et débute : A plus de 40 ans, Steve Landry est un boxeur qui a perdu plus de combats qu’il n’en a gagnés. Avant de raccrocher les gants, il accepte une offre que beaucoup de boxeurs préfèrent refuser : devenir sparring partner d’un grand champion.

sparring mathieu kassovitz

Est-ce que Sparring a en lui l’énergie et la finesse du 1er Rocky ? Dans son traitement de l’humain oui. Les matchs ne sont pas les points les plus importants du récit. Ce sont des passages obligés appuyant et enfonçant les clous de la narration. Le portrait du personnage de Mathieu Kassovitz n’a rien du héros à l’américaine flamboyant. Boxeur en fin de carrière vivant tant bien que mal de petits combats miteux, il tente de se tenir la tête hors de l’eau. Pour sa femme, sa fille, mais aussi pour lui. Pour avoir l’ambition de finir sa carrière sur une belle note et ce même si pour cela il faut se faire démolir la gueule pendant un mois. La vraie force de Sparring de Samuel Jouy est de savoir prendre le temps de faire se détourner le regard du public loin de la lumière. De nous faire réaliser que le nombre de KO ou de victoires qu’un combattant peut avoir n’est rien sans son mental. Prendre un KO, se relever et continuer. Un point simple, mais dans la vraie vie aussi bien au plan physique que mental, la chose laisse des traces et c’est ici que se place tout le cœur du film. Comment survivre dans ce milieu quand nos rêves nous ont échappé pendant toute notre carrière. Peut-on survivre dans l’ombre d’un champion en n’ayant comme remerciement que la pluie de coups qu’il offre de façon journalière?

sparring mathieu kassovitz

Sparring de Samuel Jouy offre une réponse à ces questions en offrant à Mathieu Kassovitz un vrai beau rôle. Loin des stéréotypes que l’on peut se faire des sportifs de ce milieu, il développe ici une certaine humanité salvatrice. Imparfait, gueule cassé et pourtant diablement humain, son personnage est à l’image de ces petites gens que l’on peut voir dans tant de films à la fibre sociale ou humaniste. Ceux qui mettent leurs rêves et ambitions dans un coin pour subvenir aux besoins des leurs. Mais ne perdent jamais pourtant l’espoir qu’un jour, ils pourront toucher ce rêve ne serait-ce que du bout des doigts. Mathieu Kassovitz s’investit pleinement dans son rôle jusqu’à s’oublier dans ce dernier. Aboutissant à la naissance d’un de ses personnages les plus intéressants. Pourquoi ? Peut-être parce que l’image de ce vieux boxeur se lançant un défi improbable, il trouve dans ce rôle un miroir à ce qu’il est aujourd’hui. Va savoir, mais ce qui est indéniable est qu’à l’image du reste du casting de Sparring, il ne ménage pas sa peine pour que l’émotion l’emporte. Et c’est d’ailleurs sur sa galerie de personnages que le film de Samuel Jouy réussit à rester solide sur ses deux pieds. Sparring est à hauteur d’homme, il ne méprise jamais son sujet. En l’occurrence ces boxeurs que l’on prend pour des loosers. Mais comme le dit le personnage de Kassovitz dans le film pour un champion comme Soulemane Mbaye, il faut un sparring comme Joe. Une gueule cassée en fin de parcours. Un homme que l’on pense juste bon pour la casse, mais dont l’énergie digne de la rage du désespoir pousse à se dépasser encore et encore. C’est cela Sparring, un film sur le dépassement de soi. Un film sur l’envie folle de ne rien lâcher pour un jour toucher son objectif du doigt et ce même si pour y arriver on a pris toutes les plus sales routes du monde. Petit film qui n’a pas à rougir devant les grands, ce Sparring de Samuel Jouy est une très belle surprise.

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