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Red Sparrow, la vraie Black Widow n’est pas dans les Avengers!

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Red Sparrow de Francis Lawrence, offre a Jennifer Lawrence l’occasion en or de casser son image et de changer de registre. C’est un bon choix.

Red Sparrow est un de ces films donnant à plus d’un titre l’impression de dater d’une autre époque. Pourquoi ? Peut-être par son approche artistique, son écriture, sa mise en scène. Loin de la théorie du speed a tout prix, Francis Lawrence prend son temps pour mettre en place un univers old school, tendu et surtout crédible. Les films d’espions, du moins les bons ne sont plus forcément légion ces derniers temps. Une sorte de constat menant à réaliser que le spectateur semble être passé vers autre chose. Demandant un cinéma plus dynamique et parfois superficiel. La chose intéressante avec Red Sparrow est que le duo Francis Lawrence et Jennifer Lawrence prennent la décision assez radicale d’aller ailleurs. Nous sommes devant du travail d’artisan à l’ancienne. Lent, prenant le temps de mettre en avant ses acteurs au profit de l’action. Un choix artistique pour le moins casse-gueule a notre époque et qui pourtant porte ses fruits en bout de course. Porter d’un bout à l’autre par une Jennifer Lawrence donnant littéralement de sa personne a plus d’un titre, le récit nous maltraite autant que ses acteurs. La guerre froide est ici prise sous l’angle d’une guerre complètement sournoise et perverse aussi bien physiquement que psychologiquement. Une partie d’échecs dont personne ne ressort indemne ou identique a ce qu’il était en arrivant. Le pitch du film donne déjà la couleur sur la direction vers laquelle tend Red Sparrow : Une jeune ballerine, dont la carrière est brisée nette après une chute, est recrutée contre sa volonté par les services secrets russes. Entraînée à utiliser ses charmes et son corps comme des armes, elle découvre l’ampleur de son nouveau pouvoir et devient rapidement l’un de leurs meilleurs agents. Sa première cible est un agent infiltré de la CIA en Russie. Entre manipulation et séduction, un jeu dangereux s’installe entre eux.

red sparrow jennifer lawrence

Sexe, manipulation, violence et surtout vengeance l’éventail des thématiques qu’aborde le film est excessivement large. Et chacune opère conjointement avec la suivante pour servir le récit sans que le bateau ne prenne l’eau. Un succès qui tient aussi bien au casting 4 étoiles du film qu’à la réalisation toujours aussi carré et stylisé de Francis Lawrence. Artisan talentueux dont on ne reconnaît pas forcément assez le talent, voici qu’en s’éloignant des succès commerciaux avec Hunger Games, il accroche une nouvelle corde à son arc. Plongeant dans les arcanes d’un cinéma à l’ancienne, il se fait plaisir en déployant une amplitude de mise en scène assez incroyable. La Russie y devient son échiquier, le casting ses pions ou ses armes et le spectateur un junkie attendant que le couperet tombe. Mais en plein milieu de ce jeu pervers, c’est la partition de Jennifer Lawrence qui attire l’attention. Jouant de son corps comme d’une arme, elle développe une aura de mante religieuse complexe. Le passif qu’elle a eu dans la vie réelle avec ses photos volées et le personnage qu’elle dévoile ici a été rebattu dans tous les sens. Mais pourtant, il reste quoi que l’on en dise ou pense assez fort. Elle met beaucoup d’elle-même dans ce personnage, aussi bien dans les forces que les faiblesses. La fusion du réel et du fantasmé pour le récit donne naissance à quelque chose d’assez particulier. Voir même apte à laisser planer un tenace sentiment de malaise dans certaines séquences. On grince des dents a plus d’une reprise, ceux qui ne sont pas vraiment client de Jennifer Lawrence trouveront toujours à redire. C’est un fait. Mais une fois de plus et surtout avec ce rôle de femme fragile obligé de changer fondamentalement pour survivre au monde extérieur, la demoiselle trouve un beau rôle de plus dans sa filmographie.


L’aspect intéressant de Red Sparrow est que loin des Hunger Games ou participation dans X-Men, elle décide de plonger sans la moindre retenue vers quelque chose de nouveau. Est-ce que le film est sexy, bankable et capable de parler au plus grand nombre ? Pas une seconde, sombre, lent et psychologiquement toxique a plus d’une reprise, le film de Francis Lawrence marche sur le bas-côté de la voie express du succès de studio. C’est ce qui le rend du coup encore plus attrayant. Conscient de sa différence et l’assumant à tous les étages, l’équipe entière se donne à 100 % dans l’histoire. Du 1er au second rôle, on ne voit pas une fausse note. Parfois, le cinéma a l’ancienne cela a du bon et Red Sparrow en est un exemple de choix.

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