Critiques de films Films français Les news

Pupille de Jeanne Herry, quelques bonnes raisons de voir le film!

[podcast_subscribe id="31141"]

Pupille de Jeanne Herry est sans nul doute, le film français le plus émouvant de cette fin d’année. C’est un quasi sans fautes dans son genre.

Tiens aujourd’hui j’avais envie de parler d’un petit film qui va bientôt sortir et que vous devriez tous allez voir. Alors oui, si je vous dis que le nom de ce film est Pupille, qu’il n’y a pas de superhéros, de bastons homériques et de punchline de fous à l’intérieur, vous allez me regarder en riant. Vous allez même être à la limite de dire mais qu’est-ce qui t’arrive mec. Tu deviens fluffy à l’intérieur ? La vérité pourrait être que oui. A une époque où dès que l’on parle d’adoption et tout ce qui s’y rapporte les esprits s’enflamme, le film de Jeanne Henry prend un parti inverse, celui de recentrer le débat sur l’humain et pas qu’au niveau de l’enfant ou des parents mais aussi sur tout ce qui se passe en coulisses.Pupille, c’est le parcours d’un enfant du jour de sa naissance et son abandon par sa mère ainsi que des nombreux personnages de l’ombre l’accompagnant pour lui donner une seconde chance. Et vous voulez savoir la vérité ? Ce film est désarmant de naturel, d’authenticité et même si l’on peut dire que le terme qui va suivre est galvaudé dans le petit milieu de la critique, il est bouleversant. Porté par des acteurs taillant dans le gras pour aller uniquement vers l’essentiel, le film touche en plein cœur. Elodie Bouchez, Sandrine Kiberlain et Gilles Lellouche s’oublient dans leur personnage et donnent vie à une épopée humaine dont on ne soupçonne que trop peu l’existence. Celle des agents sociaux qui en coulisse œuvrent pour faire en sorte que ces enfants retrouvent une maison, un toit et un avenir.

D’un bout à l’autre du film, la beauté du traitement de Pupille est que jamais Jeanne Henry ne tombe dans le piège du jugement. Que ce soit sur la mère passant par la case abandon, le système et ses failles, les moments de doutes de ces personnages… elle a un regard bienveillant. Une analyse lointaine offrant une vision des choses sans esbroufes pour le spectateur. Et de cette équation finit par sortir l’ADN du film. Un vrai moment de cinéma simple et efficace, mais aussi une étude sociale d’un système dont on ignore bien souvent les rouages. Et au milieu de cette aventure, le personnage de Gilles Lellouche porte le film à bout de bras dans ce qui est sans nul doute un de ses rôles les plus humains. Patriarche d’une famille d’accueil et au bout du rouleau devant la difficulté de la tâche, il retrouve un sens à sa mission et tout simplement sa vie au contact de ce gamin qui n’a presque que lui pour l’accompagner dans ce nouveau départ. Pupille ne tombe jamais dans le pathos alors qu’il avait toutes les chances de son côté dans le domaine. Il était même maudit d’avance d’une certaine manière.
Ce qui du coup finit de rendre le travail de Jeanne Herry admirable d’un bout à l’autre.

On est sous le charme du véritable monument de finesse que s’avère être Pupille. Ouvrant les yeux du grand public sur tout ce qui se passe en coulisses et la charge qui pèse mental qui pèse sur ces travailleurs de l’ombre. On en ressort aussi émus que lessivé psychologiquement. Pas que le film soit lourd, il est même au contraire malgré son fond assez lumineux. Mais ce qu’il nous fait traverser balaye nos certitudes et tire la corde sensible de nos émotions. La belle chose qui en ressort est qu’au final on se rend alors compte combien par exemple le spectateur et le personnage de Gilles Lellouche dans le film sont proches. Deux personnages types traversant la vie sans plus forcément connaître sa vraie destination, sans plus assez ressentir les choses et qui en l’espace d’une rencontre repartent sur de nouvelles bases.Est-ce que Pupille est le film le plus émouvant de cette fin d’année ? J’ai envie de dire un énorme oui. La sincérité, l’intelligence ainsi que l’humour qui s’en dégage lui donne une saveur toute particulière. À mi-chemin entre le drama et la comédie sociale parfois intense, le film de Jeanne Henry ne se perd jamais en route. Garde son cap, porte son histoire d’un bout à l’autre et donne à chacun de ses acteurs l’occasion de briller. Quand l’intelligence de la mise en scène rejoint celle de l’écriture, il serait dommage de faire la fine bouche. C’est un véritable petit trésor qui vous attend en salles le 5 Décembre prochain.

No Comments

Leave a Reply

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.