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Sleight-Critique du film

Un magicien de rues vend de la drogue pour maintenir un toit au-dessus de la tête de sa petite sœur. Après un deal qui a mal tourné, l’enfant est kidnappée… Il y a un peu plus d’un an (voire même plus je crois…) un petit film indépendant avait fait grand bruit à Sundance. On parlait d’un mélange entre Boyz in the Hood, Chronicles et une origin story d’un Tony Stark du ghetto. Autant dire que la hype était grande. Puis Blumhouse gagna les enchères pour les droits du film et c’est alors que débuta la traversée du désert de ce dernier. Ou du moins devrais-je dire la disparition. Plus rien, pas de news, le vide. Et soudain une apparition en catimini hors des sentiers de la distribution en salles. Et quel est le résultat du coup allez-vous me dire ? Et bien sans mentir, on en vient à se demander si la version de Sundance ayant fait le buzz est bien la même que celle d’aujourd’hui tant au final la déception est grande.

Oui Jacob Latimore, le héros de Sleight est une petite révelation. Capable de s’en sortir haut la main malgré la faiblesse du script, son talent finit quand même par être gaché. La vraie faiblesse de Sleight est que le film ne sait tout simplement jamais ce qu’il veut devenir. À force de cavaler d’un point à l’autre, il se perd en route. Le côté super-héros avec les modifications corporelles a des faux airs de cheveux flottant sur la soupe. Le genre de twist que l’on jette dans l’histoire pour faire cool avant de se rendre compte que l’on ne sait tout simplement pas quoi en faire. C’est le 1er souci. Le 2e tient dans le tempo, Sleight c’est 5 % de Chronicles en intro, 90 % de Boyz in the Hood en romance ado sur fond de deal de drogues et 10 % de finish complètement rushé mêlant polar et délire de superhéros sans que l’on ressente pour autant la moindre empathie pour les personnages. Et c’est l’ultime souci du film, il ne réussit jamais véritablement à rendre ses héros ou personnages secondaires marquants. L’histoire au-delà d’un certain aspect bordélique est juste monstrueusement classique et elle ne cherche jamais vraiment à s’élever au-delà de ce statut. On navigue entre le déjà-vu et le soporifique. Le tout reposant sur une fondation pas assez solide pour résister àl’usure du temps. Et c’est ce qui est le plus frustrant dans l’ensemble.

Pour la simple et bonne raison que la base sociologique du film, un jeune noir, dealer et désireux de s’en sortir dans une Amérique moderne pouvait donner lieu à une étude intéressante des travers du pays. Sleight se veut un film reposant sur l’univers du ghetto, mais ne fait jamais rien d’autre qu’utiliser cet écosystème que sous la forme d’un gimmick presque cliché. Ce n’est jamais un véritable ressort dramatique puissant. Jacob Latimore a beau porter le film a bout de bras du début à la fin, cela ne suffit pas à le sauver. Loin d’être une catastrophe impossible à regarder, Sleight n’arrive malheureusement pas une seule seconde à survivre à la hype qui existait autour de lui. Sous sa forme actuelle (qui je le parie n’est pas la même version que Sundance…) le film est au mieux anecdotique. C’est assez triste dans l’ensemble.

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