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[Sortir] Le presbytère, l’opéra Rock de Freddie Mercury

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 Ce ballet est un hommage à Jorge Donn, danseur icône de Béjart, et Freddie Mercury, morts tous deux du Sida, un Hymne à la vie ! Sur les musiques de Queen et de Mozart, les chorégraphies de Maurice Béjart, les 40 danseurs, costumés par Gianni Versace, enchaînent avec force et grâce les tableaux d’un ballet poignant sur la jeunesse et l’espoir. Plus que jamais, la compagnie honore et entretient l’héritage de Maurice Béjart, la création…

Décrire le presbytère et l’expérience qui en découle quand on n’est pas un adepte de la danse moderne et de Maurice Béjart n’est pas simple. Comme je le disais a la ligne du dessus, il s’agit d’une expérience. D’une symbiose au demeurant bizarre dans les premiers instants entre cette forme d’art si particulière qu’est la danse ( du moins la vision qui s’y raccorde de Maurice Bejart et sa troupe) et de l’univers de Freddie Mercury. Le presbytère est donc un double hommage a Jorge Donn et Freddie Mercury. L’ombre du sida plane sur cette pièce et la mise en scène de Maurice Bejart donne une sonorité particulière à l’univers musical de Mercury. La joie de vivre qui découle de ces textes devient en partie plus sombre via les différents tableaux qui se succèdent. La célébration de la vie reste le moteur, mais la vie sans la mort n’est qu’une équation sans finalité, l’un ne va pas sans l’autre et c’est sur la longueur que le presbytère réussit à créer une osmose donnant à la pièce ce côté si particulier.

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La musique de Mercury sert le ballet de Bejart et le ballet de ce dernier magnifie les nombreux classiques de Mercury que l’on peut entendre pendant deux heures. Le presbytère peut se vivre de 1001 façons que l’on soit client ou non de ce genre d’expériences artistiques. Les ballets de Maurice Bejart ne sont pas forcément faciles d’accès. J’entends par là qu’il y a un certain temps d’adaptations avant de se laisser emporter. La performance scénique des danseurs et danseuses servant la mélancolie de l’ensemble. Un hommage a deux visages, on célèbre le souvenir de la vie de deux grands hommes et l’œuvre qu’ils laissent, c’est au travers de cette dernière qu’ils continuent d’exister. Et d’un côté comme de l’autre, la magie finit par opérer sur la longueur. L’ombre de Mercury laissant place à celle de Jorge Donn, l’un travaillant à la gloire de l’autre et vice et versa. C’est une équation assez particulière, la danse se nourrit de la musique et des émotions qu’elle provoque chez tout à chacun. Nous ne la percevons pas tous de la même façon. La manifestation scénique que transpose Maurice Bejart via le presbytère est sa vision des choses. Une façon pour lui d’ouvrir l’esprit de nouveaux spectateurs comme moi par exemple vers sa vision de la musique et de l’art. Hommage et partage au plus grand nombre, le travail de Maurice Bejart dans le presbytère apparaît donc comme double, mais avec une seule finalité, celle de continuer à faire vivre l’œuvre de Jorge Donn et Freddie Mercury sur deux fronts o combien complémentaires.

La découverte est tout sauf évidente. On met du temps à rentrer dans l’univers et la scénarisation si particulière, mais une fois que l’on regarde l’ensemble et non plus la musique au détriment de la danse, l’œuvre vous cueille par surprise. Je ne suis pas pour autant devenu fan de ballets, mais tout comme la première fois où j’avais vu Pietragalla sur scène, la découverte de l’univers de Béjart est un plus culturel non négligeable. Le genre de voyage dans un autre monde à faire au moins une fois.

5 représentations exceptionnelles au Palais des Congrès de Paris du 4 au 6 avril 2015 et en tournée du 31 mars au 24 avril 2015

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