Critiques de films Les news

Roma sur Netflix, chef-oeuvre ou pétard mouillé?

[podcast_subscribe id="31141"]

Roma d’Alfonso Cuaron arrive sur Netflix. Et avec un lion d’or on s’attendait à un classique. Est-ce le cas? La réponse va diviser le public je pense…

Roma d’Alfonso Cuaron aurait dû être dans mon esprit un énorme chef-d’œuvre. J’ai été fan de ce que le monsieur faisait depuis le début. Un fan croissant avec une appréciation de sa filmographie étape par étape. Je m’attendais donc à ce que sa nouvelle production ne me déçoive pas une seule seconde. Ce qui m’amène donc à me poser la question suivante « Où est-ce que la chose à vriller ? ». Oui Roma est sublime si l’on dépasse l’aspect très m’as-tu vu à la longue. Mais un triste constat me tombe dessus et encore une fois cela ne concerne que moi… mais dieu que le film est pénible à la longue. La faute à qui ? Peut-être à Alfonso Cuaron qui pendant 2h15 décline les mêmes manies de réalisations et de surcouches d’effets spéciaux pour tenter de faire croire que chacun de ses plans est véridique. Le noir et blanc aidant à masquer les SFX et à partir de ce moment, soit vous êtes dans le groove lent du film ou alors vous restez à quai.

Et malheureusement, je dois bien reconnaître en ce qui me concerne que je suis encore et toujours à quai avec ce film. Vous savez, ce désagréable moment où l’impression de voir le réalisateur tomber dans des travers de mises en scène pompeuse et redondante finit par littéralement vous rendre hermétique à la moindre émotion. Oui il y a bien une séquence que je ne vais spoiler dans le film qui fonctionne très bien, mais pour le reste, on traverse Roma comme une visite au musée. On est conscient que la chose est belle, que plusieurs personnes trouveront la chose fascinante et pourtant on ne peut s’empêcher de voir le côté répétitif de la mise en scène. Le creux humain que l’on ressent face aux personnages du film, mais pire que tout il y a cette impression de regarder un réalisateur qui comme un Tsui Hark de la pire période envisage son film comme un terrain d’expérimentation aussi beau qu’hermétique. Est-ce que je suis aride au niveau du cœur ? C’est une possibilité, mais après des œuvres trouvant un point d’équilibre fascinant entre narration et utilisation des SFX pour faire s’envoler le récit vers des hauteurs incroyables, Roma se place sous un angle différent. Celui du bûcher des vanités en quelque sorte. La technique prenant le pas sur l’émotion, on passe plus de temps à réfléchir sur la mise en place des plans que sur l’émotion.

Témoignage froid et clinique de l’état d’un pays et de ses habitants, Roma se construit comme une succession de vignette à l’ancienne. Un cinéma daté collant parfaitement avec son propos et sur ce point on peut dire qu’Alfonso Cuaron est raccord, mais encore une fois la question de l’émotion se pose. Roma a de rares exceptions est froid, sublime en apparence, mais ne dégageant pas vraiment de chaleur. Démo technique, miroir des vanités, réalisateur partant dans un délire proche de l’onanisme pour la mise en scène. On passe d’un état à l’autre sans arrêt, mais le point commun de tous ces décalages est que l’on revient souvent au point le plus chiant : l’ennui. Et encore une fois à mon simple niveau c’est peut-être ce qui m’a le plus déçu. Vous savez ce moment où vous êtes face au travail d’un réalisateur que vous adorez et que vous ne rentrez pas le moins du monde dans sa proposition de cinéma. On ne peut pas tout aimer, mais la déception est assez forte quand d’un coup vous ne ressentez rien. Impression mitigée d’agacements face à certains excès pompeux de mise en scène juste là pour faire beau et ce feeling d’être passé à côté du film.

Est-ce que mes propos doivent vous dégouter de voir le film ? Non, il faut toujours se faire son avis par soi-même. Mais sur le coup force est de constater que même si Roma offre plus de cinéma que bien d’autres productions dans ses intentions, ce qu’Alfonso Cuaron donne en pâture au public finit parfois par pousser vers l’indigeste. Voir même le creux diront certains. Déception qui n’engage que moi. Peut-être que je reverrais le film à sa sortie pour laisser le temps à la 1ere vision d’être digéré. En attendant, je reste mitigé et après tant de grand moments de cinéma de la par d’Alfonso Cuaron, c’est un sentiment pour le moins ennuyeux. A vous de voir du coup, si l’aventure et les 2h15 du film vous tentent ?

No Comments

Leave a Reply

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.