Critiques de films Films français

Sam Was Here…l’autre vision de l’horreur à la francaise…

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Perdu au fin fond du désert californien, un démarcheur cherche de nouveaux clients en passant de village en village. En vain. Alors que sa voiture tombe en panne et qu’un tueur rôde dans la région, il va découvrir l’hostilité de la population locale et
sombrer peu à peu dans la paranoïa…

Production d’horreur franco-américaine, Sam Was Here est un Ovni peu courant. On retrouve dans sa mise en scène ultra-particulière beaucoup du style de Quentin Dupieux. Un sens aigu de la façon de jouer sur l’absurde, un minimalisme oppressant et une soudaine porte ouverte sur une violence assez gore venu dont ne sait où. Mais loin de piocher son ADN uniquement dans le cinéma d’autres réalisateurs, ce Sam Was Here lorgne aussi du côté de l’horreur mythique que distille silent hill et surtout le 2e volet de la saga. Le voyage de cet homme perdu dans le désert a des allures de descentes en enfer avec des faux airs de l’échelle de Jacob en plus gore et absurde a plus d’un titre. Difficile de se laisser emporter dans l’univers si particulier de Sam Was Here si l’on n’a pas déjà mis un pied dans les différents titres dit plus haut. Si on ne les connaît pas, il y a de grandes chances que l’on découvre la chose en se bornant à son aspect de surface, une sorte de trip artistique très bizarre. Une étude quasi expérimentale de l’horreur psychologique. Le voyage que « subit » le personnage principal du début à la fin du récit n’a pas toujours de sens et même quand la fin arrive, le récit tout comme Inception laisse une porte ouverte sur l’interprétation de ce que l’on vient de découvrir.

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C’est ce qui rend la chose intéressante pour moi. La majeure partie de la production d’horreur ces derniers temps est fortement balisée. Les films d’horreurs récents ne sont faits que pour un seul et unique public, les adolescents. Du coup, la substance même du récit les composant est l’équivalent d’une sorte de junk food scénaristique qui se répètent encore et toujours jusqu’à plus soif. Sam Was Here se fout en quelque sorte de ce pré requis utile pour plaire au plus grand nombre. Il vit très bien son côté abstrait voir même ridicule et reste fidèle à ses ambitions du début à la fin et très rapidement cela paye. La montée en puissance et l’abandon à la folie que peut ressentir le personnage principal trouve un écho dans l’esprit du spectateur pour peu qu’il accepte le prix du voyage. Sam Was Here prend un malin plaisir à faire justement sortir de la petite route ultra-classique du genre et c’est ce qui fait son charme. Beaucoup resteront à la rue face à un ovni de ce genre, mais l’on ne peut que saluer la volonté d’offrir quelque chose de différent et surtout de s’y tenir du début à la fin. Filmé en 12 jours sur un budget visiblement ridicule, le film de Christophe Deroo n’a pas à rougir de ses ambitions, car justement le mot est bien là, il a de l’ambition. Une sorte d’or noir créatif que l’on n’essaye plus trop de mettre suffisamment en valeurs dans ce domaine. Différent, abstrait, complètement perché et malsain par endroits, Christophe Deroo livre avec Sam Was Here, une petite pépite du genre. Il y a de grandes chances malheureusement que très peu de gens le découvrent en salles. C’est dommage.

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