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Rogue One, Gareth Edwards réussit le casse de l’année!

Rogue One n’était pas un pari simple pour Gareth Edwards, faire un film de guerre dans l’univers Star Wars en sortant des codes trop classiques avait un petit côté casse-gueule. Pas impossible certes, mais l’on sait que lorsque qu’Hollywood possède une formule qui fonctionne, elle s’y tient. Il suffit de regarder ce qu’est devenu Marvel et sa galaxie de films cinéma pour s’en convaincre. On se demandait donc si la magie allait prendre et surtout si Gareth Edwards n’allait pas se faire dévorer au passage ? La réponse et malgré l’immense bad buzz autour des reshoots un non catégorique. Dans son genre, Rogue One et à plus d’un titre pour l’instant, tout simplement le meilleur Star Wars sorti depuis la fin de la trilogie d’origine. D’une certaine manière mise côte à côte avec l’épisode 7 d’Abrams, la nouvelle saga Star Wars a la sauce Disney montre sa compréhension globale des rouages du marketing. Chacun des films attaquant un front spécifique sans jamais pour autant oublier aussi de parler au plus grand nombre. L’épisode 7 était pour la nouvelle génération de fans avant tout, Rogue One quand à lui s’adresse aux fans d’origine en 1er lieu et ensuite aux restes de la masse intemporelle des plus gros geeks de cet univers si particulier. Et vous savez le plus beau dans l’histoire ? Rogue One réussit son coup sur tous les tableaux.

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L’histoire du vol des plans de l’étoile Noire fait partie de la mythologie Star Wars, un élément déclencheur à la base de la nouvelle trilogie mais qui jusque-là n’avait jamais réellement été traité. La nature même de son récit sous forme de mission suicide et sa tonalité plus radicale n’était pas simple à vendre. Et la vraie surprise est que Disney ne cherche pas forcément à alléger ou diluer le propos. Rogue One est un film de guerre du début à la fin, avec ce que cela comporte d’héroïsme, de drame et tristesse. La vraie force de ce film est qu’en sortant du cycle de la saga et en n’étant que ce que les Américains nomment comme un stand-alone (épisode à part), il réussit à avoir une véritable fraîcheur dans son récit. Les enjeux sont là, le rythme aussi, mais c’est avant tout l’immense sentiment de danger planant sur la tête de chacun des personnages qui rend la chose plus intense. Nous n’avons pas cette sécurité de savoir qu’ils reviendront pour le prochain épisode. Le rythme est donc l’élément vital quant à la réussite de ce récit et quand on se borne à n’écouter que les rumeurs, il y avait quelque chose de pourri au royaume Star Wars concernant ce film. La vérité est la suivante : sur plus de deux heures, on ne sent jamais ces fameux reshoots ou problèmes divers entendus ad nauseam dans la presse. Chaque personnage de ce commando suicide a assez d’espace pour évoluer et donner au récit la force dont il a besoin de se nourrir pour exister.

Rogue One comporte une incroyable galerie de personnages, mais les deux qui sortent littéralement du lot alors qu’on ne les attendait pas son K2 le robot de l’équipe et Donnie Yen en Jedi aveugle… Ce qui frappe dans les deux cas est la façon dont le film réussit à manier avec intelligence pour eux (comme pour d’autres…) cette fine balance entre humour du désespoir et héroïsme flagrant. Et l’on ne peut que s’émerveiller devant la simplicité avec laquelle toutes les pièces du puzzle s’emboîtent les unes avec les autres. On s’attendait à un drame ou accident industriel d’après les bruits de couloirs et c’est tout le contraire. Aussi bon sur la double lecture avec ce qui concerne la création de cette arme qu’est l’étoile noire et l’arme atomique à laquelle elle renvoie dans notre réalité, qu’à la simple utilisation sous une forme plus adulte de la mythologie Star Wars, il y a beaucoup à célébrer dans ce film. Mais ce qui reste dans le fond est le plaisir quasi enfantin que l’on peut éprouver devant ce film. Car oui, Rogue One s’amuse à jouer sur la carte de l’ancien… en utilisant par exemple des maquettes de destroyer ou autres vaisseaux dans certaines scènes pour faire raccord avec la première trilogie en termes de style. Et là encore, c’est aussi bien au niveau du style sur le fond que la forme que Gareth Edwards fait des miracles. Le rythme de Rogue One loin d’être aussi « classique » que celui de The Force Awakens passe comme une lettre à la poste. On est à plus d’un moment de cette aventure pris de l’impression d’être revenu des années en arrière. Et ce sentiment ne fait que s’accentuer encore plus jusqu’à exploser dans un final qui fera se tortiller dans leurs sièges les fans de la saga datant de la première heure.

Véritable déclaration d’amour aux fans de la saga, Rogue One montre qu’en échappant aux mains de George Lucas et en élargissant son champ de vision narrative, la saga Star Wars prend enfin son envol. Il reste des centaines d’histoires à explorer autour de la saga mythique. Et le bal vient d’être ouvert de la façon la plus magistrale qui soit par Rogue One de Gareth Edwards. Il y avait un petit côté mission impossible dans l’ensemble et au final c’est une réussite absolue. Sous le charme…

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