Critiques de films

Song One, le New York Melody en mode mélancolie d’anne hathaway

Song One de Kate Barker-Froyland est le genre de films que l’on va comparer à tort à New-York Melody. Dans la forme, il est vrai que les similitudes sont légions, la place de la musique et la façon dont cette espèce de romance improbable se met en place. Mais pourtant, Song One de Kate Barker-Froyland est bien plus mélancolique dans le fond que ne l’était New York Melody.La joyeuseté de l’un s’efface ici au profit d’un réalisme plus clinique dans la façon d’aborder aussi bien la romance que l’épreuve que traverse cette famille. Song One de Kate Barker-Froyland prend racine sur une base narrative assez casse-gueule. La rencontre entre la sœur d’un artiste victime d’un accident et son chanteur favori. On sent venir le mélo insupportable, le preneur d’otages de larmes allons nous dire et au final c’est le contraire qui se produit. Song One de Kate Barker-Froyland rentre dans la catégorie de ces films que l’on aimera ou détestera d’emblée. Lent, très lent, la réalisatrice ne cherche pas à rentrer dans le moule classique des codes hollywoodiens et cela offre d’ailleurs au film une certaine force.

Le duo Anne Hathaway et Johnny Flynn offre à Song One de Kate Barker-Froyland ce socle dont l’histoire avait besoin pour exister, un couple de cinéma. Deux personnages où l’on peut se retrouver. Loin d’une perfection flirtant avec le cliché, les deux héros de l’histoire sont chacun à une extrémité de l’existence. Lui vers le haut et elle clouée au sol par ses problèmes et l’accident de son frère. Pourtant par le fruit d’un hasard, ils vont se retrouver à une intersection. Song One de Kate Barker-Froyland repose sur cette rencontre et entame alors la lente mise en place d’un chemin vers une possible reconstruction. Des ténèbres vers la lumière, voilà comment l’on pourrait synthétiser le film. Et c’est alors que l’on regarde ce dernier que les points de comparaisons avec d’autres films viennent, New York Melody étant le plus récent, la façon dont Anne Hathaway découvre la vie de son frère et s’ouvre à nouveau à la sienne via la musique offre des similitudes avec le personnage plus léger de New York Melody, mais ce n’est qu’une façade.

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Song One de Kate Barker-Froyland a un je ne sais quoi d’affreusement triste au premier abord. On se laisse emporter dans l’histoire avec une pointe d’inquiétude en se demandant si l’on ne va pas en ressortir avec une déprime carabinée et pourtant… le duo Anne Hathaway et Johnny Flynn fonctionne bien mieux que l’on ne le pensait. Pas de performances qui marqueront l’histoire du cinéma, mais à défaut, celle de Song One et ce qui est dans l’ensemble déjà bien. La fragilité d’Anne Hathaway dans son rôle amène une crédibilité intéressante au personnage, complémentaire de celle de Johnny Flynn, via ces deux acteurs Song One réussit à exister sans jamais se prendre les pieds dans le tapis. Cheminant avec calme vers un équilibre psychologique salvateur, les deux héros de Song One de Kate Barker-Froyland apparaîtront comme touchant pour certains et exaspérant pour d’autres. En effet, le film est avant tout un film d’auteur. Abordant la frontière séparant l’espoir du deuil et de tous ces petits trucs auxquelles on se raccroche pour ne pas sombrer avec douceur. Voir même lenteur. C’est ce détail qui pourrait faire pencher la balance dans le mauvais sens. Le rythme poussif n’est qu’une faiblesse apparente, tant, cela permet de prendre le temps de « vivre » l’histoire tout comme le retour à la vie des personnages.

Song One de Kate Barker-Froyland est une petite mélodie fragile, une romance qui n’en est pas complètement une qui se cache dans l’ombre d’un drame humain. Le mot est là et c’est dans ce dernier que se cache l’essence même du film. Une étude de l’humain dans ses heures sombres et comment c’est quand on est au plus bas, que les choses les plus belles peuvent se produire. Très court et dense à la fois, Song One de Kate Barker-Froyland est une petite expérience à essayer au moins une fois, ne serait-ce que pour s’évader des schémas narratifs parfois trop prévisibles. Le film n’est pas exempt de défauts, mais il a aussi des qualités, des beaux moments et surtout un beau duo d’acteurs principaux pour le faire exister. L’un dans l’autre, cela s’équilibre et l’on ne perd pas aux changes. A essayer.

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