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Robot Overlords – Jon Wright -Critique du film

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Comment parler de Robot Overlords avec Gillian Anderson et Ben Kinglsey sans recourir au terme « nanar » ? J’avoue, je me pose la question et je dois bien reconnaître que la chose est quasi impossible. Allez, je vais faire l’avocat du diable, il existe bien pire, si l’on regarde Robot overlords avec des yeux d’enfants, la chose a presque la saveur d’un téléfilm fantastique vu sur m6 un jour de pluie. Cela vous donne une idée. Pris avec des yeux d’adultes le verdict est moins clément. Robot Overlords n’est pas forcément exempt de mauvaises idées et a plus d’une reprise on se dit qu’avec un peu de budget, d’ambitions et accessoirement un vrai script, la chose aurait pu être bonne. Malheureusement dans notre réalité, le film en face de nous ne l’est pas. Robot Overlords de John Wright souffre d’un scénario caricatural, feignant et complètement cheap. Sensation qui se trouve encore plus renforcée par le manque d’enthousiasme absolu dont font preuve Gillian Anderson et Ben Kingsley. Le second a l’habitude de cachetonner, mais la première livre une prestation encore en dessous des délais acceptables pour de l’amateurisme. Elle donne l’impression de n’avoir pas la moindre chose à faire du script. Et sincèrement quand on voit la minceur de ce dernier, je ne peux pas forcément lui donner tort.

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Robot Overlords de Jon Wright se veut dantesque et comme beaucoup de films dans la mouvance Young Adult capable d’ouvrir une porte sur une éventuelle suite. Bon en soit cela n’a rien d’honteux, ni d’original. Encore faut-il que la réalisation suive ainsi que le scénario et là c’est le drame à quasiment tous les niveaux. Relativement court (un peu plus de 90 minutes…) Robot Overlords de Jon Wright peine a établir un univers solide. Que ce soit pour les robots (dont le cerveau a l’apparence d’un enfant automate de 10 ans se baladant sur terre) ou des humains (qui échappent à leurs geôliers en s’électrocutant avec une vieille batterie toutes les 13h pour désactiver le traqueur implanté dans leurs cranes). On sent bien malgré tout le désir du réalisateur et des auteurs d’installer une tension, mais que ce soit au niveau de la mythologie des robots ou de celle des personnages tous plus inintéressants les uns que les autres, rien ne fonctionne vraiment. On regarde Robot Overlords de Jon Wright sans vraiment jamais s’impliquer pleinement dans l’histoire. Pour la simple et bonne raison que cette dernière est risible. Que ce soit dans la façon dont les robots gèrent la quarantaine des humains, la logique des actions des humains ou des robots en fait. Rien ne tient vraiment la route et comme dans tout bon nanar qui se respecte les scénaristes conscients du problème essaye d’enterrer sous le tapis ces petits inconvénients. À force cela finit malheureusement par créer des zones de turbulences et l’on ne tient plus debout très longtemps.

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Robot Overlords de Jon Wright est en quelque sorte un film de sf pour enfants de moins de dix ans. Ce n’est jamais très violent, ni difficile à comprendre et cela se regarde de la même façon qu’un enfant lirait son premier livre. On regarde les belles images et l’on passe de l’une à l’autre sans vraiment chercher à comprendre ce qui lie ces dernières. Le cas échéant cela aurait été quoi qu’il arrive du temps perdu, vu que justement les liens entre ces dernières sont trop fins pour être visible à l’œil nu. Mais au-delà de cette avalanche de problèmes c’est surtout le manque d’ambitions de l’ensemble qui finit d’enterrer Robot Overlords de Jon Wright. Cheap a l’extrême, le film n’offre jamais une sensation de menace mondiale, vu que tout se passe dans un village de bord de mer semblant être d’une importance vitale pour les envahisseurs. On se demande encore pourquoi. On ne le quitte du coup jamais et cela ressemble très vite à un téléfilm tentant de cacher son absence de moyens comme il peut. Mais quand on compare les performances de Gillian Anderson dans The Fall ou Hannibal avec ce Robot Overlords de Jon Wright, je pense que la taille de la claque que l’on prend doit avoir la dimension d’un avion-cargo. Chacune de ses apparitions témoigne du désarroi l’habitant pour avoir dit oui à ce projet. Et sincèrement, je compatis… À éviter.

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