Critiques de films Films américains

Sleepless, remake en pilote automatique de Nuit Blanche…

À l’époque de sa sortie le film Nuit Blanche de Fréderic Jardin avec Tomer Sisley avait réussi sans le moindre mal à créer la surprise. Sorte d’Ovni complet dans le paysage français du film d’action, cette petite par le nom série B, mais grande par le fond avait su trouver l’angle parfait pour redonner ses lettres de noblesse à une action viscérale et nerveuse comme on en voit trop peu. Le film savait aussi jouer à merveille de sa géographie et son espace. Nuit Blanche est principalement un jeu du chat et de la souris et le côté confiné malgré les apparences du night-club où se déroule l’action rendait la violence encore plus exacerbée et efficace. On en prenait plein la gueule et ce sans le moindre temps mort. Et comme à sa grande habitude, Hollywood face à ce succès à fait la seule chose qu’elle sait faire… en recracher un remake. Alors inutile de tourner autour du pot, si vous avez vu et aimez Nuit Blanche, sa version américaine Sleepless n’a pas le moindre intérêt. Attention, je n’ai pas dit qualité juste intérêt. Pourquoi ? Pour la simple et bonne raison que dans les très grandes lignes du film et sur le fond, il ne s’agit que d’une photocopie de ce dernier. Avec un défaut pourtant majeur, la localisation de l’action. Ce qui faisait la force de Nuit Blanche était de transposer les codes de l’action hardcore dans un paysage français. Il y avait un côté novateur, salvateur même diront certains. Mais dans le cas de Sleepless et même si la réalisation est bonne, tout donne encore et toujours cette impression de déjà-vu.

Et très vite c’est ce qui finit par rendre l’ensemble du voyage assez basique et un peu ennuyeux. Là où l’original préférait avoir un peu de mystère, le remake américain est très linéaire et explicatif. Prenant très souvent le spectateur par la main de peur de le perdre en route. C’est une erreur vu que d’une certaine manière le gras de l’histoire est accessoire. Les bases sont évidentes dès le départ, Jamie Foxx veut récupérer son fils et quiconque se mettra en travers de sa route en payera le prix. Pas besoin d’aller plus loin et restons focalisés sur l’action. Cela fonctionnait à merveille sur Nuit Blanche. Sleepless par contre bien que fidèle dans les grandes lignes finit çà et là par modifier quelques passages ou structure narrative de l’histoire pour l’adapter à tort au public américain. En tant que film au final Sleepless surtout à cause de son final rajouté sans nul doute à la dernière minute est assez creux. Cela aurait pu être un excellent pilote de série Tv, mais sous forme de film, la chose peine à sortir du lot.

Et pourtant Jamie Foxx donne de sa personne dans le film. Une fois de plus, il est difficile de nier le charisme magnétique de l’acteur, mais une fois de plus cela ne suffit pas forcément pour surprendre. Si l’on fait un petit tour dans sa filmographie, Michael Mann a été le seul à vraiment capter la fine démarcation entre humanité et bête sauvage qui réside en lui Miami Vice ou Collateral en étant de très bons exemples. Ce Sleepless de son côté apparaît comme une série B correct mais trop souvent en pilote automatique aussi bien au niveau des acteurs que de la réalisation. Est-ce que mon point de vue aurait été différent si je n’avais jamais vu le film original ? Surement. Mais sous sa forme actuelle, ce remake n’est qu’un agréable divertissement que vous aurez malheureusement assez vite oublié dans les semaines suivants sa découverte…

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