Critiques de films Films français

Un sac de billes, Christian Duguay réussit son tir.

Dans la France occupée, Maurice et Joseph, deux jeunes frères juifs livrés à eux-mêmes, font preuve d’une incroyable dose de malice, de courage et d’ingéniosité pour échapper à l’invasion ennemie et tenter de réunir leur famille à nouveau.

Un sac de billes est-il le film le plus sexy de l’année ? J’entends déjà les râleurs disant « encore un film sur la seconde guerre mondiale… ». Le fait de voir Patrick Bruel, Christian Clavier ou même Kev Adams au casting finira d’achever l’ambiance… et pourtant. Non « Un sac de billes » de Christian Duguay est loin d’être un mauvais film. Très classique dans sa structure et dans sa mise en scène, il réussit pourtant à exister au milieu de l’immensité de la jungle des films du même genre. Si l’on revient quelques mois en arrière d’ailleurs on peut dire que « Le voyage de Fanny » était le pendant féminin de ce film. Le sac de billes de Christian Duguay changeant les héros pour deux garçons. Mais dans l’idée la chose reste identique. Bien que d’une certaine manière, le film que vous allez découvrir ici s’avère en partie plus grand public. Et c’est en partie sa force. Doté d’un casting vraiment bon et jouant dans la retenue (c’est un fait important à mentionner pour Kev Adams et Christian Clavier) ce film réussit à construire une histoire fluide et n’oubliant pas de créer suffisament d’espace pour que chacun des rôles principaux, secondaires ou juste les caméos de luxe puissent exister sans le moindre mal et c’est ce qui rend malgré son sujet le film presque « agréable ». Nous ne sommes pas dans un film dont le but est de vous mettre le moral en miettes, la direction que prend l’histoire ne cherche jamais à être trop dans le pathos. Et cela paye.

Le casting est la vraie force du film, Patrick Bruel en tête qui dans le rôle de ce patriarche obligé de prendre le choix le plus difficile qui soit pour sauver sa famille continue de prouver son talent. J’avoue que vu le sujet, j’avais vraiment peur que la retenue ne soit pas de mise et que l’on tombe dans un véritable torrent de pathos manipulateur. Oui, par instants, la musique est un peu envahissante et l’on pourra reprocher à Christian Duguay d’avoir un peu la main lourde sur ce genre de séquences (rare) mais l’on est aussi agréablement surpris sur la façon dont il réussit à aborder la vision de la guerre vue par les yeux d’enfants et la mixer avec une « coming of age story » à l’américaine… Ce n’est pas vraiment évident désormais de faire un film se passant pendant la 2e guerre mondiale. Le sujet surtout chez nous a été revu dans tous les sens et à moins de s’éloigner de toutes intentions d’authenticités comme pour le film du Palmashow, il faut recourir à des trésors d’imaginations pour que l’addition passe sans le moindre mal. Et même si je n’en attendais pas tant, je dois bien reconnaître que c’est le cas ici avec « Un sac de billes ». Est-ce que le film plaira à tout le monde ? Malgré sa volonté de cibler très large, il reste formaté familial. Une sorte de tremplin à la discussion entre des enfants et des parents à la sortie de la séance. Dis comme cela, la chose peut paraître caricaturale, mais avec un peu de recul on se rend compte que le film de Christian Duguay réussit à être bien plus subtil qu’on ne le pensait. Pas forcément parfait, mais véritablement très loin d’être honteux.

You Might Also Like

No Comments

Leave a Reply