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Solo : A Star Wars Story, Ron Howard réussit l’impossible…

Solo : A Star Wars Story, le film maudit de Lucasfilm. Après Rogue One, cela fait le second que l’on pensait foutu via sa production chaotique. Le résultat est beaucoup moins catastrophique que prévu et même très fun. Comme quoi.

Solo : A Star Wars Story était un film que tout le monde pensait maudit avant même sa sortie. Moi le premier. Le fait d’avoir vu en long et en large les infos sur la production chaotique avait fini de me laisser perplexe devant le potentiel de la chose. Pire encore, je n’étais pas fan de l’acteur en place pour jouer le rôle de Han Solo. Alden Ehrenreich écopant d’une quasi-mission impossible : celle de passer après Harrison Ford. Et maintenant que j’ai enfin vu le film, il faut bien reconnaître que ces craintes en partie étaient tout sauf justifiés. Oui, évacuons définitivement les problèmes basiques : le film a des défauts, Alden Ehrenreich a du mal à s’écarter de l’ombre d’Harrison Ford… et le rafistolage potentiel entre les potentielles images restantes des anciens réalisateurs et celle de Ron Howard tout n’est pas parfait. Mais bizarrement le plus gros du film fonctionne. Comment ? En offrant en 1er lieu aux spectateurs ce qu’il attend, une origin story autour de Han Solo et Chewie qui tient la route. Oui, comme tout film revenant aux bases de l’histoire d’une saga ou d’un personnage mythique après une avalanche de films, le suspens est pour le moins absent. C’est le gros défaut de ce Solo , pour peu que l’on connaisse un minimum l’histoire étendue, difficile en effet de s’accrocher à son siège quand au final du film. Cela ne veut pas pour autant dire que le voyage s’avère désagréable. Loin de là.

solo a star wars story

Sauver un film que l’on jugeait mort né suite au renvoi des deux réalisateurs, la mission de Ron Howard était pour le moins improbable. Doté d’un sérieux bagage comme réalisateur tout terrain et capable du meilleur comme du pire dans le domaine de la mise en scène, il accomplit un vrai sauvetage ici. Le démarrage du film dans son premier tiers est aussi chaotique pour lui qui semble jongler avec les restes des rushs des anciens réalisateurs que pour Alden Ehrenreich qui patine un peu. Mais soudain et ce dès l’arrivée de Woody Harrelson en mentor pistolero et la première rencontre entre Han et Chewie, la magie opère. Oui, Solo n’a rien du Star Wars le plus mémorable de la saga, mais c’est aussi très loin d’être la catastrophe que l’on a bien voulu nous faire croire. À mi-chemin entre un Western intergalactique et un Ocean 11 sauce Star Wars, le film ne manque pas de panache. Doté d’une belle galerie de seconds rôles que le scénario rafistolé tente d’utiliser du mieux possible (L3 et Lando pas assez longuement présents…) on se laisse assez facilement emporter dans ce récit. Il y a un vrai charme d’antan qui se dégage de l’histoire tout comme de la réalisation. Et c’est sur la longueur qu’Alden Ehrenreich s’envole enfin et prend une consistance à l’écran. Il faut quand même attendre l’arrivée de Chewie à l’image avec lui pour que la magie du duo mythique fonctionne. On peut d’ailleurs se demander sur le point précis du choix de l’acteur qui a le plus de mal à s’éloigner de l’ombre d’Harrison Ford ? Le spectateur ou Alden Ehrenreich. Les deux parties souffrant au final des mêmes maux. Difficile de passer après un tel monument. Improbable de relancer le mythe du personnage pour beaucoup d’ailleurs. Disney se heurtera encore beaucoup de fois à ce problème (le prochain concernant Obi Wan…), est-ce qu’il s’en sortira mieux ? Je ne sais pas.

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Ce que je retiens pour l’instant est que même si l’on n’est jamais vraiment surpris, on ne s’ennuie jamais dans ce Solo. Ron Howard réussit l’impossible, donner du cœur et du style a un film qui au final n’était à la base pas pour lui. Oui, ce film était le Ant-Man de la saga Star Wars, une œuvre que l’on pensait 6 pieds sous terre et qui refait surface. Certes, beaucoup risquent de qualifier ce film de mineur. Auront-ils tort ? La copie que délivre Ron Howard n’est pas parfaite à tous les niveaux, script a rafistolé, acteur changeant en plein tournage, pression en interne et médiatique. Plus d’un jeune directeur aurait explosé en vol et lui non. Solo  se montre aussi fun qu’inventif et drôle. La plupart des séquences d’actions présentes dans le film sont d’excellentes factures et le film en donnant vie aux origines du personnage de Han Solo, offre des beaux moments. Du fan service en effet, mais c’est aussi ce que l’on vient voir en allant découvrir ce film. Mineur sans pour autant ne jamais être catastrophique, ce que nous offre Ron Howard est un testament du passé à son image. Du travail bien fait à l’ancienne par un artiste qui connaît toutes les ficelles de sa discipline. On aurait pu en attendre plus, mais pour un film qui revient littéralement de l’enfer, le simple fait de ne pas rater ce qui fait son ADN (la relation Han et Chewie) est déjà une belle victoire. Léger et distrayant, n’écoutez pas hurlements concernant ce film. On est très loin de la soi-disant catastrophe. Vraiment très loin.

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