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Section Zéro, le suicide TV d’Olivier Marchal ?

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En regardant les deux premiers épisodes de Section Zéro, la série d’anticipation de Canal Plus par Olivier Marchal, on ne peut cesser de se demander « mais où est-ce que le projet est parti en sucettes pendant la pre-production. Car autant le dire tout de suite, ces deux premiers épisodes sont à la limite du malaise, l’incident industriel avec un fond légèrement puant. Ce qui pouvait encore vaguement passer dans Braquo, a des relents indigestes ici. Oui, Section Zéro est réac, misogynie, machiste et j’en passe. Les femmes ne sont quasiment que des stéréotypes, la femme au foyer qui se fait tromper par son mari, la flic qui a des couilles et balance de la punchline de camionneur, l’équipière lesbienne qui n’a quasiment rien à dire mais droit à une grosse scène d’amour en full frontal avec sa compagne. Je pourrais continuer la liste pendant des heures et fort d’une envie de parité dans la déchéance, Section Zéro s’amuse à donner aussi dans le cliché masculin en transformant l’un des méchants de l’histoire en un homosexuel manipulateur qui après avoir fait l’amour a un personnage, manque de l’étrangler en lui hurlant « petite pute et renseigne-toi sur ceux qui m’ont donné leur cul, personne ne l’a jamais regretter ». Section Zéro est consternante à tous les niveaux. Olivier Marchal accouche d’un projet qui aurait pu fonctionner… l’idée d’une série d’anticipation sur le petit écran français n’est pas plus bête qu’une autre. Le hic est que dès l’introduction du premier épisode et cette voix-off sans passion, récitant un texte digne d’une fan-fiction d’un adolescent se pensant visionnaire, Olivier Marchal fait plonger Section Zéro dans un second degré involontaire qui tue dans l’œuf toute la série.

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Ce qui suit ne fait que confirmer le massacre, la mise en scène est piteuse et complètement à la ramasse, le scénario ressemble à celui d’un film datant du début de la carrière de Van Damme, les acteurs sont mauvais… et pire que tout, il y a ce fumet nauséabond qui enveloppe le tout. Lequel ? Celui où Olivier Marchal dans une scène assez malsaine de dialogue entre Tchecky Karyo et le héros de la série, justifie la violence policière et le caractère sans foi ni loi de ce qui s’apprête à devenir la section zéro. Je ne dis pas que jouer sur les extrêmes n’est pas un bon élément narratif pour une histoire et sur ce point précis, Olivier Marchal n’a pas tort de s’éloigner de la zone de confort du public… mais pour que cela soit digérable et acceptable, il faut que l’univers et les personnages entourant ce ton soient forts. Ce n’est pas le cas ici. Section Zéro ne repose sur rien d’autres que du cliché et du vent. Olivier Marchal semble complètement dépassé par l’ampleur du genre dans lequel il se lance. La sf à la sauce Braquo ne passe pas et laisse au final un goût terriblement amer. Section Zéro est à la fois tristement ratée sur la forme et fondamentalement malsain sur le fond de par ce qu’il laisse remonter à la surface. Reflet d’un auteur qui se perd en route et finit par s’auto-parodier et se laisser aller dans une avalanche de poncifs qui finissent par faire ressembler la série a une sorte de psychanalyse à ciel ouvert. C’est étrangement fascinant vu que l’on veut voir jusqu’où Olivier Marchal va continuer de creuser, mais en bout de course, cela ne sauve pas Section Zéro de la sortie de route. Laissant apparaître au grand jour la série pour ce qu’elle est… un ratage au travers de ce démarrage calamiteux.

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